• Cours d'économie (université)

    ÉCONOMIE

    Nous allons traiter la place de l’etat dans l’économie, la politique de l’emploi, la correction des inégalités, la politique de la concurrence…

    Exemple 1 : sur la production de l’économie. (Schéma)

    Baisse du PIB = baisse de productions.

    Logique Keynésienne : la baisse de la production est due à la baisse de la demande agrégée.

    Exemple 2 : sur le marché du travail (schéma)

    Logique classique : la baisse de l’offre agrégée est expliquée par les rigidités imposées par l’état.

    Exemple 3 : sur le marché de l’immobilier (Schéma)

    Exemple 4 : sur le marché des changes (Schéma)

     

    Introduction historique

    Chapitre 1 : Place et rôle de l’Etat

    Chapitre 2 : Emploi et inégalités

    Chapitre 3 : L’analyse des marchés.

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    Introduction 

    I)             Qu’est-ce que l’économie ?

    a)  Une définition classique

    Originellement et étymologiquement : les regles de l’administration de la maison.

    De façon plus moderne : les moyens  d’assurer la production des bens mais également la façon dont cette production est répartie entre les différentes classes sociales. Le revenu se répartie entre le travail et le capital.

    La manière dont se forment, se distribuent et se consomment les richesses, Jean-Baptiste SAY

    Les richesses c’est aujourd’hui la production (activité productive dans l’économie)

    La distribution des richesses c’est la répartition du surplus de la production entre employeurs et employés.

     

    b)  Une définition plus ambitieuse

    L’économie c’est l’étude du comportement humain et des choix efficaces.

    C’est une manière de réfléchir sur la société.

     

    L’économie c’est la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre les fins et les moyens rares à usage alternatifs. Lionel ROBBINS.

    Les individus doivent être rationnels, doivent pouvoir faire des choix logiques. Donc, choisir la fin la plus alternative pour soi.

     

    Faire de l’économie, c’est donc se donner une représentation du monde basée sur un certain nombre d’hypothèses de façon à comprendre, étudier, et prévoir les activités humaines, généralement celles liées à la production ou à la consommation de biens ou de services.

    Rationnel : on obéit à une logique de l’action individuelle, qui est une logique lié à notre intelligence.

     

    c)  Les divergences d’analyse en économie

    Les représentations du monde peuvent différer d’un économiste à l’autre.

    Quelles sont les sources de divergences possibles ?

    On peut partir d’hypothèses différentes :

    -          Sur le comportement humain (exemple : l’hypothese de rationalité est-elle la bonne ?)

    Eugène Famat : la rationalité du fonctionnement économique.

    Chileur ?

     

    -          Sur la neutralité des institutions (exemple : l’Etat ou les juges sont-ils au service de la collectivité ou d’une classe sociale particulière ?)

    Les divergences peuvent également venir de l’interprétation des faits économiques :

    La lecture des statistiques sur l’évolution de la pauvreté ou de l’inégalité dépend de certaines classifications arbitraires (seuil de pauvreté, définition d’un ménage riche…)

    Les sources de divergences peuvent (apparaitre) enfin avoir pour source des conceptions différentes de la justice : Faut-il égaliser les revenus ou les possibilités de revenu ?

    Les théories et les résultats en économie ont donc un certain degré de relativisme (un énoncé peut être vrai dans certaines conditions ou à une  certaine époque)

    Néanmoins, la façon de construire la théorie fait l’objet d’un certain consensus.

    La science économique est aujourd’hui néoclassique.

     

    II)           Histoire de la pensée économique

    Les premières réflexions sur l’économie sont assez anciennes. Elles datent de l’antiquité.

    1776 : Adam SMITH (grand ouvrage)

    La vraie naissance de l’économie s’opère à la fin du XVIIIème siècle.

    a)  Les précurseurs : mercantilistes et physiocrates

    Le développement des Etats forts au XVIIème siècle : quels sont les facteurs qui favorisent la puissance du souverain ?

    -          Les mercantilistes :

    Cette école de pensé n’est pas unifiée. Plus un souverain est riche, plus il y a du pouvoir.

    Antoine de Montchrétien (1575-1621) et l’Anglai William Petty (1623-1687) en sont les principaux representants.

    Pour les mercantilistes, l’Etat accroît sa force en favorisant l’enrichissement de ses citoyens.

    L’activité à développer en priorité est le COMMERCE, l’industrie n’étant que la conséquence du développement de celui-ci.

    Les mercantilistes sont favorables à l’activité des marchands mais ne sont pas loin s’en faut des partisans du libéralisme économique.

    L’Etat doit :

    -          Restreindre les importations et inciter les exportations de produits manufacturés.

    -          Restreindre les exportations de produits agricoles pour réserver les matières premières aux entreprises nationales.

    -          Encourager les commerçants et les armateurs nationaux.

    -          L’etat doit inciter au développent des industries à forte valeur ajoutée.

    Les mercantilistes ébauchent les premières tentatives de liens entre monnaie, commerce, production, niveau de l’emploi, taux d’intérêt.

    En ce sens, ils sont les précurseurs de la macroéconomie (moderne).

    Le commerce international est une guerre entre les nations et un jeu à somme nulle.

    IE : ce que gagnent les uns est perdu par les autres

    Cete idée s’est perpétuée jusqu’à maintenant.

    Pour les mercantilistes, la richesse d’une nation est une fonction du stock d’or que celle-ci détient.

    Cette vision va être progressivement contestée au cours du XVIIIème siècle.

    C’est en particulier l’école physiocrate, menée par les travaux de François Quesnay, qui marque la fin de la pensée mercantiliste.

     

    Les physiocrates :

    Quesnay place l’agriculture à la source de la richesse du pays.

    Les agriculteurs sont appels la classe productive.

    Les artisans, marchands et manufacturiers sont la classe stérile.

    Quesnay préconise le libéralisme économique.

    En particulier la fin des restrictions au commerce de façon à permettre aux agriculteurs d’écouler leur production.

    La contribution de Quesnay réside également dans une façon assez novatrice de présenter le fonctionnement de l’économie nationale, sous la forme d’un circuit de production.

    Il est représenté comme un jeu d’interaction entre 3 classes :

    -          Les propriétaires

    -          Les agriculteurs

    -          La classe stérile

     

    Les propriétaires dépensent leur argent entre agriculteurs et artisans, ces deux dernières classes s’achetant mutuellement des produits.

    Quesnay développe l’idée d’un lien entre les différents cycles économiques.

    En particulier les investissements d’une période venant d’une épargne et donc d’une production passée permettent de financier la production présente.

    Investissement : le but d’accroitre la production de demain.

    Le tableau économique de Quesnay : synthétise l’activité d’un pays, est l’ancêtre de la comptabilité nationale moderne.

    Il s’agit d’une façon de représenter sous une forme simplifiée l’ensemble des interactions à la fois entre les agents économiques et entre les périodes.

    b)  Les classiques : Smith, Say, Ricardo, Malthus et Marx

    Le développement des industries, les premières mutations démographiques et l’expansion des centres urbains modifient en profondeur la vie économique en Europe (et en Angleterre en chef).

    Des auteurs très différents, liés par une volonté d’expliquer de façon rigoureuse les faits économiques et par l’utilisation d’une méthode abstraite et déductive (hypothèses → conclusions)

     

    Ici : ce que dit Marx

    -          Adam SMITH (1723-1790)

    Un livre majeur Recherche sur la nature et le causes de la richesse des nations publié en 1776.

    Smith est un économiste libéral, confiant dans la capacité du marché d’assurer le développement économique.

    Il insiste sur le rôle de la division du travail omme source de la croissance.

    Si chacun se spécialise sur une tâche, on sera plus compétent.

    La dvision du travail permet de réaliser des gains de productivité en générant des effets d’apprentissage.

    Exemple : célèbre de la manufacture d’épingle :

    Smith constate que la division du travail permet de produire au total un nombre bien supérieur.

     

    -          La main invisible du marché :

    Le cœur de la pensée d’Adam SMITH : c’est l’idée que l’économie de marché est régie Par une main invisible telle que, alors que chacun chercher son interet personnel, le résultat contribue finalement à l’intérêt général.

    Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière et du boulanger, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent  leurs intérêts. Nous ne nous  adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme.

    S’il y a un bien ou un service que les individus peuvent désirer mais qui n’est pas disponible actuellement, ces individus vont être prêts à payer pour ce bien ou ce service.

    Si  ce que les agents sont prêts à payer excède le coût de production, il y a posiblité de profit : la recherche du profit de la part des entrepreneurs est la façon la plus efficace d’obtenir une production efficace et qui répond aux attentes du consommateur.

     

    -          Quel rôle pour l’Etat ?

     

    Dans ce schéma où intérêt individuel et collectif se confondent, l’Etat n’a pas de rôle important à jouer.

    Son seul rôle consiste à assurer le respect de la propriété privée, la défense nationale.

    L’Etat doit également fournir quelques bien spéciaux, dits bien collectifs (ponts, routes…) qui ne peuvent pas être produits par le marché et doivent être financées par l’impôt.

     

    -          Quelle est la source de la valeur ?

     

    Il distingue deux cas :

    -          Soit le ben est reproductible (ce qui constitue le cas le plus fréquent) et la valeur du bien dépend de la quantité de travail necessaire à sa production.

    -          Soit le bien n’est pas reproductible et la valeur vient de sa rareté (diamant et toutes ressources rares par exemple)

    Le passage de la valeur au prix est un problème assez délicat pour les classiques.

    Pour SMITH, le prix incorpore en plus du coût en travail la rémunération du capitalise et celle de propriétaire foncier.

     

    -          Jean Baptiste Say (1767-1832)

    Jean Baptiste SAY est resté célèbre dans l’histoire pour avoir énoncé la loi des débouchés :

    Elle est souvent résumée par la formule suivante : l’offre crée sa propre demande. La totalité des revenus qui sont versé ; cette totalité est égale au niveau de production.

    Un siècle plus tard, J.M Keynes s’opposera fortement à cette idée développée par SAY

    L’origine de la production réside dans l’offre et qu’à partir du moment où un bien est offert, il trouvera preneur.

    Pour SAY, il ne peut pas exister de crise de surproduction.

     

    Pour établir son résultat, Jean Baptiste SAY se livre à une analyse du rôle de la monnaie.

    Dans son esprit, la monnaie n’a pas d’autre fonction que d’être un intermédiaire des échanges ; elle n’est donc jamais demandées pour elles-mêmes mais pour les biens qu’elle permet de se procurer.

    De cette façon, si un bien est produit dans une entreprise A, les producteurs ont payé les ouvriers et ceux-ci, avec l’argent qu’ils ont gagné, achètent les bien de l’entreprise B et réciproquement.

    Toute la monnaie disponible dans l’économie est dépensée.

    C’est la théorie de la monnaie voile.

     

    De façon plus globale, SAY est à la fois optimiste sur la capacité du système à s’autoréguler et sceptique sur l’efficacité de l’intervention publique.

    Il écrit ainsi : « si le guvernement est éclairé, il se mêlera aussi peu que possible des affaires des particuliers pour e pas ajouter aux maux de la nature ceux qui viennent de l’administration. »

     

    -          David Ricardo et Thomas Malthus

     

    -          David Ricardo 

     

    Il constitue une pensée originale et fonde des théories appelées à une longue postérité.

    C’est un économiste libéral, comme Adam Smith

    Il est cependant plus sceptique sur l’évolution globale du système capitaliste.

    Comme Adam SMITH, il base sa théorie de la valeur sur le travail.

    Il est proche des conceptions de SAY quant au rôle de la monnaie, ou plus exactement à son absence de rôle significatif dans l’économie.

    (Son livre le plus connu ; Principes de l’économie politique et de l’impôt, paraît en 1817.)

     

    -          Les trois classes de la société et le partage de la valeur ajoutée.

     

    L’économie est composée de trois catégories d’agents se partageant la valeur ajoutée.

    1)    Les salariés qui, en échange de leur travail, reçoivent un salaire fixé au salaire de subsistance (= salaire minimum pour vivre)

    2)    Les propriétaires fonciers dont la rémunération est la rente.

    3)    Le capitalistes qui reçoivent le profit, càd ce qu’il reste de la valeur ajoutées une fois déduits les salaires et la rente.

    La rente est fixée en fonction de l’écart entre la productivité de leur terre et celle des terres de plus basse qualité cultivées.

    -          La convergence vers l’Etat stationnaire

    L’évolution de la population induit une augmentation de la production et donc une mise en culture des terres les moins productives.

    Par la définition même de la rente, cela induit une augmentation de la rémunération de propriétaires et une baisse du produit.

    Parallèlement, le blé état plus difficile à produire, son prix va augmenter, ce qui conduit à augmenter les salaires, ce qui grève un peu plus le profit des capitalistes.

    Il arrivera un moment où la baisse du profit et telle que le capitaliste n’a plus d’interet à investir et la croissance s’arrête : c’est l’état STATIONNAIRE.

    Ricardo propose des solutions pour retarder l’avènement de cet état.

    En particulier le progrès technique et le libre échange (qui permet d’importer le blé de l’étranger à un prix plus faible)

     

    -          La théorie des avantages comparatifs

     

    L’autre grande contribution de Ricardo consiste dans son analyse du commerce international.

    Pour l’instant, il faut retenir que Ricardo a énoncé la Théorie des Avantages Comparatifs selon laquelle tous les pays ont un intérêt au libre-échange.

    Chacun devant se spécialiser dans le domaine d’activité pour lequel il est relativement le meilleur.

    Cette théorie étend un raisonnement fait par Adam SMITH, appelé Théorie des Avantages Absolus.

    (Pour une analyse plus détaillée ; voir le cours de semestre 1)

     

     

    -          Thomas Malthus

    Essai sur le principe de population et comment il interesse l’amélioration future de la société en 1798

    Il a laissé une trace importante dans l’histoire de la pensée économique et plus généralement dans l’histoire des idées.

    Il affirme que les subsistances ont tendance à croître moins vit que la population et qu’en conséquence les lois sur l’assistance aux pauvres sont condamnés à l’échec.

    Malthus fonde son analyse sur l’idée des rendements décroissants de la terre, chaque nouvelle terre cultivée à un rendement plus faible que les précédentes.

    D’après lui, la loi d’accroissement des biens de subsistances est régie par une progression arithmétique.

    Alors que la loi d’accroissement théorique de la population est de type géométrique. (Va atteindre un niveau plus important qu’une croissance arithmétique)

     

    -          Le malthusianisme

     

    Par conséquent, la restriction des naissances est une condition necessaire pour assurer aux populations un niveau de vie acceptable.

    Pour Malthus, secourir les pauvres ne fait que multiplier la pauvreté ;

    L’Etat doit donc éviter d’intervenir dans ce mécanisme naturel.

    « Un homme qui est né dans un monde déjà possédé, s’il ne peut obtenir de ses parents la subsistance qu’il peut justement leur demander, et si la société n’a pas besoin de son travail, n’a aucun droit de réclamer la plus petite portion de nourriture et, en fait, il est de trop au banquet de la nature ; il n’ a pas de couvert vacant pour lui. »

     

    Dans cette conception transparait la croyance assez généralement partagée par les classiques dans l’existence de lois naturelles que l’intervention publique ne peut contrecarrer sans déclencher des misères en plus grandes.

     

    -          La possibilité des crises de surproduction

    Malthus a une veritable originalité par rapport à SMITH, SAY et RICARDO, et c’est sa seconde contribution, qui consiste dans son opposition à la loi de SAY.

