• Comment définir l'économie? Quel est son rôle, ses méthodes?

    Définition et émergence de l’analyse économique 

    Qu'est ce que L'ÉCONOMIE ?  Définition de Lionel Robbins: "Science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre les fins et les moyens rares à usages alternatifs". Avec cette définition, l'économie serait effectivement une science, et même une science humaine.

    1 - L’économie, un objet introuvable ? 

    Quelque soit l’activité humaine que l’on observe. On s’aperçoit qu’il va falloir résoudre des problèmes d’équilibres entre d’un côté les différents besoins que l’être humain va devoir satisfaire et les efforts nécessités pour satisfaire ces besoins.

    On pourrait se dire que l’analyse économique se concentre sur un domaine concret. Historiquement, les économistes ont orientés leurs recherches sur le domaine concret :

    Ø  La production ou la consommation

    Ø  Les échanges commerciaux

    Ø  Le chômage, l’inflation

    L’économie n’est l’étude que d’un domaine et il est assez difficile de résumer l’économie à une liste concrète car :

    Ø  Les phénomènes économiques pures n’existent pas (la consommation est influencée par les phénomènes sociologiques, politiques)

    Ø  C’est la méthode d’analyse et les conclusions qui diffèrent. Économie est un terme polysémique, il peut désigner :

    Ø  Une réalité économie (« l’économie française »)

    Ø  Un système économique (« l’économie capitaliste »)

    Ø  L’analyse économique dans son ensemble

    Ø  Une théorie économique (« l’économie keynésienne »)

    Ø  Un comportement (« réaliser des économies d’échelles ») (produire en grande quantité pour réduire le coût de production unitaire).

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    2 – Une définition basée sur 2 concepts 

     L’économie peut être considéré comme l’étude de la façon dont les individus ou les sociétés utilisent les ressources rares en vue de satisfaire au mieux leurs besoins. 

    L’analyse combine à la fois des éléments « macroéconomiques » et

    « microéconomiques » qui conduisent aux questions de base de tout économiste :

    Ø  Qui sont les décideurs ? (ménages, entreprises)

    Ø  Quels sont leurs objectifs ? (consommer, produire, épargner, profit)

    Ø  Quels sont les moyens disponibles ? (matériels, financiers, humain)

    Ø  Quelle est la solution optimale compte tenu des ressources ?

    Économie qui vient du grec ancien NOMOS (La loi, la norme) et OIKOS (maison, domaine). Le tout signifiant « Administration du patrimoine ».

     

    A – La notion de rareté et de choix, cœur de l’analyse économique 

    1   – Disproportion entre besoins et ressources 

    La science économique repose sur une notion fondamentale qu’est la rareté, puisque nous n’avons pas des ressources illimitées mais de besoins illimitées. Cette rareté va conditionner l’économie (science des choix) et distinguer les catégories de biens. Cette notion de rareté est fondamentale car l’activité humaine ne peut perdurer qu’à travers des choix. Cette notion est permanente.


    2   – Biens économiques ou bien libres ? 

     A - Définitions 

     On considère parce que les biens sont rares que la science économique existe.

    Cette rareté va permettre de distinguer un bien économique et un bien libre.


    Bien économique : résultat type d’un travail humain pour l’obtenir. Il nécessite un certain cout 

     d’acquisition 

    Bien libre : il s’agit d’un bien gratuit et ne nécessite aucun travail pour l’obtenir. 

    Mais la frontière entre les deux est parfois très mince (ex : l’eau, l’air).

     

    B – Classification des biens économiques 

    On peut opérer une classification des biens économiques en fonction de plusieurs éléments :

    Ø  De la nature du besoin :

    o    bien de consommation qui permet de satisfaire la demande des consommateurs.

    o    Les biens de production ou d’équipement qui permettent de produire d’autres biens.

    Ø  De leur durée d’existence :

    o    Les biens qui disparaissent dès le 1er usage : des biens non durables, consomptibles

    o    Les biens semi-durables : il faut les remplacer périodiquement mais dont l’usage se fait sur plusieurs périodes.

    o    Les biens durables : l’existence peut se prolonger sur des années (ex : bâtiments).

    Ø  De leur nature (problème de séparation entre biens et services) :

    o    Les biens sont des objets tangibles, matériels.

    o    Les services sont intangibles, immatériels.

    Lorsqu’on achète un bien matériel, on achète également les services qu’ils vont nous procurer (ex : une voiture).

    Ø  De leur reproductibilité : certains biens sont des pièces uniques ou produites en grande quantités. On va opposer les biens productibles des biens non reproductibles.

    Ø  Du degré d’exclusion du bien utilisé (bien public/privé). Un bien public est un bien collectif, peut être consommé en quantité égal par tous tandis qu’un bien privé nécessite un achat préalable et qui va exclure de sa consommation d’autres personnes. (Ex de bien public : la sécurité, lutte anti-terrorisme) (Ex de bien privé : un pain au chocolat).