    Il développe l’idée que des crises de surproduction sont possibles.

    Il expose les dangers d’une épargne excessive et l’importance de consacrer une part suffisante des ressources à la consommation.

    A ce titre, c’est un précurseur des idées keynésiennes, insistant sur l’importance de la demande dans la relance de l’économie.

    Cette théorie des crises basées sur les insuffisances de consommation n’aura qu’une faible popularité parmi les économistes classiques.

     

     

    -           Karl Marx : le dernier des classiques (1818-1883)

     

    A la fois philosophe, sociologue, historien et économiste, il développe une vision globale des rapports entre les groupes sociaux.

    Le capital paru en 1867

    Comme les classiques, il s’interesse à l’origine de la valeur, au problème de la répartition et à l’évolution du système capitaliste.

    Mais contrairement à eux, les lois de fonctionnement du système économique ne sont pas naturelles mais datées. (Elles s’inscrivent dans un cadre historique, et si le cadre évolue, les règles du système évoluent)

    Elles (les lois) sont susceptibles de se modifier comme ont été modifiées les lois qi régissaient le mode de production de la société antique (fondée sur l’esclavage) ou celui de la société médiévale (fondé sur le servage)

     

    -           Plus-value et fixation du salaire

     

    Le mode de production capitaliste est fondé sur le salariat (ie (càd) dissociation entre les détenteurs du capital et ceux qui n’ont que leur fore de travail)

    Pour Marx, la source de toute valeur réside dans le travail.

    Les salariés vendent leur force de travil au prix qui correspond à la reproduction de la force de travail.

    -          La différence entre la valeur créée et la valeur payée est appelée la plus-value.

    -          Le rapport entre cette plus-value et le salaire et une mesure de l’exploitation.

     

    -          Le taux de profit

     

    Il est défini comme le rapport entre la plus-value et la somme des salaires et du capital fixe investi dans la production.

    Comme chez Ricardo ce profit à tendance à baisser : c’est la Théorie de la baisse tendancielle du taux de profit. C’est ce que Marx apelle : la myopie du capitalisme.

     

    Une autre façon de faire augmenter le taux de profit est de faire baisser les salaires ; ceux-ci seront donc toujours fixés au minimum vital.

    Pour faire pression sur les travailleurs, les capitalistes s’assurent du développement suffisant du chômage, ce qui crée une armée industrielle de réserve. (Le salarié qui n’est pas content, on le met à la porte)

    Ce mécanisme conduit le système à sa perte car les salaires trop faibles font baisser la demande et donc le prix et les profits.

     

    Marx clos une époque de la pensée économique.

    Alors que les classiques s’intéressaient aux grands circuits de production, aux grands Aragats, les néoclassiques vont essayer de fonder la science économique sur l’analyse des comportements individuels.

    C’est ce qu’on appele la REVOLUTION MARGINALISTE.

     

    c)  Les néoclassiques

     

    Le courant néoclassique émerge à la fin du XIX ème siècle.

    La première rupture avec les classiques concerne le débat sur la théorie de la valeur.

    Alors que les classiques privilégiaient une approche objective basée sur la quantité de travail necessaire à la fabrication des biens, les néoclassiques proposent une théorie subjective de la valeur.

    Cette théorie va être fondée sur la satisfaction retirée de la dernière unité consommée – l’utilité marginale.

    Pour les néoclassiques, la valeur n’est donc pas inhérente aux biens ; elle dépend du jugement que les agents économiques portent sur ces biens.

     

     La seconde rupture : la manière de faire de l’économie.

     

    Contrairement aux classiques qui définissaient l’économie par son objet (répartition, production), les néoclassiques la définissent par un mode de raisonnement :

    L’économie c’est l’étude des moyens rares qu’un homme rationnel utilise pour satisfaire des fins.

     

    (3ième rupture) Alors que les classiques privilégiaient une vision dynamique de l’économie, les néoclassiques s’intéressent à l’équilibre des systèmes économiques.

    Globalement, ces trois ruptures viennent  de la volonté de placer les comportements individuels comme fondement de l’étude de l’économie : c’est la notion d’individualisme méthodologique.

    Les grands traits communs des néoclassiques : analyse des marchés, importance des prix, volonté de modéliser les comportements individuels.

    Comme pour les classiques, se superpose une croyance dans le libéralisme économique et une défiance vis-à-vis des théories n’impliquant pas d’égalité entre offre et demande.

    Les néoclassiques créèrent des méthodes et des outils de réflexion tres moderne qui sont encore utlisés maintenant, même si les problèmes abordées ou même l’idéologie sous-jacente ont été largement modifiés depuis.

     

    Parmi les créateurs de cette théorie, on distingue généralement 3 écoles :

    -          Celles de Lausanne (avec L. Walras et V. Pareto)

    -          Celle de Vienne (Menger)

    -          L’école anglaise (Jevons, Edgeworth, Marshall, Pigou)

     

     

    -          Stanley Jevons

     

    Stanley Jevons est un des fondateurs de l’école néoclassique.

    Son ouvrage principal Théorie d’Economie Politique publié en 1871

     

    -          Les contributions de Stanley Jevons

     

    Il a posé les bases du calcul marginaliste qui sert encore de méthode pour de nombreux travaux en économie.

    Jevons défend l’idée que la valeur dépend de l’utilité et non pas du travail.

    Sa méthode d’investigation est basée sur les comportements individuels.

    Il insiste beaucoup sur la notion de l’utilité marginale dans la compréhension des mécanismes d’échange.

     

    -          Utilité marginale et échange.

     

    L’utilité marginale d’un bien est la satisfaction procurée par la dernière unité consommée.

    Les néoclassiques, se basant sur les travaux de psychologues, ont rapidement supposé que l’utilité marginale est décroissante.

    Cela signifie que la seconde unité consommée me procure moins de satisfaction que la première, la troisième moins que la seconde…

    Cette notion d’utilité marginale permet de savoir quand l’échange est possible entre deux agents économiques.

     

     

    -          Echange et utilité marginale : un exemple

     

    Jean a du pain (4 pains) et Marie a du chocolat (4 tablettes)

    Il est raisonnable de penser que Jean et Marie peuvent vouloir s’échanger des biens mais quelles quantités ?

    On va supposer que Jean et Marie ont les mêmes préférences et que l’on peut mesurer en euros la satisfaction qu’ils retirent de la consommation de deux biens.

    Ainsi, pour le premier pain consommé, leur satisfaction est de 10, puis de 7 pour le second, 5 pour le troisième et de 1 pour le quatrième.

    Pour les tablettes de chocolat, les utilités marginales sont de 7, puis 5, puis 3, et enfin 1 pour la quatrième.

    Si Jean échange un pain (qui lui rapporte 1 de satisfaction), pour sa première tablette (7 de satisfaction) il a un gain de 6.

    Du coté de Marie, elle sacrifie une tablette (elle perd 1 de satisfaction) mais obtient son premier pain (10 de satisfaction) et donc elle gagne 9 (sa satisfaction est de 9)

    On voit ici que les deux parties ont intérêt à l’échange.

     

    A-t-on intérêt à échanger plus ?

    Jean veut-il une autre tablette ?

    En renonçant à sa troisième unité de pain, il perd 3 mais gagne 5 en obtenant sa deuxième tablette ; il est donc gagnant.

    Quant à Marie, elle renonce à sa troisième tablette (et donc à 3 d’utilité) mais comme son deuxième pain lui rapporte 7, elle y gagne.

    Ainsi chaque agent accepte un échange si ce qu’il abandonne lui procure une utilité plus faible que ce qu’il acquiert.

    Dans notre exemple, on peut remarquer que ni Marie, ni Jean n’ont intérêt à continuer à échanger.

     

    L’équilibre : quand il n’est pas possible de trouver deux agents qui sont prêt à faire un échange.

    Un des grands résultats de Jevons :

    A l’équilibre, le rapport des utilités marginales entre les biens doit être le même pour tous les agents.

    C’est une première façon néoclassique de déterminer quel est l’équilibre sur un marché.

     

    -          Léon Walras (1834 – 1910)

     

    Eléments d’économie pure parait en 1874

    Il  étudie les propriétés d’un système économique simplifié.

    Walras s’interesse aux caractéristiques d’une économie régie par la concurrence dite pure et parfaite : c’est une économie dans laquelle le grand nombre à la fois d’acheteurs et de vendeur sur chaque marché fait qu’aucun agent pris de façon isolé n’a d’influence significative sur le prix.

     

    En définissant clairement comment se forme un prix, comment le prix d’équilibre est celui ui égalise l’offre et la demande, Walras montre que le système économique est suceptible de stabilité.

    Autrement dit, l’équilibre (offre=demande) peut être simultanément assuré sur tous les marchés.

    Le travail de Walras consiste en une modélisation mathématique précise des comportements individuels et dans l’étude des conséquences de ces comportements sur le système économique dans son ensemble.

    C’est ce que l’on va appeler plus tard la Théorie de l’Equilibre General.

    Alors que son objet d’étude est le fonctionnement des marchés dans un état qu’il qualifie lui-même d’idéal et non de réel. Walras est un socialiste.

     

    -          Vilfredo PARETO (1848-1923)

     

      L’optimum de Pareto : Comment faire pour choisir entre plusieurs allocations des ressources ?

    Pareto va introduire la notion d’optimum permet de classer les allocations.

    On dit qu’une allocation est un optimum au sens de Pareto s’il n’est pas possible d’’améliorer l’utilité d’un agent sans dégrader l’utilité d’au moins celle d’un autre.

    C’est une façon de dire que les ressources ne sont pas gaspillées.

    Ce concept évacue toute considération d’équité pour se focaliser sur la notion d’efficacité.

     

    Le premier théorème de l’économie du bien-être

     

    Il s’agit de l’un des grands résultats de la théorie économique.

    Sous certaines hypothèses dont celle de concurrence pure et parfaite, l’équilibre général de l’économie est un optimum de Pareto.

    En d’autres termes, l’économie de marchés de concurrence pure et parfaite conduit à une distribution des ressources efficaces.

     

    -          Alfred MARSHALL (1842-1924)

     

    L’équilibre partiel

     

    Il a développé le modèle de l’équilibre partiel qui confronte l’offre et la demande sur un marché donné.

    L’offre est une fonction croissante du prix, la demande une fonction décroissante du prix.

    Cest l’intersection entre la courbe d’offre et celle de demande qui permet de déterminer le prix et les quantités d’équilibre sur un marché donné.

    C’est un raisonnement très puissant qui est encore utilisé quotidiennement par tous les économistes.

     

    d)   La révolution keynésienne 

    -          John Maynard Keynes (1883-1946) : l’économiste le plus influent du XX ième siècle.

    Son ouvrage principal est la Théorie Générale de l’Emploi, de l’interet et de la Monnaie (1936)

    Les positons que va défendre Keynes :

    1)    L’importance de la demande et des crises de sous-consommation.

    2)    Le rôle positif de l’Etat dans la régulation de l’activité conjoncturelle.

    Ces positions trouvent leur source dans les insuffisances de la théorie néoclassique à répondre aux problèmes posés par la crise de 1929.

                Court terme, anticipations et incertitude.

    Alors que les néoclassiques privilégiaient généralement une analyse de long terme, Keynes s’interesse au court terme.

    Keynes : « à long terme, nous serons tous morts »

    Il doute qu’il soit possible de faire une analyse précise des comportements tant le niveau d’incertitude auquel les agents font face est important.

    Les comportements des agents dépendent de leurs anticipation et que celles-ci sont difficilement prédictibles.

    Keynes privilégie une analyse macroéconomique, à partir des grands agrégats que sont la consommation, la production, la monnaie.

    Il renoue avec l’analyse du circuit qui part de la dépense consacrée soit à l’investissement, soit à la consommation et aboutit à la formation du revenu global.

     

                Quelles conséquences de cette nouvelle conception sur la science économique ?

     

    Chez les classiques, les déséquilibres sur les marchés se résorbent très rapidement par un ajustement des prix.

    Pour Keynes, les prix sont rigides et l’ajustement se fait par les quantités.

    Exemple : Dans la théorie néoclassique, si les entreprises offrent moins de travail, les salaires doivent baisser.

    Dans la théorie Keynésienne, c’est le nombre de personnes employées qui baise, les salaires restant à leurs niveaux initiaux.

     

                L’importance du chômage involontaire

     

    La contribution la plus marquante de Keynes concerne son analyse du marché du travail.

    Le chômage apparaît essentiellement involontaire au sens ou au salaire en vigueur, il existe des agents qui sont prêts à travailler mais qui n trouvent pas d’emploi.

    La théorie néoclassique ne présentait le chômage que come soit temporaire soit volontaire.

    La théorie Keynésienne permet de proposer une alternative crédible au dogme néoclassique.

    L’Etat peut procéder à une politique de relance (baisse des impôts, augmentation des dépenses publiques…)

    Les gouvernements peuvent changer les anticipations des entrepreneurs et entrainer l’ensemble de l’économie vers du plus de croissance.

               

                Le renouveau de la pensée libérale.

     

    Dès la fin des années 60, des courants de pensée libéraux sont revenus en force et ont remis en cause les apports de la théorie keynésienne.

    Exemple 1 : Le MONETARISME de Milton FRIEDMAN.

    Ce courant nie l’impact réel des politiques budgétaires et doute de l’impact à long terme de la politique monétaire.

    Les individus peuvent anticiper les conséquences de la politique économique et du coup en faire perdre toute efficacité.

    Exemple 2 : Les LIBERTARIENS

    Ces descendants de l’école de Vienne comme HAYEK continuent de combattre l’intervention publique.

    Ils défendent le libéralisme au moins autant pour son efficacité que pour la liberté qu’il permet de garantir.

    Ils basent leur réflexion sur la philosophie politique libertarienne que nous étudierons dans le prochain chapitre.

     

                La microéconomie de l’information.

    La microéconomie est bouleversée par l’introduction des problèmes informationnels.

    ARROW et AKERLOF : les asymétries de l’information qui sont une source d’inefficacité du marché.

    Un vendeur peut ne pas révéler toute l’information qu’il possède à l’acheteur potentiel.

    Cela conduit tous les acheteurs potentiels à se retirer du marché. Il s’agit d’un problème d’anti-sélection.

    Anti-sélection : il y a asymétrie d’information avant que l’échange ait eu lieu.

    Situation d’aléa moral : quand il  a une asymétrie d’information apres que la transaction ait eu lieu.

    (Exemple : assurance maladie, mais plus grave encore ; assurance maladie)

     

    CHAPITRE 1 : LA PLACE ET LE ROLE DE L’ETAT.

    I)            L’etat : structure, fonctions et activités.

    Une analyse économique de l’intervention publique sur l’activité économique.

    Jusqu’à l’entre-deux guerres : les prérogatives de l’Etat devaient se limiter aux fonctions régaliennes de défense, police, justice et du droit de battre monnaie.

    La pensée classique : la référence est le marché qui permet de concilier interet individuel et interet collectif.

    La seule intervention de l’Etat justifiable à leurs yeux : instaurer un environnement institutionnel et légal protégeant l’économie marchande et censé favoriser les forces du marché.

    La théorie keynésienne constitue une veritable rupture par rapport à la vision libérale.

    L’Etat doit jouer un rôle central dans le soutien de l’activité macroéconomique.

     

    -          Trois dates

     

    -          3 juillet 1914 : création de l’impôt sur le Revenu en France par Joseph Caillaux.

    -          Octobre 1945 : Fondation de la sécurité sociale.

    -          10 avril 1954 : Instauration de la TVA en France par Maurice Lauré

     

     

    a)   Les administrations publiques en France.

     

    Administrations publiques : l’Etat, les organismes de sécurité sociale et les administrations publiques locales.

    Le taux de prélèvements obligatoires : la somme de l’ensemble des prélèvements publics (taxes, impôts sur le revenu, cotisations de sécurité sociale) rapporté au produit intérieur brut.

    En France; ce taux était de 35% en 1973. Il est environ de 46,1% aujourd’hui.

    Aux Etats-Unis, il est inférieur à 30%. Il atteint plus de 50% en Suède.

    (Figure : Evolution des dépenses publiques en pourcentage du PIB depuis 1870 (voir schéma)

     

    Le taux de prélèvement obligatoire moyen des pays de la zone euro : environ 43%

    Les écarts entre pays anglo-saxons et pays européennes ont à nuancer.

    Les systèmes de retraites sont inclus dans le taux de prélèvement obligatoire en Europe alors qu’ils ne le sont pas aux Etats-Unis.

    Au final, les prélèvements en Europe et aux Etats-Unis ne sont pas si éloignés.

     

    -          Les prélèvements

     

    Il existe deux grands groupes de prélèvements

    1.    Les impôts

    -          Directs comme l’IRPP, IS ou la CSG 

    -          Indirects comme la TVA ou la TIPP

    -          Ils sont votés par le parlement, et régis par le principe d’universalité budgétaire. 

    2.    Les cotisations sociales

    -          Elles sont affectées au système de protection sociale (assurance santé, chômage, vieillesse)

     

    En France, les Administrations de Sécurité Sociale prélèvent 22% du PIB (CSG et cotisations sociales)

    Parmi les impôts, les impôts directs sont beaucoup plus faibles que les impôts indirects.

    Les impôts prélevés par le niveau central (les recettes de l’Etat) représentent 18% du PIB.

    L’IRPP représente uniquement 2,5% du PIB, 3% pour l’IS, 8% pour la TVA.

     

    -          Les transferts

     

    Deux visions de l’Etat providence : l’une reposant sur l’assurance sociale et l’autre sur l’assistance.

    Assistance : le système BEVERIDGIEN.

    L’Etat doit s’attaquer à la pauvreté causée par les accidents de la vie. Il s’agit d’un système non contributif.

    Les prestations reçues par un individu ne sont pas proportionnelles à ses contributions. Il s’agit d’un filet de sécurité.

    Assurance : Le système BISMARKIEN

    L’intervention publique est justifiée par l’imprévoyance des individus.

    Les prestations sont proportionnelles aux cotisations (retraites, chômage).

    Ce système est en moyenne plus généreux.

     

    La France a un système de protection sociale dit Bismarkien.

    La gestion des organismes de sécurité sociale est paritaire, elle est de la responsabilité des syndicats salariés et patronaux.

    En théorie, l’Etat n’intervient pas.

    Dans la réalité, il joue un rôle pour certaines prestations, notamment pour les chômeurs en fin de droits.

    L’Allemagne, la Belgique ou les Pays-Bas ont un système similaire.

     

    Le système dit Beveridgien s’oppose à cette logique.

    Il est appliqué en Grande-Bretagne et dans les pays nordiques (Suède, Danemark).

    L’Etat protège tous les individus contre les risques.

    Il est financé par la collectivité càd par l’Etat.

     

    Figure : dépenses de protections sociales en pourcentages du PIB en 2005.

    Figure : Le budget de l’Etat : principaux postes du budget de l’Etat en 2014, milliards d’euros.

     

    Le budget de l’Etat est d’environ 394 milliards d’euros en 2014.

    Enseignement scolaire pour 46 milliards d’Euros, les charges de la dette pour le même montant.

    Les transferts de l’Etat aux collectivités territoriales atteignent 54 milliards d’Euros.

    Remarques : enseignement supérieur c’est 31 milliards, la justice 6,2 milliards.

    Comme les APU sont endettés (la dette publique étant d’environ 90% du PIB), la charge de la dette est importante, elle représente le second poste budgétaire de l’Etat.

     

    b)   Les fonctions des APU et les objectifs de la politique économique.

     

    Une typologie classique énoncée par Musgrave distingue 3 fonctions des APU :

    1.    Affectation/allocations : les dépenses de l’Etat pour financer les biens collectifs (défense, éducation, infrastructures routières)

    2.    Redistribution : compenser partiellement des inégalités initiales entre citoyens.

    3.    Stabilisation :

    -          L’Etat est un régulateur de l’activité économique en relançant l’activité dans les périodes de crise ou au contraire en comprimant la demande lorsque l’inflation menace.

    -          Cette fonction a pu constituer la base de la politique économique jusqu’au début des années 80 en Europe.

     

    Ce découpage est en partie artificiel.

    Exemple 1 : Transports publics.

    Exemple 2 : relance budgétaire en période de crise.

    Les trois leviers traditionnels des politiques économiques : la politique budgétaire (l’achat de biens et services par l’Etat), la politique fiscale et la politique monétaire

     

    1.    La politique budgétaire.

     

    L’Etat peut soutenir l’activité en dépensant plus lui-même.

    En passant des commandes à des entreprises. Ou en modifiant les salaires de ses employés.

     

    2.    La politique fiscale.

     

    Elle permet de redistribuer et de réguler la conjoncture.

    En baissant les prélèvements sur les ménages ou les entreprises, l’Etat peut stimuler l’activité économique :

    -          Si les ménages utilisent ces revenus supplémentaires pour consommer et non pour épargner.

    -          Si les entreprises investissent plus ou embauchent plus, alors l’activité augmente.

    Réduire les impôts dans les périodes défavorables et les augmenter dans les périodes favorables permet de réduire l’amplitude des fluctuations économiques.

    Des impôts progressifs inchangés permettent de stabiliser l’économie.

    Impôts progressifs : des impôts dont la part dans le revenu augmente avec le revenu.

    Lorsque la production agrégée augmente, les impôts augmentent plus vite et ralentissent  l’économie.

    Quand la production agrégée diminue, les impôts baissent automatiquement.

    Cette baisse des impôts compense en partie la baisse des revenus avant impôts.

    Dans ce cas, on parle de stabilisateurs automatiques.

     

    3.    La politique monétaire.

     

    La politique de monétaire consiste à réguler l’offre de monnaie dans l’économie.

    On appelle offre de monnaie, la quantité de monnaie disponible dans l’économie.

    La monnaie : les pièces et billets, les comptes à vue, les comptes d’épargne.

    En Europe et aux Etats-Unis, la politique monétaire est sous la responsabilité d’institutions indépendantes des pouvoirs publics : la Banque Centrale. (Banque de premier rang)

    Les banques commerciales, dites de second rang, ont par obligation légale un compte auprès de la banque centrale.

    Elles sont tenues de détenir une partie de leurs dépôts sous formes de réserves sur leur compte auprès de la banque centrale.

    La Banque centrale va contrôler la quantité de monnaie dans l’économie en jouant sur les règles qui s’appliquent aux réserves des banques de second rang.

    Le marché monétaire : le marché sur lequel les banques de second  rang peuvent s’échanger des réserves auprès de la banque centrale.

     

    La banque centrale modifie les quantités de monnaie en circulation à l’aide de trois outils principaux.

    1.    La politique d’open market : elle achète et vend des titres aux banques commerciales en échange de la monnaie de la banque centrale sur le marché monétaire.

    2.    La politique de réserves obligatoires : elle peut changer le taux de réserves obligatoires.

    3.    La politique de taux d’escompte : la banque centrale peut modifier le taux d’intérêt auquel les banques peuvent lui emprunter des liquidités.

     

    Plus la banque centrale applique des taux d’interet (les taux directeurs) faibles, plus les banques vont pouvoir lui emprunter des liquidités et donc lus de monnaie va etre créée.

    A l’aide des taux directeur, les banques centrales peuvent ainsi controler les conditions de crédit et donc influencer le niveau de demande.

    Par exemple : la consommation des ménages est freinée par un crédit cher.

    L’investissement des entreprises, financé en grande partie par emprunt, et ralenti lui aussi.

    L'investissement est l'action d'investir, c'est-à-dire d'acquérir de nouveaux moyens de production, d'améliorer leur rendement ou de placer des capitaux dans une activité économique, dans une entreprise, etc.

    Une politique monétaire restrictive, au cours de laquelle la banque centrale crée moins de monnaie et prête moins facilement aux banques commerciales, diminue donc la demande et ralentit l’économie.

     

    c)   Introduction aux théories économiques de la justice.

     

    L’Etat occupe une place importante dans nos économies contemporaines.

    Pour juger du bon niveau d’intervention publique, il faut d’abord définir quelle est la conception de la justice sociale que la société souhaite mettre en œuvre.

    -          Souhaite-t-on atteindre une société égalitariste ? Ce qui nécessite un fort interventionnisme public.

    -          Souhaite-t-on atteindre une société plus libre ? Ce qui nécessite que l’Etat intervienne moins.

    Deux points de vues très divergeant quant à l’interet et à la justification éthique de l’intervention publique.

    1.    Les théories libertariennes refusant la mainmise de l’Etat sur la société.

    2.    Les théories interventionnistes de John Rawls.

    D’autres positions existent ; marxistes ou utilitaristes notamment.

     

    -          Les théories libertariennes

     

    Cette conception accorde un poids déterminant à l’individu et à ses actions (individualisme méthodologique versus holisme).

    Elle attribue surtout un rôle à la liberté individuelle, au droit de propriété ainsi qu’à la responsabilité.

    La légitimité de l’Etat est très réduite.

    Nous présentons les idées de libertariens empiriques, Friedrich VON HAYEK et Milton FRIEDMAN et le philosophe Robert NOZICK.

    Ces auteurs ont eu une grande influence sur la politique économique des Etats-Unis mais surtout de l’Angleterre dans les années 80.

     

    -          L’affirmation de la primauté de la liberté individuelle.

     

    Il n’y a pas de raison morale de mettre en place des mecanismes de contrainte.

    Le seul cas où la coercition est justifiée, c’est justement pour défendre la liberté individuelle.

    L’impôt est considéré comme un vol issu de la contrainte légale imposée par l’Etat.

    Seuls les échanges non contraints sont légitimes.

     

    -          La confiance dans le marché et son fonctionnement.

     

    Les libertariens ne pensent pas forcément que le marché soit parfait.

    Le marché constitue un mécanisme plus efficace d’allocation des ressources que l’Etat.

    En cela, ils reprennent les éléments de la tradition libérale, en mettant en avant l’efficacité des marchés, celui-ci permettant une décentralisation de l’information (main invisible).

     

    -          Le principe de propriété de soi  

     

    Cette théorie de la justice attribue à chacun un plein droit de propriété sur lui-même. (Propriétaire de son corps et de son esprit.)

    Restrictions : Les individus n'ont pas le droit de se vendre en esclavage : pas le droit d'aliéner durablement l'usage de mon corps à quelqu'un d'autre.
    On peut passer outre la volonté des individus, et la liberté de soi : les enfants.

    On leur impose des restrictions dans le but qu'ils deviennent plus tard des personnes responsables → le paternalisme est acceptable quand il s'agit d'enfants : on en restreint la liberté individuelle dans la mesure où cela contribue à les mettre dès que possible d'exercer eux même leur liberté.
    La restriction de liberté est nécessaire pour ceux qui menacent celle des autres.
    Indépendamment de ces restrictions, le principe social de base est qu'un individu peut faire ce qu'il veut.
    Les libertariens ne prétendent pas fournir une théorie morale complète : elle ne dit pas comment se compter en société.


    -          Le principe de juste circulation

    Principe qui régit les droits de propriété sur les objets extérieurs.
    La circulation des droits de propriété : on peut devenir le légitime propriétaire d'un bien en l'acquérant grâce à une transaction volontaire ou en le créant.

    Restrictions : Une femme qui « produit » un enfant n'en est pas pour autant propriétaire.

    Le principe de propriété universelle de soi prime.
    La transaction volontaire exclut la fraude ou la coercition, mais pas l'absence d'information parfaite :

    -          si on vend un bien défectueux sans dire qu'il est défectueux, les libertariens considère que l'échange a été réalisé en toute légalité mais si on a été contraint de le vendre, le principe de juste circulation n'est pas respecté.

     

     

    -          Le principe d'appropriation originelle

    Le principe de juste circulation doit s'appliquer pour tous les échanges volontaires antérieurs aux échanges contemporains.
    Mais comment fait-on pour établir la légitimité du droit de propriété sur un objet ou une ressource par son titulaire initial ?
    Si une ressource naturelle ou un bien n'a encore fait l'objet d'aucune appropriation, le premier qui en revendique la propriété en devient le propriétaire légitime.

    Restrictions : La clause Lockéenne : Robert NOZICK (1974) : une personne ne peut prendre possession d'une part de la nature que si elle laisse « enough and as good », une quantité suffisante et de qualité équivalente aux autres présents et à venir.
    Peter VALLENTYNE (1998) : tout être humain possède un droit égal aux richesses de la terre. Pour être un propriétaire légitime, il doit s'acquitter d'une taxe dont le montant reflète la valeur des ressources naturelles dont il s'arroge la propriété.


    -          Une conception procédurale de la justice

    Cette théorie libertariennes est procédurale : elle ne s'intéresse qu'au respect de la liberté.

    L'évaluation libertariennes des institutions d'une société ne repose en rien sur l'anticipation de leurs conséquences pour le bien-être de la population.
    Pas de nécessité d'allouer les ressources d'une manière Pareto-optimale.
    Il n'est pas nécessaire de satisfaire le bien-être individuel tant que les principes de libertés prévalent.
    L'approche libertarienne est historique (obligation de regarder l'intégralité des transactions effectués), rétrospective, et procédurale.
    Pour mesurer si une situation est juste, il suffit de se tourner vers le passé : si elle respecte bien les trois principes de propriété, de libre circulation et d'appropriation originelle, alors elle est juste.


    -          Comment appliquer la justice libertarienne ?

    Il faudrait évaluer si pour chaque bien, ses propriétaires antérieurs l'ont acquis suivant les principes précédents. C'est peu probable.
    NOZICK : un principe de rectification. On va corriger les droits de propriétés qui ont été mal acquis.
    La façon la moins inadéquate de procéder : la mise à plat.
    Une répartition égalitaire de toute la richesse matérielle avant de prendre un nouveau départ et de laisser jouer le marché dans tous les domaines : éducation, santé, environnement...


    -          Critiques du libertarisme

    Quelles objections éthiques :

    1.    En récusant tout conséquentialisme, on se prive de toute considération touchant à la recherche de l'efficacité dans l'allocation des ressources
    Exemple : pas de politique anti-trust au service de la concurrence

    2.    La seule justice sociale est le respect d'un principe de liberté ; la seule égalité qui compte est celle des droits.
    Cela va à l'encontre du sens commun : une société ne peut être juste si les individus sont libres mais si toutes les richesses sont concentrées entre quelques mains.

    3.    De quelle liberté parle-t-on ? Il s'agit d'une liberté purement formelle.

    Si les gens font ce qu'ils veulent mais qu'ils ne possèdent rien, ils ne peuvent rien faire.

    Sans accorder de moyens à l'exercice de la liberté, il s'agit d'un droit sans portée réelle.
    C'est ce que certains appellent la fétichisation des droits naturels.


    -          La théorie de la justice sociale de RAWLS


    A Theory of Justice (1971)
    Pour RAWLS, la justice est désirable pour des raisons morales.