    Ø  De leur degré d’interchangeabilité avec des classifications juridiques :

    o    Les biens fongibles (qui peuvent se remplacer entre eux)

    o    Les biens non fongibles (uniques) Comment déterminer un bien public ?

    Comment satisfaire le mieux ses biens (l’État, CT, sociétés privées) ? 

     

    3   – La rareté suppose des choix et induit des coûts 

    Lorsque les ressources sont abondantes, les questions économiques de base ne se pose plus mais d’autres questions se posent :

    Ø  Que produire ? Pour qui et en quelle quantité ?


    Toutefois, lorsque les ressources sont rares, les questions économiques se posent mais aussi :

    Ø  Quelle quantité produire ?

    Ø  Quelle méthode utiliser ?

    Ø  Combien cela coutera ?

     

    4   – Le concept d’utilité 

    Le concept d’utilité fut développé dans le concept de la théorie microéconomique néoclassique (voir chapitre 1). C’est la satisfaction globale qu’un individu retire de la consommation d’un panier de bien. C’est une notion subjective et cela empêche les comparaisons entre les utilités. Elles ne sont pas comparables.

    L’utilité va dépendre de la quantité de bien consommé, mais aussi de l’intensité du besoin à satisfaire. Puisque le besoin est insatiable, l’intensité va diminuer avec sa consommation (Ex : quelqu’un qui a soif, le 1er verre d’eau procura une utilité importante, le 2ème une satisfaction moins importante, jusqu’à un sentiment d’inconfort). Le but va être de mesurer le degré de satisfaction par la dernière unité de biens consommés : c’est l’utilité marginale.

    On peut utiliser l’unité cardinale (ex : préférence de 7/10) mais aussi l’unité ordinale (je préfère le sucré au salé). VILFREDO PARETO préfère utiliser le terme d’ophélimité. Selon lui, l’économie n’a pas décider ce qui est utile ou pas. On considère qu’il y a des biens utiles à une personne mais aussi à plusieurs personnes en même temps.

    On peut considérer que l’utilité collective correspond à la somme des utilités individuelles. Problème : comment ajouter ces utilités individuelles sachant qu’elles ne sont pas comparables.

    On peut imaginer cette utilité collective : celle qui relie des biens et services à un ensemble d’individus différents des êtres individuels (pays, nation). Il existerait donc des besoins spécifiques et un ensemble de bien et services. Ces 2 postulats vont définir les 2 méthodes de pensée économique : la microéconomie et la macroéconomie (Ex : Comment se forme le revenu individuel ? Microéconomie ou alors la formation de l’ensemble des revenus d’une nation).

     

    B  La rationalité 


    Cette rationalité économique n’est pas la même que celle étudié par les philosophes. En économie, on considère que l’objectif principal est de satisfaire un besoin. Être rationnel en économie, c’est trouver la meilleure combinaison pour satisfaire au mieux ses besoins alors qu’en philosophie, la notion de rationalité est basée sur la notion de « raisonnable ».

    Si on est rationnel, doit on accepter de prendre le téléphone le moins cher ou accepter de payer un peu plus cher pour avoir plus de qualité ? (Exemple).

    Herbert Simon a étudié les limites de la rationalité. C’est le principe de la rationalité limitée : les individus en général ne recherchent pas la solution optimale mais s’arrête consciemment ou non, à la 1ère solution satisfaisante qu’il découvrent. Il va opposer 2 types de rationalités :

    Ø  La rationalité substantive (basé sur une information parfaite)

    Ø  La rationalité procédurale (basé sur l’information imparfaite)

    En microéconomie, on part du principe que l’individu est parfaitement rationnel et optimal, ce qu’Herbert Simon contredit en disant que ce n’est pas toujours vrai.


    II – Objet, méthodes et courants de pensée 

    A – Objet de la connaissance économique 

    1  La théorie est, par essence abstraite 

    On considère qu’aucune théorie ne cherche à être réaliste. L’abstraction théorique permet de simplifier la réalité complexe. Les conclusions de la théorie sont ensuite confrontées aux faits.

    L’économiste s’attache à déterminer les variables qui expliquent une autre variable « toutes choses étant égales par ailleurs » (Ex : le prix du pétrole, la variation du SMIC, l’inflation, le moral des consommateurs… expliquent la consommation de voitures).

     

    2  Le statut scientifique de la science économique 

    Il y a des divergences de conception avec un courant majoritaire qui dit que les règles du travail scientifique sont les mêmes dans les sciences de l’Homme et celles de la nature tandis que le courant minoritaire explique que les sciences de la nature et les sciences sociales sont différentes car l’expérimentation n’est pas possibles dans ces dernières.