    Il introduit un respect de certaines valeurs morales.
    Seules les institutions qui sont perçues comme justes peuvent survivre.
    Il existe une définition de la justice qui est général (autrement dit qui ne dépend pas d'une histoire ou d'une culture particulière).
    Dans la société, il existe des biens premiers qui garantissent que la société soit juste.


    -          Les biens premiers

    RAWLS formule les exigences de la justice en termes de biens premiers :
    Ce sont des moyens généraux requis pour se forger une conception de la vie bonne et en poursuivre la réalisation.

    -          Les biens premiers naturels : la santé, le talent.

    -          Les biens premiers sociaux : les libertés fondamentales, l'accès aux positions sociales, les avantages liés à ces positions (le revenu, les bases sociales du respect de soi).

     

    Une société juste répartit les biens premiers de manière équitable entre ses membres.

    -          Les principes de justice de RAWLS


    1. Le principe d'égale liberté :
    Il garantit à tous les citoyens le respect des libertés fondamentales.

    2. Le principe d'égalité équitable des chances :
    Les personnes ayant les mêmes talents doivent avoir la même possibilité d'accès aux positions sociales.

    3. Le principe de différence :
    Les inégalités sociales doivent être au bénéfice des membres les moins avantages de la société.
    En admettant comme justes certaines inégalités, le principe de différence cherche à concilier égalité et efficacité.
    Ce principe impose de sélectionner le Maximin.
    Choisir parmi les différents états sociaux, celui qui rend aussi élevé que possible l'indice des avantages sociaux économiques que peuvent espérer ceux dont l'indice est le plus faible.
    Exemple : on répartit un gâteau entre Ernest, Célestine et Barnabé. On maximise la plus petite part.

     

    -          Comment justifier le recourt au Maximin ?

     

    Les citoyens ont des conceptions différentes de la justice car ils ont des positions sociales e des biens premiers différents.

    La position originelle : l’idéal d’une société libre et égale inhérente aux sociétés démocratiques. Avant d’appartenir à la société, on pourrait tous se mette d’accord sur ce qu’est un bon critère social.

    Les citoyens doivent se placer derrière un voile d’ignorance càd temporairement je vais m’abstraire de mes caractéristiques purement individuel (beau, musclé, riche…) et à partir de là, on va se mettre d’accord sur le principe de Maximin.

    Les individus vont se proteger au maximum contre la situation qui peut leur arriver : aversion au risque.

    Derrière le voile d’ignorance, les citoyens doivent aie abstraction de leur positions sociales de leurs préférences particulières.

    Et cette position derrière le voile d’ignorance/cette posture permet de définir des principes de justice qui seront universellement acceptés.

    Ces principes, selon Rawls, conduisent à établir un contrat social qui tend vers les trois principes : d’égale liberté, d’égalité équitable des chances et de différence.

     

    -          Quel type de société respecterait les principes rawlsiens de la justice ?

     

    Certainement pas la société capitaliste de laisser-faire, ni un régime de planification autoritaire.

    Une démocratie des propriétaires : une société qui combine la propriété privé des moyens de production avec une diffusion large du capital physique et humain.

    Dans cette société les mesures correctrices de l’Etat providence corrigent les handicaps naturels uniquement.

     

    II)            L’analyse keynésienne de l’Etat.

    a)   Introduction

    Dans certaines situations le ralentissement de la croissance et l’augmentation du chômage sont la conséquence d’une insuffisance de la demande.

     

    Cela se produit quand : les prix ne s’ajustent pas bien et/ou les anticipations de demande des entreprises sont faibles.

    L’Etat peut jouer un rôle de stimulation de la demande pour soutenir l’activité économique.

    La théorie économique inspirée des travaux de Keynes soutient une intervention active de l’Etat.

    A la main invisible du marché inopérante doit se substituer la main visible de l’Etat.

     

    Nous allons supposer que les prix sont fixes.

    Cette hypothèse et réaliste à court terme.

    Les facteurs qui peuvent expliquer la rigidité des prix :

    -          Des coûts de catalogue et de changement des étiquettes.

    -          L’imperfection de la concurrence : situation où les entreprises sont toutes en concurrence mais sont trop petits individuellement pour influencer le prix du marché, donc situation où y’a peu de firmes sur le marché, et donc elles peuvent influencer u petit le prix auxquelles elles arrivent à vendre leurs produits. Les prix sont moins flexibles donc.

    -          Le souci d’avoir de bonnes relations avec ses clients en réduisant l’incertitude et en instaurant un climat de confiance.

    -          La mise en place de contrats (tacites ou explicites) de court terme.

     

    Le degré de rigidité des prix peut être plus ou moins important selon les marchés.

    Sur le marché du travail, les salaires sont particulièrement rigides à court terme.

    On supposera ainsi que le niveau de production est déterminée par celui de la demande (et non celle de l’offre).

     

    b)  Le modèle keynésien élémentaire.

     

    La demande agrégé est la somme des biens et services qui sont consommés dans une économie pendant une période de temps donnée (exemple : un an)

    Elle s’écrit : D = C + I + G + X-M

    C : la consommation, environ 54% du PIB.

    I : l’investissement, 20%. (Utilisation de ressources d’aujourd’hui, dans le but d’augmenter les capacités de productions de demain)

    G : les dépenses publiques 24%.

    X : les exportations 29%.

    M : les importations 27%.

    Par simplification dans la suite du chapitre, on supposera que  X= M = 0.

    On parle d’une économie fermée ; càd qu’il ne réalise pas d’échanges avec l’extérieur.

    La demande agrégée s’écrit donc : D = C + I + G.

     

    -          La consommation (première composante de la demande agrégée)

     

    Elle est le fait de ménages et dépend de leur revenu disponible càd le revenu net des impôts et taxes. (Le revenu c’est Y, et le revenu disponible c’est Y – T càd les impôts.)

    La fonction de consommation décrit la relation entre consommation et revenu disponible : C= C(Y – T)

    C’est une fonction croissante de Y – T.

    La consommation représente environ 54% du PIB.

     

    Figure : Part de la consommation dans le PIB en France de 1960 à 2007. (Voir moodle)

     

    La propension marginale à consommer : c’est la variation de la consommation correspondant à un accroissement du revenu disponible de un euro.

    La propension marginale à consommer est positive et inférieure à 1.

    Keynes appelle cette propriété la loi psychologue fondamentale.

    Si pose : C= c(Y – T) + C€ 

    Co (C de 0) est la consommation incompressible.

    « c » est la propension marginale à consommer : c’ets la dérivée de la fonction de la consommation.

    Exemple : si c=0,8, cela veut dire que si le revenu augmente de 100, alors la consommation augmente de 80.

     

    -          L’investissement 

     

    Les décisions d’investissement résultent des entreprises et des ménages.

    Les entreprises augmentent ou remplacent leur capital productif.

    Les ménages acquièrent des logements.

    Il représente entre 15 et 20% du PIB.

    Il représente une part beaucoup pluss faible de la demande agrégée que la consommation.

    Cependant, il fluctue tres fortement d’une année sur l’autre.

     

    c)  De quoi dépendent les décisions d’investissement ?

     

    L’investissement est une fonction décroissante du taux d‘intérêt.

    Mathématiquement : I= I(r) avec l’(r) < 0

    Le taux d’intérêt mesure le coût des capitaux.

    Figure : la fonction d’investissement.

     

    -          Les dépenses publiques

     

    Notées G, elles recouvrent par exemple les dépenses en biens publics : écoles, etc, les dépense générale de fonctionnement de l’Etat, mais pas les transferts faits aux ménages.

    La contrepartie des dépenses de l’Etat : les prélèvements obligatoires : T

    G – T représente donc le solde du budget de l’Etat.

    G – T < 0 le budget est en excédent.

    G – T > 0 le budget est en déficit.

    La politique budgétaire de l’Etat :

    Un solde positif du budget de l’Etat : il va pouvoir rembourser sa dette.

    Un solde négatif du budget de l’Etat : il va devoir augmenter on endettement.

     

     

    • L'Etat peut agir sur l'économie en modifiant ses recettes T ou ses dépenses G. G et T sont fixées par l'Etat, on les note : G (barre au-dessus) et T (barre au-dessus)

    L'équilibre sur le marché des biens et des services :

    L'offre de biens et services (la production) est donnée par Y. Elle résulte des décisions de production des firmes. La demande de biens et services est donnée par D = C + I + G A l'équilibre du marché des biens et services, l'offre est égale à la demande ce qui s'écrit : Y = C+I+G En substituant les hypothèses que nous avons faites : Y = C(Y-T ( barre au-dessus ) + I( r) + G( barre au-dessus ) C'est le taux d'interet r qui doit s'ajuster pour équilibrer le marché des biens et services. Comment le taux d'interet va t'il s'ajuster ? Comment est-il determiné ?

    Le taux d'interet représente la rémunération des prêts et le cout des emprunts. Une réécriture de l'identité comptable : Y – C – G = I Y – C – G désigne la production qui subsiste après que les demandes des consommateurs et de l'Etat aient été satisfaites. C'est l'épargne nationale, notée S.

    En réécrivant la relation précédente : Y – C – G = I <-> S = I(r)

    A l'équilibre du marché de la production, l'épargne est égale à l'investissement. On peut interpréter cette relation en termes de marché des fonds : L'épargne constitue l'offre de fonds prêtables. L'investissement constitue la demande de fonds prêtables. C'est le taux d'interet qui permet d'équilibrer l'offre et la demande sur le marché des fonds prêtables.

    Exemple de politique économique dans le modèle keynésien élémentaire :

    Si la dépense publique augmente (ou si les impôts diminuent) Raisonnons à partir du marché des biens et services Une composante de la demande agrégée (G) a augmenté. Pour que l'offre agrégée reste égale à la demande agrégée, il faut qu'une autre composante de la demande agrégée diminue. Il ne peut s'agir que de l'investissement En conclusion : une augmentation des dépenses publiques conduit à une hausse du taux d'interet et à une baisse de l'investissement.

    Exemple de politique économique dans le modèle keynésien élémentaire (2) :

    Si la dépense publique augmente (ou si les impôts diminuent) Raisonnons à partir du marché des fonds prêtables. L'épargne va diminuer (car S = Y -C – G) donc l'offre de fonds prêtables.

    Pour que la demande de fonds prêtables (I) baisse et soit compatible avec l'offre, il faut que le prix des fonds prêtables augmente. Donc le taux d'interet r augmente. En conclusion : une augmentation des dépenses publiques conduit à une hausse du taux d'interet et à une baisse de l'investissement. Les nouvelles dépenses publiques ont évincé l'investissement.

     

    C) Le modèle IS-LM

     

    -          La courbe IS

    A partir du marché des biens, on construit une courbe liant production et taux d'interet ( Y,r ) On appelle cette relation la courbe IS ( Investment – Savings ) On cherche à établir la forme de cette courbe IS à l'équilibre du marché des biens et services. Une hausse du taux d'interet diminue l'investissement et donc la demande agrégée. La production doit alors diminuer pour retrouver l'équilibre entre l'offre et la demande sur le marché des biens et des services. On vient d'établir que la courbe IS est décroissante dans le plan ( Y,r )

    Déplacement de la courbe IS

    Que se passe-t-il si l'Etat augmente ses dépenses ou ses impôts ? Si l'Etat augmente ses dépenses, à taux d'interet inchangé, l'investissement et donc la production augmentent. Il en résulte que la courbe IS se décale vers la droite. Inversement, une augmentation des taxes, à taux d'interet inchangé, diminue la consommation et donc la production. Dans ce cas, la courbe IS se décale donc vers la gauche. Cette courbe est un outil d'analyse utile des différentes politiques économiques possibles. Il est cépendant nécessaire de comprendre comment le taux d'interet est affecté par les variables monétaires pour compléter l'analyse.

    La courbe LM

    Il s'agit ici de décrire l'ensemble des couples ( Y,r ) qui permettent d'équilibrer le marché de la monnaie. Pour Keynes, le taux d'interet est une variable monétaire déterminée sur le marché de la monnaie. L'offre de monnaie est contrôlée par la banque centrale. Quels sont les déterminants de la demande de monnaie ?

     

    -          Définition de la monnaie.

    C'est l'ensemble des moyens de paiement immédiatement utilisables pour effectuer le reglement de toutes les transactions et acceptés par tous dans une communauté donnée.

     

    -          Les fonctions de la monnaie :

    La monnaie a trois fonctions principales :

     

    1-     Intermédiaire des échanges.

    Elle permet de résoudre le problème de la double coïncidence des besoins d'une économie de troc.

    2-    Unité de compte.

    Elle indique les conditions dans lesquelles les prix sont libellés et les créances/ dettes sont enregistrées.

    3-    Réserve de valeur.

    C'est un moyen de transférer du pouvoir d'achat du présent vers l'avenir.

     

    -          Les différentes formes de monnaie :

    Les économies traditionnelles utilisaient de la monnaie-marchandise. Un bien doté d'une valeur intrinsèque sert alors de la monnaie : or, cigarette, sel, etc. On utilise désormais la monnaie fiduciaire (qui signifie confiance en latin) ou scripturale, dépourvue de toute valeur intrinsèque. Elle est acceptée comme moyen de paiement parce que l'Etat lui confère cours légal.

    On suppose ici que la demande de monnaie augmente avec le revenu nominal et diminue avec le taux d'interet. Plus mon revenu est élevé, plus je demande de la monnaie pour effectuer des échanges. C'est une demande de monnaie pour motif de transaction. Si le taux d'interet est élevé, je ne demande pas de monnaie car je préfère placer ma richesse sous forme de titres financiers. On parle de motif de spéculation. Ceux-ci me rapporteront un certain taux d'interet. Formellement, on va écrire la demande de monnaie : M^D/P = L (Y,r).

     

    -          Construction de la courbe LM

    Courbe LM : elle décrit l’ensemble des couples (Y,r) équilibrant le marché de la monnaie.

    Que se passe-t-il si Y, le niveau de production (ou de revenu) augmente ?

    Si le revenu Y augmente, la demande de monnaie s’accroît pour des motifs de transaction.

    Pour une offre de monnaie constante, il faut que le taux d’intérêt augmente.

    On a donc une relation croissante entre Y et r.

    (Figure : la courbe LM)

     

    -          Déplacement de la courbe LM

    Que se passe-t-il si l’offre de monnaie augmente ?

    Sur le marché de la monnaie l’offre devient supérieure à la demande de monnaie.

    Pour rétablir l’équilibre, c’est le prix, c’est-à-dire le taux d’intérêt qui va s’ajuster.

    Le taux d’intérêt r va baisser.

    La courbe LM se décale vers la droite.

    Si le l’offre de monnaie diminue, la courbe LM va vers la gauche.

    (Figure : une augmentation de l’offre de monnaie déplace LM vers la droite)

     

    -          L’équilibre général de l’économie.

    Grâce aux courbes IS et LM, on peut déterminer le niveau de production qui équilibre simultanément le marché des biens et services et le marché de la monnaie, marché du travail.

    Cette équilibre général c’est la situation de l’intersection entre les courbe IS et LM dans le plan (Y,r).

    On obtient alors la production et le taux d’intérêt d’équilibre de l’économie.

    (Figure : l’équilibre dans le modèle IS-LM).

     

    d)    Applications

    On peut analyser l’effet des décisions publiques sur l’activité économique ;

    Exemple : la réduction du déficit budgétaire par hausse de la fiscalité.

    Une hausse de prélèvements T en laissant inchangés G et M°

     

    -          Réductions du déficit public par augmentation de la taxation.

     

    Effets sur le marché des biens.

    Une hausse des impôts diminue le revenu disponible des agents, leur consommation et donc la production.

    Pour un taux d’intérêt donné, la hausse des impôts engendre donc une baisse de la production.

    La courbe IS se décale sur la gauche.

    En réalité l’économie c’est la sphère réelle et monétaire.

     

    Effets sur le marché de la monnaie.

    La baisse de la production engendre une baisse de la demande de monnaie à taux d’intérêt inchangé.

    Or, la demande de monnaie à l’équilibre ne peut pas bouger, car l’offre reste inchangée.

    C’est donc le prix qui va diminuer.

    Pour rétablir l’équilibre sur le marché de la monnaie, le taux d’intérêt va baisser.

     

    -          Réduction du déficit public par augmentation de la taxation.

    La baisse du taux d’intérêt sur le marché des biens.

    Elle permet une hausse de l’investissement et donc une hausse de la production.

    Celle-ci est cependant insuffisante pour compenser la baisse initiale.

    Au final, suite à la hausse des impôts, le modèle IS-LM prévoit une baisse à la fois de la production et du taux d’intérêt.

     

    (Figure : impact de la hausse des impôts dans le modèle IS-LM)

     

    De façon identique, on pourrait monter que :

    -          La hausse des dépenses publiques augmente le niveau de la production et celui du taux d’intérêt.

    -          Une hausse de l’offre de monnaie permet une baisse des taux d’intérêt et une hausse de la production.

     

     

    III)         La remise en cause de l’Etat.

    Différentes objections à l‘intervention de l’Etat.

    Elles sont apparues progressivement depuis la fin des années 50.

     

    a)  Extension du modèle keynésien

    Dans cette partie, nous présentons une critique des résultats obtenus dns le cadre du modèle IS-LM e faveur d’une politique interventionniste.

     

    -          L’impact négatif de la relance budgétaire.

    Milton Friedman a émis l’idée que a relance budgétaire n’était que peu efficace en raison de a hausse du taux d’intérêt qu’elle induit.

    Il pose l’hypothèse que cette relance est financée par l’emprunt.

    Si l’Etat emprunte pour financer des dépenses nouvelles : la hausse de la demande de fonds prêtables qui en découle sur les marchés financiers entraîne une hausse des taux d’intérêts.

    Si la hausse du taux d’intérêts est très importante, l’investissement va fortement diminuer et donc quasiment annuler la relance initiale.

    A la limite, si l’investissement est infiniment élastique aux taux d’intérêt, l’effet positif d’une hausse des dépenses publiques sera entièrement contrebalancé par une baisse de l’investissement privé. C’est l’effet d’éviction par les taux d’intérêt.

     

    -          La contrainte liée aux échanges extérieurs.

    Il est nécessaire de sortir de notre cadre à un seul psy et de considérer au moins un autre pays. Nous passons du cas d’une économie fermée (que mon pays) à celui d’une économie ouverte (interaction de mon pays avec l’étranger)

    Si l’Etat pratique une relancé budgétaire, la consommation va augmenter. Les individus vont acheter à la fois des biens nationaux mais aussi des biens fabriqués à l’étranger.

    En conséquence, une partie de la relance bénéficiera à l’industrie des autres pays. L’effet bénéfique dela relance est amoindri pour le pays qui l’initie. C’est l’effet d’éviction par les importations.

    b) Rationalité et crédibilité de la politique économique (Des remises en cause de la manière de pensée Keynésienne).

     

    Le modèle keynésien sous-estime les réactions des agents aux mesures économiques choisies par l’Etat. Il surestime les capacités de cet Etat à mettre en place des politiques efficaces.

     

    -          Rationalité et anticipations

    Si on retourne aux fondements du modèle IS-LM que constituent les équations de comportement.

    Keynes suppose que la consommation est fonction du revenu disponible courant.

    Que se passe-t-il si on pense qu’en cas d’augmentation des dépenses publiques, les agents anticipent une hausse des impôts demain ?

    Les agents savent que cette mesure de baisse d’impôt creuse le déficit budgétaire de l’Etat et augmente sa dette.

    Cette dette supplémentaire devra un jour être remboursée par des impôts futurs.

    Certes, face à une hausse du revenu aujourd’hui, les ménages veulent consommer plus.

    Mais anticipant une hausse des impôts demain, ils sont en revanche incités à ne pas consommer cette augmentation de revenu.

    Ils épargnent dès maintenant afin de pouvoir faire face demain à ces impôts supplémentaires.

    Ce type d’effet d’éviction fiscal direct est appelé l’équivalence Ricardienne.

    Il provient du fit que les agents regardent l’ensemble de leur revenu sur les différentes périodes pour faire leurs choix de consommation et non pas uniquement le revenu de la période courante.

    Si on continue à s’interroger sur les hypothèses de comportements dans le modèle keynésien, force est de constater que peu de choses sont dites sur les effets incitatifs des prélèvements.

    On sait que les comportements d’offre de travail ou pour les entreprises d’incitations à investir, innover, dépendent du retour financier que ces activités laissent espérer.

    Ainsi, lorsque le montant des impôts augmente avec le niveau de l’activité, les impôts peuvent provoquer des distorsions. (Une distorsion : c’est affecté les décisions réelles des agents).

    L’impôt peut affecter différentes décisions des agents économiques.

    Citons par exemple :

    1-    Le choix entre consommation et loisir, car le loisir est le seul bien non taxé.

    2-    Le choix entre travail domestique et travail marchand, car le travail domestique non-marchand échappe aux taxes.

    3-    Le choix entre travail marchand déclaré et le travail marchand non déclaré, pour les mêmes raisons (travail au noir/ baby Sitter, etc  et donc réduction d’impôts).

    Le travail au noir constitue l’une des formes d’évasions fiscale.

    4-    Une certaine concurrence fiscale peut s’instaurer entre différents pays.

     

    Pour des économistes hostiles à l’intervention publique : au-delà d’un certain taux de taxation, les modifications de comportement sont telles que suite à une nouvelle augmentation des impôts, les recettes de l’Etat vont diminuer.

    C’est l’idée de la courbe d’Arthur LAFFER. (Figure : la courbe de LAFFER sur moodle)

    C’est le fameux « trop d’impôt, tue l’impôt ».

     

    -          La courbe de LAFFER existe-t-elle ?

    Il ne fait aucun doute qu’une relation non monotone existe :

    Une relation monotone : une relation où le sens de variation de change pas (la courbe reste le temps constant, décroissant ou alors croissante.

    Une relation non-monotone : est parfois décroissante, parfois croissante.

     

    Lorsque le taux d’imposition est nul, les recettes fiscales sont nulles ;

    Lorsque le taux d’imposition est de 100%, elles sont de nouveau nulles car la base taxable est devenue nulle.

    Entre les deux, il n’y  a pas de consensus.

    Les taux actuels sont-ils tellement élevés qu’une baisse augmenterait les recettes fiscales ?

    Pour les économistes libéraux, les pays développés seraient dans la partie droite de la courbe.

    Une baisse des taux d’impositions serait donc non seulement bonne pour les incitations des agents mais également pour le Budget de l’Etat.

    Tous les économistes sont d’accord pour dire qu’en fait, si les effets désincitatifs existent, il n’a jamais été observé qu’une baisse des taux permette d’augmenter les recettes fiscales.

     

    -          Crédibilité de la politique économique

    On peut analyser la politique économique comme un jeu.

    Le concept de jeu en économie désigne les situations où les parties prenantes d’une situation tiennent compte du comportement des autres agents dans le choix qu’ils vont effectuer.

    Ce jeu s’établit entre l’Etat d’une part, et les agents privés (firmes et individus) d’autre part.

    Chacun prend ses décisions en anticipant les décisions présentes et futures prises par les autres joueurs.

    On parle d’interactions stratégiques.

    Il est fréquent que les agents privés cherchent à anticiper la politique économique du gouvernement.

    Lorsque ménages et entreprises prennent des décisions qui les engagent dans le futur, ils essayent d’anticiper les politiques économiques qui seront en vigueur à ce moment-là.

    Exemple : j’envisage d’acheter un appartement au cours des prochaines années.

    Si je pense que les taux d’intérêts vont augmenter fortement l’année prochaine en raison d’une politique monétaire qui sera plus restrictive, j’ai intérêt à réaliser cet achat aujourd’hui plutôt que l’année prochaine.

    Bien souvent, l’Etat choisit en premier, les autres agents (consommateurs, producteurs) prenant leur décision ensuite.

    Fréquemment, une fois que l’Etat a décidé d’une politique économique, et que les agents privés ont pris leurs décisions de consommation et de production, l’Etat peut avoir intérêt à ne pas mener la politique qu’il avait annoncée initialement.

    D’où un problème de crédibilité de l’Etat, si la situation se reproduit régulièrement.

    Les agents privés ne se fient plus à ce que l’Etat annonce, mas à ce qui sert ses propres objectifs.

    Paradoxalement dans un tel contexte, l’Etat peut parvenir à ses objectifs en choisissant de se priver de certaines possibilités.

    Tel est le cas lors de situations d’incohérence temporelle.

    Il s’agit des situations dans lesquelles l’Etat a intérêt à suivre un politique différente de celle qu’il a annoncée.

     

    -          Premier exemple : la prise d’otages.

    La plupart des gouvernements déclarent ne pas négocier avec d’éventuels preneurs d’otages.

    Le but de ces annonces est bien entendu de décourager les rapts.

    Devant une prise d’otages, de nombreux gouvernements négocient quand même

    Ils font preuve d’incohérence entre leurs annonces initiales et leurs décisions finales, parce qu’annonces et décisions sont à deux dates différentes.

     

    -          Second exemple : la tenue des examens

    Les enseignants aimeraient annoncer la tenue d’examens pour que les étudiants trouvent les incitations à travailler.

    Ils souhaiteraient par la suite ne pas tenir d’examens afin de ne pas devoir corriger.

    Si les enseignements étaient libres de choisir, ils annonceraient toujours qu’il y aura un examen à la fin du semestre sans jamais en faire une fois la fin du semestre venue.

    Mais les étudiants vont s’attendre à ce quil y ait pas d’examens.

    L’annonce initiale n’ets donc pas crédible.

     

    -          Troisième exemple : Ulysse et les sirènes.

    Au cours de l’Odyssée, Ulysse est confronté aux sirènes et à leurs chants.

    Il ordonne à ses marins de se boucher les oreilles de cire et de l’attacher au mât pour ne pas succomber aux chants des sirènes qui les attirent vers des rochers.

    Il donne cet ordre car il sait qu’une fois près des sirènes il prendra une décision qu’il estime aujourd’hui ne pas être la meilleure.

    L’incohérence temporelle se manifeste par le fait qu’un même individu revienne sur ses engagements passés car il n’est pas dans son interet de les tenir.

     

    -          Le problème de la crédibilité des annonces de politique économique.

    Le gouvernement va-t-il vraiment renoncer à négocier avec les preneurs d’otages même si cela se révèle, à ce moment-là, la meilleure décision ?

    Or lorsque le gouvernement n’est pas crédible, des prises d’otages et des négociations ont lieu.

    Il y a donc un gain important  à la crédibilité.

    Comment convaincre les agents privés que l’on ne va pas revenir sur ses engagements ?

    La seule solution est d’empêcher aujourd’hui que le gouvernement puisse changer sa politique économique demain.

     

    -          Exemple d’incohérence temporelle de la politique économique.

    Supposons que l’Etat annonce une politique fiscale pour inciter les agents à augmenter la production.

    Il annonce une baisse des cotisations sociales sur les salaires pour les 5 années suivantes.

    Les entreprises ont alors de plus fortes incitations à investir et à créer des emplois

    Mais supposons qu’au bout de trois ans, l’Etat revienne sur sa parole et augmente les cotisations sociales pour revenir au taux de prélèvements initial.

    Si les entreprises ont été naïves, elles ont augmenté leurs activité et leurs bénéficies permettant alors à l’Etat de taxer à un taux identique un volume d’activité plus important.

    Supposons maintenant que les agents économique soient rationnels et sachant qu’il sera dans l’intérêt de l’Etat dans trois mois de revenir sur sa parole.

    Ils anticipent donc la hausse prochaine des cotisations sociales malgré les promesses de l’Etat.

    Ils vont donc être réticents à augmenter leur activité

    La politique économique initiale de l’Etat n’aura alors que eu d’impact.

    Le problème vient du fait que l’Etat ne peut pas se contraindre à respecter sa parole.

    Mais une fois que les autres agents ont pris leur décision (par exemple, augmenter leur activité), il a interet à revenir sur sa parole et rien ne peut  l’en empêcher.

    Ainsi, l’Etat ne peut pas s’engager de façon crédible et cela limite fortement la portée de ses mesures.

    Une solution est de se lier les mains et inscrire dns la constitution qu’il est impossible de revenir sur la promesse de baisse d’impôts.

     

    -          Les politiques de règles come solution au problème de l’incohérence temporelle.

    Ce type de politique que l’on s’impose une fois pour toutes est qualifié de règle, par opposition à une politique discrétionnaire.

    Dans le domaine de la politique monétaire, l’instauration d’une banque centrale indepedance a pour objectif de renforcer la crédibilité de l’action publique sur le marché de la monnaie.

    Lorsque les gouvernements utilisent la politique monétaire pour arbitrer entre inflation et chômage, ils peuvent être tentés d’annoncer de lutter contre l’inflation.

    Si les agents croient à cette annonce, l’Etat peut mener une politique monétaire accommodante, pour réduire le salaire réel et donc augmenter l’emploi.

    La crédibilité de la politique monétaire est alors menacée.

    Peut-il renoncer à la tentation d’essayer de surprendre les agents pour faire baisser temporairement le chômage ?

     

    -          Pourquoi les banques centrales sont-elles indépendante ?

    L’évolution récente des institutions monétaires et de leurs pratiques s’inscrit totalement dans cette logique.

    Les banques centrales dans de nombreux pays sont aujourd’hui indépendantes du pouvoir politique.

    Cela leur permet de résister aux pressions éventuelles de gouvernement cherchant à lutter temporairement et artificiellement contre le chômage

    La BCE a pour unique objectif de controler la stabilité des prix, càd la lutte contre l’inflation

    Le chômage par contre n’est pas mentionné dans ses statuts.

    Disposer d’un banquier central conservateur renforce la crédibilité des politiques monétaires.

     

    Chapitre 2 : Emploi et Inégalités

    L'emploi et le chomage sont au cœur des débats économiques et politiques.

    Quelle définition pour le chômage ?

    Le chômage, tel que nous l'entendons, n'a pas toujours existé.

    Le mot même est d'une invention assez récente.

    La catégorie statistique de chômeur émerge en France à l'occasion du recensement de 1896.

    Il y a deux siècles, à une époque où l'activité est principalement exercée soit à domicile pour les artisans, soit à la ferme pour les paysans, il n'y avait pas de chômage au sens contemporain.

     

    Contours du chômage :

    Une conception actuelle du chômage : il s'agit d'une situation où un individu ne trouve pas à s'employer.

    La situation du chômage caractérise une personne qui ne trouve pas de façon de vendre son temps de travail.

    Le chômage correspond aussi à une situation sociale.

    Le chômage n'existe que dans la mesure où il est reconnu par la société.

    Le chômeur doit avoir intérêt à se déclarer comme tel, ce qui suppose l'inexistence d'organisme de compensation ou d'assurance.

     

    Définir le chômage :

    Le chômage (tel que mesuré par les instituts de statistique) répond à des critères précis.