     

    3 – Les problèmes d’organisations économiques concernés 

    Les choix économiques sont nécessaires pour faire face à la rareté. Plusieurs questions se posent :

    Ø  Que produire et en quelle quantité ?

    Ø  Comment produire ?

    Ø  Quels critères pour l’attribution des biens produits ?

    Ø  Les ressources économiques sont elles intégralement utilisées ?

     

    B – Les méthodes utilisées par les économistes 

    1  La méthode déductive et inductive 

    La méthode déductive, utilisée par les néoclassiques et qui proposent des hypothèses simplificatrices de départ et à partir de celles-ci, on construit un modèle qui rend compte du réel. C’est une démarche abstraite (le réel sert d’illustration).

    La méthode inductive, utilisée par l’école historique allemande, consiste en une observation des faits, la formulation de lois par généralisation et plusieurs façons de la mettre en œuvre. Toutefois, il y a remise en cause de la non prise en compte des spécificités nationales dans la démarche déductive.

     

    2 – La méthode quantitative et qualitative 

    La méthode quantitative utilise les mathématiques telles que l’économétrie, les techniques comptables et la recherche opérationnelle.

    La méthode qualitative utilise l’analyse sous l’angle des sciences sociales et des structures de l’économie.


    3 – Méthode statique et analyse dynamique 

    La méthode statique consiste en une situation de point de départ et de point d’arrivée, sauf que peu importe le moyen auquel on arrive au bout.

    La méthode dynamique va analyser chaque étape et différents moyens du départ à l’arrivée.

     

    4 – Microéconomie et macroéconomie 

    a) En microéconomie, le fonctionnement global de l’économie est étudié à partir de l’analyse du comportement individuel des agents économiques. Elle analyse l’interaction entre les agents et se réfère à l’individualisme méthodologique (le comportement global de l’économie résulte de l’agrégation des comportements individuels).

    La microéconomie explique les phénomènes économiques à partir de l’analyse des unités de bases : le consommateur et le producteur.

    Modèle économique dont les caractéristiques ont un rapport lointain avec les caractéristiques réelles des agents.

    Transposer à un niveau global les résultats obtenus à partir de phénomènes individuels (méthode des marginalistes dits « néo-classiques »)

    Quel est le cadre d’analyse microéconomique ? 

    Le cadre de référence est le marché. Il est gouverné par un système de prix.

    On considère qu’il y a transitivité des choix (Ex : Si A>B et B>C, alors A>C) Quels choix méthodologiques ?

    La place des mathématiques : rôle irremplaçable dans l’analyse microéconomique.

    Théorie descriptive ou normative ? Problème de réalisme des hypothèses VS. Modèle ultime idéal

    Liens entre micro et macro ? 

    Microéconomie : comportements individuels et leurs interactions (individualisme méthodologique)

    Macroéconomie : approche globale (holisme méthodologique).

    Mais comment rendre compte du fait que l’individu vit aussi en société sans risquer de schématiser à l’extrême ?

    Quels sont les concepts de base de la microéconomie ? 

    Ø  L’individualisme méthodologique

    o    Les agents économiques sont rationnels : « Homo oeconomicus »

    o    Analyse des comportements faite hors référence globale, la société est le résultat de toutes ces actions individuelles.

    o    Actions qui portent sur des biens économiques et échangés sur un marché.

    Ø  Le concept de la main invisible : le marché est sous certaines hypothèses le meilleur mode d’allocation des ressources rares pour la satisfaction des besoins individuels.

    Ø  Les modèles de base :

    o    la concurrence pure et parfaite (CPP) avec un modèle irréaliste et hypothèses restrictives


    o    La concurrence imparfaites donnant des modèles sous optimum comparés à la CPP ; modèles qui conduisent à des équilibres partiels

    b) En macroéconomie,  le fonctionnement global de l’économie est étudié à partir de l’analyse d’un point de vue global, à travers des relations qui peuvent exister entre ses agrégats. L’utilisation de données statistiques qui concernent généralement des ensembles d’individus et non des individus particuliers. Elle se réfère au holisme méthodologique (le tout est différent de la somme des parties).

     

    5  Le clivage des écoles de pensée 

    Le courant classique prône que le marché est au cœur de l’analyse et les prix sont la référence absolue. Par conséquent, l’État doit rester à sa place.

    Le courant néoclassique (fin 19ème à nos jours), les monétaristes et les nouveaux classiques.

    Le courant keynésien considère que le mécanisme des prix et du marché sont insuffisants pour assurer l’équilibre du système. L’État doit intervenir, le courant keynésien est donc « interventionniste ».

    Karl Marx et son courant marxiste critique radicalement l’économie politique classique. L’État est omniprésent, on parle de système « socialiste » au sens marxiste du terme (et non politique).

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