    Deux questions essentielles : cet individu occupe-t-il un emploi ? Si la réponse est négative, cet individu cherche-t-il un emploi ?

    La population active occupée : ceux qui ont répondu oui à la première question.

    Les chômeurs : ceux qui ont répondu non à la première mais oui à la seconde.

    La population inactive : ceux qui répondent non aux deux questions.

     

    Depuis 1954, le BIT propose une méthode commune.

    Le taux de chômage au sens du BIT requiert trois conditions pour qu'un individu en âge de travailler (15 ans ou plus) soit considéré comme chômeur.

    1. Etre sans travail
    2. Etre disponible pour travailler dans un emploi salarié ou non salarié
    3. Etre à la recherche d'un travail

    Cette définition exclut les personnes qui sont en stage de formation, les personnes qui ont travaillé quelques heures dans le mois.

    Une part des inactifs pourrait être incluse dans la catégorie des chômeurs : les travailleurs découragés ; ceux à temps partiel contraint.

     

    Le chômage en France :

    Le taux de chômage : le rapport entre chômeurs et la population active.

    Il s'établit fin 2013 environ à 10,5% de la population active, environ 3 millions de personnes au sens du BIT.

    Le nombre de personne inscrites à Pole Emploi : un peu plus de 3,3 ou 3,4 millions.

    C'est un indicateur assez pauvre de la situation de l'emploi d'un pays.

     

    (Figure : Taux de chômage en France)

     

    (Figure : Evolution du taux de chômage en France à long terme)

     

    Depuis 50 ans, le taux de chômage a subi de fortes variations.

    Inexistant avant les années 70, il est devenu massif depuis les années 80 et depuis varie entre 8 et 12% de la population active.

    Il ne touche pas toutes les classes sociales ou tous les âges de façon identique (jeunes, femmes et peu diplômés sont les plus touchés).

    En France, on observe une forte concentration de la vie active aux âges intermédiaires.

    La part des actifs âgés de 15-24 ans représente 10% des actifs, ceux de 25-54 ans 79% et les plus de 55 ans représentent 11% des actifs.

     

    (Figure : Carte du taux de chômage en Europe)

     

    (Figure : Taux de chômage par pays)

     

    Le marché du travail :

    Répartitions entre secteurs d'activités :

    Dans l'ensemble des pays de l'OCDE, on observe un déclain de l'empoi agricole et industriel et un essor de l'emploi tertiaire.

    En France, 3% des emplois sont dans le secteur primaire, 21% dans le secondaore et 76 dans le tertiaire.

    Le Rayaume Uni (2% ; 18% ; 80%) ou l'Allemagne (3% ; 25% ; 72%).

     

    (Figure : Evolution de l'emploi par secteur d'activité de 1982 à 2009)

     

    Une particularité française : la part importante des emplois dans les services non marchands.

    Les services marchands destinés aux entreprises et aux particuliers ont un poids deux fois moins important qu'aux USA.

    Le taux de salariat dans l'emploi a augmenté de façon continue au cours du XXème siècle (90%).

    De nouvelles formes d'emploi avec une baisse du nombre d'emplois traditionnels (temps plein et durée indeterminée) et une hausse du travail temporaire que celui-ci concerne des emplois à durée déterminée ou à temps partiel.

    15% des salariés du privé travaillent sous unstatut particulier (stagiaires, emplois aidés, intérimaires, CDD).

     

    (Figure : Part de l'emploi non salarié en France 1851-1997)

     

    I)            Les théories du chômage

     

    a)   Analyse classique et néoclassique du chômage

    Ce n’est que depuis la croise des années 30 le chômage a été étudié par les économistes.

    L’étude néo-classique du chômage : il s’agit d’un déséquilibre entre l’offre et la demande sur un marché particulier : celui du travail.

    Le marché du travail : un marché où les ménages et les entreprises se rencontrent de telle sorte que les premiers vendent leur force de travail aux seconds.

    Sur ce marché, le prix du travail est le taux de salaire réel horaire.

    L’offre de travail qui provient des ménages est croissante avec le salaire.

    La demande de travail qui provient des firmes est décroissante avec le salaire

    L’équilibre sur le marché du travail peut alors être représenté graphiquement comme n’importe quel équilibre partiel.

    Figure : offre demande de travail et salaire d’équilibre.

     

    C’est la flexibilité du salaire, à la hausse et à la basse  qui garantit que l’offre est égale à la demande : qui garantit qu’il n’ait pas de chômage dans l’économie.

    Si l’offre est supérieure à la demande ; le prix va baisser jusqu’à ce que l’on ait l’égalité entre offre et demande de travail.

    Sur le schéma précédent, le niveau d’emploi d’équilibre est N*

    Pour les néo-classiques, s’il y a du chômage, celui-ci est volontaire.

    Le chômage est volontaire au sens où les individus n trouvent pas d’emploi parce qu’ils demandent un salaire supérieur au salaire d’équilibre du marché.

    Ainsi, si les salaires sont flexibles, le marché du travail est toujours en équilibre et il n’y a pas de chômage involontaire dans l’économie.

     

    -          Intervention publique dans l’analyse classique

    Le chômage involontaire peut exister si l’Etat impose des contraintes sur le fonctionnement du marché.

    Par exemple, l’existence d’un salaire minimum,

    Notons M le niveau du salaire minimum. Le nouvel équilibre sur le marché du travail est :

    (Graphique précédent)

     

    Au salaire minimum M, il y a N+ personnes qui sont prêtes à travailler mais les employeurs sont uniquement prêts à embaucher N- personnes.

    Sur un marché concurrent, le salaire baisserait pour que l’offre et la demande soient égalisées.

    Cependant, l’existence d’un salaire minimum gène le libre fonctionnement du marché.

    Dans ce cas, il y a du chômage involontaire car un certain nombre de personnes (N+ _ N-) est prêt à travailler au salaire courant mas ne trouve pas de travail.

    Le chômage ne vient que de l’action de l’Etat.

     

    -          Salaire net et salaire brut

    Supposons que le salaire que touchent les offreurs de travail ne soit pas gal à ce que payent les employeurs.

    Ici encore, il se crée une certaine forme de chômage involontaire dû aux prélèvements que l’Etat fait.

    Ainsi, pour les classiques le marché du travail est un marché comme un autre qui doit fonctionner de façon concurrentielle.

    L’intervention de l’Etat et celle des syndicats créent des rigidités salariales

    Pour les tenants de cette Ecole de pensée, une part importâtes du chômage actuel est due à la multiplication des rigidités qui empêchent le salaire réel de s’ajuster.

     

    -          Chômage frictionnel et chômage naturel dans le modèle néoclassique.

     

    Même dans un cadre concurrentiel, il existe toujours un volant de chômeurs qui constitue le chômage frictionnel.

    Ce chômage résulte des problèmes d’information sur le marché du travail.

    Il y a de l’information imparfaite, et il faut du temps pour découvrir toutes les offres.

    Le chômeur doit donc procéder à un arbitrage entre :

    1-    Accepter tout de suite les premières offres qu’il trouve mas éventuellement à un salaire peu intéressant.

    2-    Attendre en espérant découvrir des opportunités lus intéressantes dans le futur.

    Cette théorie dit Job Search permet d’expliquer le chômage frictionnel.

     

    Plus globalement, le chômage frictionnel fait partie du chômage naturel dans la théorie néoclassique.

    Cette notion, développée par M. Friedman, englobe à la fois le chômage frictionnel et le chômage plus structurel provenant de l’inadéquation entre les postes offerts et les qualifications des ménages.

    D’après les auteurs proches de cette école de pensée, sur un marché concurrentiel, le taux de chômage effectif gravite autour de ce taux naturel.

    D’après Friedman « Le taux de chômage naturel est le taux qui découlerait des équations de l’équilibre général ………………………….…. A voir sur moodle »

     

    b)   Chômage involontaire et analyse Keynésienne.

    L’analyse keynésienne a été construire en réaction aux insuffisances de la theorie classique ou néoclassique, en particulier dans l’explication du chômage.

    Pour expliquer l’existence du chômage involontaire, Keynes va supposer l’absence de flexibilité du salaire nominal, en particulier sa rigidité à la baisse même si les prix diminuent.

    Du côté de la demande de travail, celle-ci dépend à la fois de la demande de biens anticipées et du salaire réel.

    Comme, pour les raisons institutionnelles, le salaire ne s’ajuste pas pour rétablir le plein emploi en période de crise, l’ajustement va se faire par les quantités.

    On aura alors trop peu de travail demandé, alors qu’au salaire courant, beaucoup de travailleurs sont prêts à offrir du travail.

    Pour comprendre le chômage keynésien il suffit de reprendre le graphique représentant le marché du travail en supposant que ‘offre est horizontale si le salaire est inférieur à un certain niveau et qu’elle n’est sensible aux variations du salaire qu’au-dessus de ce niveau.

    Figure : chômage involontaire.

     

    La seule façon de faire disparaitre ce chômage, c’est de déplacer la courbe de demande de travail qui émane des entrepreneurs.

    Cette courbe dépend de la demande de biens anticipée, et il revient à l’Etat de faire des politiques de relance pour que les entrepreneurs changent leurs anticipations et revoient à la hausse leur demande de travail.

    Un point important dans l’analyse keynésienne : même s’il était possible de faire diminuer le salaire, on ne pourrait pas pour autant réussir à faire disparaitre le chômage.

    En effet, comme les salaires sont une demande pour les entreprises, en cas de baisse généralisée de ceux-ci, les entreprises anticipent une baisse de la demande de bien et diminuent leur demande de travail.

    Contrairement aux classiques, le niveau de l’emploi est principalement déterminé par le niveau de l demande de bien anticipée par les entrepreneurs.

     

    -          Prolongements de l’analyse keynésienne du marché du travail.

    (Pas au programme)

    1-    Le salaire d’efficience.

    Il s’agit de montrer que la productivité est une fonction croissante du salaire et donc que baisser les salaires est couteux.

    Dans ce cas, un entrepreneur peut toujours décider de diminuer les salaires mais ce sera au prix d’une diminution de la productivité.

    Pour assurer une productivité minimale, il existe un niveau de salaire en dessous duquel il ne descendra pas.

    On suppose que la productivité d’un agent dépend de l’effort qu’il exerce lors de son travail.

    Pour qu’un effort élevé soit exercé, il faut que l’agent y trouve un interet et donc que la satisfaction dans ce cas soit supérieure à la satisfaction s’il ne travaille pas.)))

     

    II)           Quelques débats sur l’emploi

     

    a-    Le salaire de l’emploi

    Augmenter les salaires réduit-il l’emploi ?

    Pour les économistes classiques, le salaire doit répondre à la productivité marginale d’individu. (Production marginale : l’efficacité du travailleurs dans la production de richesse)

    Une augmentation de salaire sans gain de productivité : les entreprises vont réduire leur demande de travail.

    Elles ne vont garder que ceux dont la productivité marginale est au moins égale au nouveau salaire.

    Toute augmentation du salaire qui ne passe pas par le marché se fait donc au détriment de l’emploi.

     

    Pour les Keynésien, la demande de travail dépend de la demande de la production anticipée par les entrepreneurs.

    Plus les entrepreneurs pensent qu’ils vont faire face à une demande de production élevée, plus ils vont embaucher.

    En augmentant les salaires, l’Etat imprime une hausse à la demande de production.

    Cette hausse de ma demande de production se répercute positivement sur l’emploi.

     

    -          Peut-on concilier théorie classique et keynésienne du chômage ?

    Le désaccord entre ces deux théories vient du fait que deux types de crises économiques sont possibles : si celui-ci vient d’une crise de sous-consommation, la solution keynésienne est possible

    S’il a sa source dans une crise de l’offre, le salaire peut devenir l’ennemi de l’emploi.

    Une crise de l’offre : une augmentation subite des couts de production, par exemple la crise des années 70.

    En effet, si la demande de biens est déjà supérieure à l’offre, augmenter les salaires ne vas pas inciter les entreprises à embaucher.

     

    -          Comment tester les théories économiques ?

    La difficulté, dans l’appréciation des théories économiques, tient à ce que contrairement aux sciences dures, il est difficile de faire des expériences en laboratoire qui ressemblent à la réalité économique.

    Il est difficile  d’isoler l’effet pur des hausses de salaires car entre les deux moments d’une étude économique, bien souvent de nombreux autres éléments ont changé (croissance du pays, conjoncture internationale…)

    Une façon de contourner cette difficulté consiste à faire appel aux expériences naturelles.

    Il s’agit de s’intéresser à l’effet d’une mesure économique sur un pays ou une région, en le comparant non pas à ce qui se serait  passé sans cette mesure (Cela on n’en sait rien) mais  un autre pays ou une autre région très semblable qui n’a pas suri la même mesure de politique économique.

    Ce mode de raisonnement, inspiré par les méthodes de test de médicaments avec l’utilisation de groupe de test, laisse bien sûr toujours une incertitude (car deux régions ne sont jamais totalement identiques) mais si l’étude est bien menée, cela permet d’avoir une solide conviction dans un sens ou dans un autre.

     

    -          Les fast-foods au New Jersey

    Deux économistes américains, David Card et Alan Krueger, ont analysé l’effet de la hausse de 19% du salaire minimum dans cet Etat, alors que ce salaire restait inchangé dans l’Etat voisin de Pennsylvanie.

    Comme l’effet des variations du salaire minimum concerne surtout ceux qui sont payés à ce niveau, Card et Krueger se sont concentrés sur l’effet de cette hausse de salaire sur l’emploi dans les fast-foods de l’Etat.

    Ils ont comparé les variations de l’emploi dans cet Etat aux variations dans l’Etat voisin n’ayant pas subi la même hausse du salaire minimum.

    En comparant les données avant et après la hausse et entre les deux Etats, Card et Krueger ont trouvé que la hausse du salaire minimum ‘a pas eu d’effet négatif sur l’emploi. (Alors que la théorie néoclassique dit le contraire)

    Il est même possible que l’effet a été légèrement positif.

    D’autres analyses des mêmes auteurs sur les augmentations de la fin des années 80 et du début des années 90 ont confirmé leurs résultats : les augmentations de salaire n’ont pas été préjudiciables à l’emploi.

    (Figure : salaire minimum en Pennsylvanie et au New Jersey)

    (Table : l’effet du salaire minimum sur l’emploi au New Jersey et en Pennsylvanie)

     

    -          Une interprétation possible de ces résultats

    Si le marché du travail est en concurrence imparfaite les salaires peuvent être supérieurs aux salaires concurrentiels.

    La théorie néoclassique suppose qu’il y a concurrence sur le marché du travail, ce qui implique que les agents soient payés à leur productivité marginale.

    Si les employeurs sont en fait en position de force alors ils peuvent influencer le salaire

    Dans ce cas, le salaire est inférieur à la productivité marginale

    Une hausse forcée des salaires diminue la marge des entreprises.

    Si elle ne l’annule pas, il n’y a pas de licenciement.

    Au contraire, en augmentant les salaires, on peut attirer de nouveaux candidats ce qui fait diminuer le chômage.

     

    -          Peut-on généraliser ces résultats à la France ?

    Si ce mécanisme a sans doute été dominant jusque dans les années 70, ce n’est plus le cas maintenant.

    En particulier pour les salaires proches du SMIC, le coût du travail (salaire + charge) est très près de la productivité marginale.

    Depuis 10 ans, les différents gouvernements ont favorisé la baisse de ce coût en diminuant les charges sur les bas salaires (on est passée de 45% de charges patronales à 25% au niveau du SMIC).

    En conclusion, il n’y a pas de réponse universelle à la question du lien entre chômage et salaires.

    C’est fondamentalement l’écart entre coût du travail et la productivité qui détermine si les hausses de salaires ont un impact négatif sur l’emploi.

     

    b-   Partager le travail

    Alors que les politiques précédentes visent à relancer l’activé, els politiques de réduction du temps de travail considèrent que l’activité est une donnée qu’il faut partager.

    De façon grossière, la production est égale au produit de la productivité du travail x (multiplié par) la durée du travail x (multiplié par) le nombre de travailleurs.

    Si on considère que la production (où la croissance de la production) et la productivité du travail sont données, il est indispensable de diminuer le temps de travail pour augmenter l’emploi.

    Remarque : la diminution de la durée du travail est une donnée historique depuis un siècle avec l’instauration du repos obligatoire en 1906, la journée de 8h en 1919, les 40h avec deux semaines de congés payés en 1936 et les 39h en 1981.

     

    Dans les années 90, la loi Robien (1996) et la loi Aubry (1998) ont tenté d’encourager le partage du travail soit pour préserver les emplois existants, soit pour créer de nouveaux emplois.

    A quelles conditions le partage du travail peut-il réellement créer des emplois ?

    Il faut que les gains de productivité ne soient pas importants, sinon on n’a pas besoin de personnes supplémentaires.

    Il faut que les salaires soient ajustés, sinon le coût du travail augmente et la production basse (donc les salaires ne doivent pas être ajustés)

    Enfin, il faut que la main d’œuvre disponible existe dans les secteurs où me temps de travail est réduit, sinon l’activité diminue et aucun emploi n’est créé à court terme.

    Mais cette théorie suppose que la production est une donnée.

    A long terme et même souvent à court terme, c’est une des idées les plus fausses que l’on puisse avoir sur l’économie.

    La production ou le nombre de postes de travail qui existe dans un pays, n’est pas une donnée exogène.

    Elle dépend des entreprises mais surtout de la capacité de production, de la productivité de ses habitants.

     

    -          Exemple 1 : les rapatriés d’Algérie 

    En 1962, il n’y avait pas de chômage en France, et environ 35000 emplois vacants.

    La fin de la guerre d’Algérie en 1962 a conduit à une arrivée massive de main d’œuvre.

    Environ 500.000 personnes supplémentaires sont arrivées sur le marché du travail, majoritairement dans quelques départements du Sud de la France.

    Les autorités publiques peu informées à l’époque sur le fonctionnement du système économique, ont rapidement calculé que la France allait connaitre un chômage d’environ 365.000 personnes.

    En France, il n’y a pas eu de chômeurs supplémentaires, et la France est restée plutôt en manque de main d’œuvre.

    (Figure 1 : sources of Increase in the French Population, 1946-1973)

     

    -          Exemple 2 : les cubains de Miami

    L’arrivée massive des Cubains à Miami en 1980.

    Elle est due à la décision de Fidel Castro d’ouvrir le port Mariel aux candidats à l’immigration.

    La Floride, surtout Miami a accueilli environ 125000 personnes supplémentaires en quelques mois.

    L’augmentation massive de la population active à Miami a-t-elle conduit  augmentation du chômage ?

    Figure : évolution comparée de l’emploi à Miami et à des villes similaires.

    On compare le taux de chômage global avant et après l’arrivée des immigrants à Miami et dans d’autres villes comparables (Atlanta, Los Angeles, Houston…)

    L’arrivée massive d’une nouvelle main d’œuvre n’a pas défavorisé les habitants de Miami en termes d’emplois ni en termes de salaires.

    En quelque mois, cette nouvelle population a été intégrée.

    L’activité économique n’est pas une donnée fixée, l’arrivée des immigrants cubains n’a pas provoqué de chômage supplémentaire.

    (Table : évolution des taux de chômage à Miami et dans des villes comparables)

     

    -          Qu’en conclure ?

    Le nombre d’emplois dans une économie dépend tout d’abord de ceux qui participent à la vie économique (production mais également consommation).

    Le niveau total de la production d’une économie est lié à la qualification de la main d’œuvre disponible.

    Elle est également due, dans une moindre mesure, à la demande de production des habitants.

     

    III)         Une analyse des inégalités.

    Si un Etat e éviter la désagrégation sociale, il doit veiller à ne tolérer aucune augmentation de l’extrême pauvreté come de l’extrême richesse dans quelque partie que ce soit du corps social, parce que l’une comme l’autre conduisent au désastre. C’est pourquoi le legislateur doit veiller à fixer clairement les limites acceptable de la richesse comme de la pauvreté – Platon, La République.

     

    a-   La mesure des inégalités.

    L’analyse économique des inégalités est un domaine d’étude important mais difficile.

    En effet, en dehors de l’aspect émotionnel ne revêt cette question, on fait rapidement face à trois grandes difficultés.

    -          La première difficulté est liée à la définition même de l’inégalité.

    Il existe différents types d’inégalités économiques :

    Celles liées au revenu au patrimoine, à la consommation ou à l’accès à l’emploi.

    Il existe également de nombreuses façons de mesurer les inégalités.

    Contrairement à l’inflation ou à la croissance, il n’y a pas de façon claire de comparer différentes sociétés dans cette dimension.

    -          La deuxième difficulté tient aux origines des inégalités.

    Elles peuvent venir des capacités différentes (non choisies par les individus) ou de choix différents (dans l’arbitrage entre temps libre et travail)

    -          La troisième difficulté a trait aux conclusions normatives que l’on en tire.

    En d’autres termes, faut-il toujours combattre les inégalités ?

    Par exemple, doit-on regretter qu’un individu oisif gagne moins qu’un individu travailleur et donc que la société composée de ces deux individus soit inégale ?

     

    L’analyse économique des inégalités est complexe

    Certaines inégalités sont jouées acceptables, d’autres pas.

    Certaines inégalités sont faciles à détecter, d’autres moins.

    Certaines peuvent etre corrigés (par exemple grâce aux transferts), d’autres non (ex : le capital humain inégal entre les familles).

     

    Comment mesurer les inégalités ?

    Pour pouvoir mesurer les inégalités, il faut déjà représenter la dispersion de la variable étudiée.

    Par exemple, intéressons-nous à la dispersion du revenu total et analysons trois méthodes pour mesurer les inégalités.

     

    -          Le ratio P90/P10

    On classe les individus par ordre croissant de revenu et on les regroupe par tranche de revenu.

    On divise l’ensemble de la population en 10 classes de même taille que l’on appelle des déciles.

    Le décile inférieur, noté P10 représente les 10% de la population les plus pauvres.

    Le décile supérieur, noté P90, représente les 10% les plus riches.

    Une première mesure des inégalités : le rapport entre les limites de ces deux déciles.

    Avantage : c’est très simple à calculer et à comprendre.

    Inconvénient : on ne tient pas compte de 80% de la population.

    (Figure : ratio inter-décile en France de 1950 à 1998).

     

    -          La courbe de Lorenz

    On s’interesse ici à la répartition cumulée du revenu total.

    On additionne les revenus de la population par ordre croissant de revenu pour obtenir la part cumulée du revenu total.

    Graphiquement, en abscisse on a les individus classés par ordre de revenu croissant alors qu’en ordonnée, on a la part cumulée du revenu total.

    Si la courbe de Lorenz est une droite de pente à 45 degrés, la distribution est totalement égalitaire.

    En effet, dans ce cas, ajouter 1% de population fait croître le revenu total cumulé de 1%.

    Plus la courbe de Lorenz s’écarte de la première bissectrice, plus l’intégralité est importante.

    (Figure : courbe de Lorenz + courbe de Lorenz en 1995).

     

    -          L’indice de Gini

    Si les courbes de Loren e coupent, il n’est pas possible de les classer les distributions à partir de cette méthode.

    On utilise alors des indicateurs plus complexes comme l’indice de Gini.

    Il mesure le rapport entre d’une part l’aire de la surface comprise entre la courbe et la droite à 45 degrés et d’autre part l’aire du triangle entier.

    Plus ce rapport est élevé, plus l’inégalité est forte.

    L’indice de Gini varie entre 0 et 1

    Les pays développés ont des indices de Gini en revenu entre 0,25 et 0,30.

    Le Brésil ou la Chine ont des indices de Gini d’environ 0,45.

     

    Moins d’inégalité est-il toujours meilleur ?

    Les économistes construisent des indicateurs de bien-être social.

    Ces mesures dépendent à la fois de la moyenne du revenu (u de la consommation) et sa répartition.

    Exemple de la cote d’Ivoire dans les années 80.

    (Figure : consommation moyenne en Côte d’Ivoire.)

     

    Entre 1985 et 1986, la moyenne diminue et l’inégalité diminue également.

    On ne peut rien dire en termes de bien-être social.

    Entre 1986 et 1987, la moyenne diminue et l’inégalité augmente

    Le bien-être social a diminué.

    L’inégalité et le bien-être social sont deux concepts différents, il ne faut pas les confondre.

     

    b-  Evolution historique des inégalités en France.

    Depuis un siècle, le pouvoir d’achat moyen a été multiplié par 5.

    Cette forte augmentation du niveau de vie a eu lieu en particulier dans la deuxième moitié du XXème siècle.

    Elle s’est accompagnée d’une diminution des inégalités.

    Le rapport entre le revenu moyen du décile supérieur et le revenu moyen dans la population, on passe d’un écart de 4,5 à un écart de 3,2.

    Les écarts de revenus se sont surtout réduits dans les années 30-40.

    Les inégalités s’élargissent de 45 à 68, diminuent jusqu’en 1982-1983, pour s’élargir à nouveau légèrement.

    (Figure : part du premier décile dans la distribution des revenus en France de 1900 à 1998).

     

    La part du décile supérieur dans le revenu total (33%) est la même actuellement que la part à l’issue de la deuxième guerre mondiale.

    Elle était de 45% la veille de la première guerre mondiale.

    La réduction des inégalités de revenus est largement due aux chocs subis par les très hauts revenus du capital.

    Depuis un siècle, l’inégalité des salaires n’a pratiquement pas changé.

    Les 10% des salariés les mieux rémunérés ont toujours disposé d’un salaire en moyenne de l’ordre de 2,5 fois le salaire moyen de l’ensemble de la population.

    Pour les 1% les mieux payés, le salaire moyen atteint 6 à 7 fois le salaire moyen de l’ensemble de la population.

     

    C’est donc la dispersion des revenus du capital qui s’est réduite.

    Pour expliquer ces évolutions on a mis en avant les guerres et le rôle de l’impôt sur le revenu qui a empêché aux fortunes d’antan de se reconstituer.

    La part des plus riches a vraiment diminué dans la distribution du revenu.

    Ainsi, alors que le 1% des foyers les mieux lotis s’appropriaient 20% du revenu total au début du XXième siècle, cette part n’est plus que de 7 à 8% maintenant.

    (Figure : part des quantiles dans la distribution des revenus en France de 1900 à 1998).

     

    -          A l’étranger ?

    Le cas français est en fait assez représentatif de la situation des grands pays occidentaux

    C’est-à-dire une baisse des inégalités au XXième siècle qui est surtout marquée après les guerres mondiales.

    Cette baisse est plus forte dans les pays ayant eu à subir la guerre sur leur sol (France et surtout Allemagne) que pour les autres (Etats-Unis et Royaume-Uni).

    La croissance des inégalités françaises dans les années 1945-68 n’a pas vraiment eu d’équivalents à l’étranger, où le statu-quo a été respecté.

    En revanche, dans les pays anglo-saxons, on a assisté à une forte augmentation des inégalités depuis 25 ans.

    (Figure : inégalité de revenu : Etats-Unis, Royaume-Unis et Canada).

     

    -          Pourquoi ces évolutions ?

    Les explications de cette évolution sont nombreuses et nous les analyserons en fin de chapitre.

    1)    Le développement du commercer international et donc une dévalorisation du travail non qualifié.

    2)    Le changement technologique biaisé privilégiant la main d’œuvre qualifiée.

    Les économistes ne sont pas tous d’accord sur l’importance relative de ces deux explications possibles.

     

    -          Les inégalités en France actuellement.

    Le niveau de vie est défini par le revenu disponible ÷ par le nombre de personne dans le ménage.

    Le revenu disponible : ensemble des revenus - les prélèvements + les prestations.

    Le niveau de vie moyen mensuel s’établit à un peu plus de 1900 euros (23 556 euros annuels).

    La dispersion des niveaux de vie :

    -          Les 10% les plus modestes (P10) ont un niveau de vie disponible inférieur à 829 euros mensuels (9948 annuels)

    -          Les 10% les plus riches (P90) ont un niveau de vie supérieur à 4720 euros (56 654 euros annuels).

    On a donc un rapport inter-décile (P90/P10) un peu supérieur à 5.

    Ce rapport est stable depuis 20 ans, mais  fortement diminué depuis les années 1970.

    (Figure : distribution de revenu disponible annuel en France en 2012).

     

    Le patrimoine : il s’agit des biens immobiliers, des actifs financiers,…

    Elle (L’inégalité de patrimoine) est beaucoup plus importante que celle des revenus. Le patrimoine moyen est de 230.000 euros le médian de 113.000 euros.

    . Les 10% des plus pauvres possèdent en moyenne 1.600 euros.

    . Les 10% des plus riches possèdent en moyenne 500.000 euros.

    . Les 1% les plus riches possèdent plus de 4.000.000 euros. 

      Pour le patrimoine, l’inégalité de cycle de vie est très importante. Cela signifie qu’il y a de forts écarts entre les jeunes et les personnes plus âgées.

     

    -          La Pauvreté

      On définit un seuil de revenu en dessous duquel un individu est considéré comme pauvre. Par convention, on prend 60% du revenu médian. Cela représente 977 euros par mois en 2011. En France 8.7 millions de personnes soit 14% de la population est concernée. Le nombre de pauvres recensés dépend beaucoup de la mesure utilisée :

    . Avec un seuil à 60% de la médiane, il y a 14% de pauvres.

    . Avec un seuil à 40% de la médiane, le taux de pauvreté n’est plus que de 3%.

      La pauvreté a beaucoup diminué depuis les 40 dernières années, surtout lors des années 1970-1985. Pourtant l’impression dominante est plutôt celle d’une augmentation de la pauvreté. La pauvreté a surtout changé de nature en devenant plus visible. Autrefois rurale et âgée, la population pauvre est maintenant jeune et urbaine.

     

    -          Conclusion 

      Depuis les années 1980, de nombreux pays notamment anglo-saxons, ont vu une hausse des inégalités. Pour expliquer cette tendance : la baisse de la demande de main d’œuvre non qualifiée et au contraire la hausse de la demande de main d’œuvre qualifiée. Quelles sont les causes de ces changements dans la demande de main d’œuvre ?

    Ø  Le développement du commerce international 

      Les pays occidentaux sont en concurrence avec les nouveaux pays pour les biens utilisant une main d’œuvre non qualifiée. Cette concurrence conduit à une égalisation des prix des facteurs. C’est-à-dire une baisse des salaires comme aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Ou au développement du chômage dans les économies d’Europe continentale. Cependant, les secteurs fragilisés par ce type de concurrence ont déjà fait leurs mutations. Les flux commerciaux entre pays développés sont bien plus importants que les échanges avec les pays en développement. Si la mondialisation joue un rôle, c’est davantage à cause de la concurrence accrue dans chaque secteur entre pays relativement similaires.

    Ø  L’impact des nouvelles technologies 

      C’est l’hypothèse dite du biais technologique. Elles ont conduit à une augmentation de la demande de travail qualifié et à une baisse de la demande de travail non qualifié. On considère que le premier est complémentaire de la technologie, alors que le second est substituable. Ces nouvelles technologies ont également conduit à un changement progressif dans l’organisation du travail. D’une organisation de type tayloriste, on est passé à une organisation de type holiste où les travailleurs passent rapidement d’une tâche à une autre. Les travailleurs qualifiés peuvent plus facilement s’adapter à cette nouvelle organisation.

     

    IV)        INEGALITES ET REDISTRIBUTION

    -          Taxation et redistribution 

      Le système fiscal français est d’une grande complexité. Une grande partie de la fiscalité n’est pas à vocation redistributive. Les cotisations sociales répondent à un principe d’assurance. La taxation indirecte (TVA) est proportionnelle. Elle a pour but de financer les dépenses générales de l’Etat. Le seul élément un peu redistributif est l’impôt sur le revenu dont l’importance est assez limitée (2,5% du PIB). Moins d’un français sur deux paies cet impôt (contre 60% au début des années 80) et 25% des ménages acquittent 85% de l’impôt sur le revenu. L’impôt sur le revenu est très favorable aux familles nombreuses avec le système du quotient familial. Malgré son importance toute relative, l’impôt sur le revenu est au centre de beaucoup de débat sans doute à cause de son aspect symbolique.

      L’analyse économique de la fiscalité se concentre sur deux aspects fortement interdépendants.

     

    L’efficacité : Réussir à obtenir des recettes suffisantes à moindre coûts.

    L’équité : Mettre en place une redistribution cohérente avec les préférences de la société.

     

    Un point fondamental : les problèmes d’efficacité et d’équité ne sont pas indépendants mais au contraire fortement liés. Autrement dit, la façon de couper le gâteau affecte la taille de celui-ci. C’est le problème des incitations, notamment au travail, qui en est la cause.

     

    -          La redistribution dans le système français 

      Pour mesurer l’impact redistributif de la fiscalité, on compare la distribution du revenu primaire à la distribution du revenu disponible.

    Le revenu primaire : revenu du travail et revenu du patrimoine

    Le revenu disponible : revenu primaire + prestations reçues – prélèvements versés.

      La distribution de revenu disponible est plus égalitaire que celle de revenu primaire.

     

     

    -          L’effet de la redistribution : analyse globale.

    Figure : distribution des niveaux de vie avant t après redistribution en 2012.

     

    Sur le graphique précédent on voit clairement l’effet de la politique redistributive : la part des ménages avec un niveau de vie élevée ou faible diminue.

    La part des ménages qui ont un niveau de vie moyen augmente.

     

    (Figure : contribution des différents transferts à la réduction des inégalités de niveau de vie en 2012).

     

    -          Progressivité et poids des prélèvements et des transferts.

    La colonne (B) mesure la progressivité.

    Un prélèvement est progressif s’il représente une part croissante du revenu lorsque celui-ci augmente.

    Une prestation est progressive si sa part dans le revenu diminue à mesure que le niveau de vie initial s’accroît.

    Tous les prélèvements ne sont pas progressifs.

    L’impôt sur le revenu l’est mais les prélèvements proportionnels ne le sont pas.

    Les prestations sont généralement progressives.

     

    La colonne (A) mesure le poids du transfert dans le revenu disponible.

    Les prélèvements jouent un rôle moins important que les prestations dans la réduction des inégalités de niveau de vie.

    Ils représentent une part plus importante dans le niveau de vie des ménages mais sont bien moins progressifs que les prestations dans leur ensemble.

     

    -          Part des prélèvements et des transferts par quintile.

    Les ménages les 20% les plus pauvres reçoivent environ 35% de leurs revenus sous la forme de prestations sociales.

    Les allocations logement très ciblées jouent un rôle redistributif important.

    Les ménages les 20% les pluss riches payent environ 20% de leur revenu en prélèvements.

    L’impôt sur le revenu n’affecte significativement que le dernier quintile de la distribution.

    60% des ménages sont relativement peu affectés par la redistribution.

     

    -          Redistribution, incitations et efficacité

    Tout changement dans le système fiscal, éventuellement motivé par une volonté redistributive, modifie les propriétés du système et en particulier son efficacité.

    On parle d’une perte d’efficacité si en modifiant leur comportement les individus peuvent éviter légalement de payer une partie de l’impôt.

    Trop de redistribution conduirait à une perte d’efficacité importante.

    Les pertes d’efficacité seraient minimales si on opérait des prélèvements fiscaux non progressifs

    Les pouvoirs publics doivent donc opérer un arbitrage entre équité et efficacité.

     

    -          Taxation et efficacité

    Dans un premier système fiscal on utilise un impôt forfaitaire.

    Exemple : 1000euros par personne. Il n’existe pas de problèmes d’incitation.

    Problème : le système n’est pas très juste, les pauvres payent autant que les riches.

    Dans un second système fiscal : on utilise un impôt progressif.

    Exemple : 0 euros pour ceux qui gagne moins de 20.000 euros par an, 2000 euros pour ceux qui gagnent plus de 20.000 euros.

     

    Problème : ceux qui gagnent autour de 20.000 euros sont incités à travailler un peu moins.

    Il s’agit d’une perte d’efficacité.

    Les individus pour diminuer leur charge fiscale changent légalement leur comportement.

     

    -          La taxation optimale de la consommation

    L’objectif de la fiscalité optimale est de déterminer les taux de taxe de façon à ce que les pertes d’efficacité soient les plus faibles possibles à niveau de redistribution donné.

    L’économiste RAMSEZ a montré, dans les années 1920, que cela revient à taxer d’autant plus un bien que l’élasticité de la demande est faible.

    C’est la règle de l’élasticité inverse.

    Les taux de taxe seront efficaces s’ils n’entrainent pas de modification dans les décisions d’achat et de vente.

    Plus la demande d’un bien est élastique, plus une variation du prix unitaire va entrainer des modifications importantes de la demande.

    Une fiscalité efficace nécessite que les biens relativement les plus taxés soient ceux dont la demande est peu élastique.

    Une application de cette règle : les taxes sur le tabac, l’essence…

     

    Chapitre 3 : L’analyse des marchés  

    Dans e chapitre, on étudie le comportement des entreprises.

    Hypothèse simplificatrice de départ la concurrence pure et parfaite.

    Les firmes sont nombreuses sur un marché donné et ne peuvent influencer les conditions de l’échange.

    Les prix sont supposés être fixés de façon impersonnelle par le marché

    Par opposition : les situations de concurrence imparfaite.

    Quand une ou plusieurs firmes se partagent le marché.

    Dans ce cas, elles sont capables d’influencer le prix et les quantités effectivement échangées.

    En concurrence pure et parfaite, le prix est égal au coût marginal de production.

    En concurrence imparfaite les firmes fixent un prix supérieur au coût marginal.

    On parle de pouvoir de marché dans ce dernier cas.

    Ce pouvoir de marché leur permet d’augmenter leur profit.

     

     

    -         Quatre points principaux de l’analyse de marché.

     

    1)    Comment mesurer le pouvoir de marché (d’une firme) ?

    Le pouvoir de marché mesure la capacité d’une firme d’influencer les conditions de marché.

    On mesure l’ampleur de ce pouvoir en regardant les profits ou les marges unitaires (l’écart entre le prix et le coût marginal).

    Notons que s’il y a liberté d’entrer dans la branche, il est plus difficile pour les firmes en place d’exercer un tel pouvoir.

     

    2)    Comment les firmes acquièrent-elles leur pouvoir de marché ?

    Une façon légale ; obtenir un brevet pour un produit nouveau.

    Choisir une stratégie de prix pour exclure les concurrents en les menant à la faillite.

    Une firme peut racheter les concurrents pour diminuer la concurrence.

    C’est plus risqué car certaines lois interdisent (ou limitent) les fusions.

     

    3)    Quelles conséquences de l’existence d’un pouvoir de marché ?

    Le pouvoir de marché permet aux firmes de proposer un prix plus élevé.

    Il va transférer de la richesse des consommateurs vers les firmes.

    Un prix supérieur au coût marginal induit des inefficacités allocatives (une perte pour la société dans son ensemble) puisque certaines transactions génératrices de surplus ne sont pas réalisées.

    Les incitations  innover pour diminuer les coûts sont probablement plus faibles en l’absence de concurrence.

    Les firmes disposant d’un pouvoir de marché ont plus de moyens pour convaincre les autorités publiques que leur position est justifiée

    C’est la théorie de la recherche de rente.

     

    4)    Quelle place pour l’action publique ?

    On peut  différencier 3 types d’interventions : la régulation, l’anti-trust et la politique industrielle.

    Certaines industries sont intrinsèquement en monopole, c’est-à-dire : pour des raisons techniques et non stratégiques.

    Dans ce cas, les autorités choisissent bien souvent de les réguler.

    La régulation : fixer ou contrôler les prix (exemples : télécom, énergie).

     

    Dans les autres cas de figure, les autorités de la concurrence (DGCCRF en France, DG Concurrence à Bruxelles) veillent à éviter les abus de position dominante.

    Il s’agit de ce que l’on apelle l’anti-trust.

    Certains pays interviennent pour soutenir leur industrie nationale par des aides ou des subventions en menant une politique industrielle active.

    Même si ce type d’intervention est plus rare, certains secteurs sont encore influencés par les choix des décideurs publics.

    Exemple : l’aéronautique ou la défense.

     

    Dans ce chapitre, on met de côté les problèmes d’organisation des firmes.

    On supposera que les firmes ont des objectifs clairs, bien définis.

    On supposera egalment que chaque firme peut être considérée comme un acteur unique et non pas tiraillé par des conflits ou des divergences d’intérêt.

    On supposera que les firmes cherchent à maximise leurs profits.

     

    I)             Principes d’économie industrielle.

     

    a)   Monopole, oligopoles et concurrence.

    Il s’agit de comprendre comment une firme (ou plusieurs) peut adopter des stratégies de choix de prix ou de quantités pour maximiser son profit.

    Oligopole : quelques entreprise qui produisent et donc peuvent avoir une part de marché significative (téléphonie)

     

    Rappel des résultats standards en concurrence pure et parfaite :

    Les fîmes sont très nombreuses si bien qu’aucune n’a d’influence sur le prix.

    Les entreprises ont des coûts identiques et que les coûts marginaux sont croissants.

     

    Une entreprise est rte à offrir une unité supplémentaire si le prix de marché est supérieur au cout de production.

    La courbe d’offre des entreprises est confondue avec la courbe de cout marginale.

    Du coté des consommateurs, la demande est décroissante avec les prix.

    Dans ce cadre, avec beaucoup d’offreurs et de demandeurs, on eut déterminé le prix et la quantité concurrentielle à l’intersection des courbes d’offre et de demande.

    (Figure : surplus à l’équilibre de concurrence pure et parfaite).

     

    Sur le graphique précédent, on peut voir que dans une situation de concurrence, le surplus total crée est à on maximum.

    En effet, si on choisit un autre prix, par exemple plus haut, la quantité produite va baisser et graphiquement, on voit que le triangle situé à droite disparaît du calcul du surplus social.

    Cette diminution de surplus global n’est pas supportée de la même façon par les firmes et par les consommateurs.

     

    -          Concurrence imparfaite : le monopole

    Le monopole : quand l’ensemble des biens est fourni par une seule entreprise.

    Dans ce cas, cette entreprise contrôle les quantités mises sur le marché et donc en grande partie le prix.

    Son objectif n’est pas de maximiser le surplus social mais les profits, c’est-à-dire le triangle en dessous de la droite de prix.

     

    En décidant d’augmenter le prix au-dessus du coût marginal, la firme arbitre entre deux effets :

    1-    Une hausse des prix diminue la demande qui s’adresse à la firme,

    2-    Mais cela permet d’augmenter la marge sur chaque unité vendue.

    Ainsi, un monopole sera d’autant plus enclin à augmenter son prix que les consommateurs modifient peu leur comportement quand les prix augmentent.

    On dit dans ce cas que l’élasticité de la demande est faible.

    (Figure : surplus en situation de monopole).

     

    Le profit de l’industrie, ici réduite à une firme, est plus élevé que dans le cas de la concurrence et la production est plus faible.

    Dans le cas d’un monopole, la firme réfléchit avant de produire une unité supplémentaire car elle sait que pour la vendre, elle devra diminuer son prix (et donc sa marge) sur toutes les autres unités.

    Dans le cas de la concurrence, si une firme augmente sa production, elle ne tient pas compte de l’effet négatif sur le profit des autres entreprises.

    La production du monopole est donc plus faible et le prix plus élevée que dans le cas de la concurrence.

     

    La concurrence est le monopole constituent les extrêmes de l’ensemble des configurations de marchés possibles.

    Une situation intermédiaire d’oligopole : le cas du duopole.

    Considérons donc une situation de marché où deux entreprises se font une concurrence dite en prix.

    Il s’agit des situations où la firme qui propose le prix le plus bas récupère l’ensemble de la demande à ce prix.

    Chaque firme veut proposer un prix qui à la fois maximise sa part de marché mais également sa marge.

    Supposons que le coût marginal soit gal à 1.

    SI une des firmes propose un prix de 2, la meilleure stratégie pour l’autre est de proposer un prix légèrement inférieur (disons 1,99) pour récupérer l’ensemble de la demande tout en conservant une bonne marge.

    Anticipant ce comportement, la première firme peut vouloir proposer un prix plus faible mais celui-ci va encore être soumis  la concurrence ce de la deuxième firme.

    Où s’arrête le processus ? (quand est-ce que le prix va baisser ?)

    Lorsque le prix va être égal au coût marginal.

     

    On obtient alors un résultat un peu paradoxal, du à l’’économiste français Joseph BERTRAND à la fin du XIXème siècle :

    Un marché en duopole avec concurrence en prix conduit à ce que le prix soit égal au coût marginal.

    On retrouve la règle de prix efficace qui caractérise la concurrence pure et parfaite.

    Pourtant, il est difficile de croire que la concurrence est parfaite avec juste deux firmes.

    Il y a plusieurs façons de contourner ce résultat paradoxal et de retrouver des résultats un peu plus intuitifs.

     

    1)   Contrainte de capacité.

    Le raisonnement de BERTRAND suppose que chaque firme est capable de fournir l’ensemble du marché.

    Or, au moins à court terme, une entreprise peut rarement doubler sa production du jour au lendemain.

    Si la firme sait qu’elle ne peut pas répondre à une demande supplémentaire, elle n’a aucun intérêt à commencer une guerre des prix pour augmenter sa part de marché puisque le seul résultat sera de faire baisser la marge unitaire.

    Ainsi, dans un cadre de concurrence avec des capacités de production limitée, le prix d’équilibre sera généralement en dessous du prix de monopole mais restera supérieur au prix de concurrence pure et parfaite.

     

    2)   Différenciation des produits

    On a supposé que les biens vendus par les deux entreprises étaient parfaitement substituables pour les consommateurs.

    On dit dans ce cas que les biens sont parfaitement homogènes.

    Les entreprises peuvent en fait adopter des stratégies de différenciation :

    Différenciation verticale : certains biens sont meilleurs que d’autres : IPod vs Lecteur MP3 classique.

    Différenciation horizontale : les biens sont justes différents : Renault vs Peugeot.

     

    Proposer un produit un peu différent permet d’avoir un certain pouvoir de marché.

    Pour les consommateurs qui apprécient les caractéristiques du bien d’une firme, cette firme peut proposer un prix supérieur au coût marginal puisque son concurrent n’est pas direct.

    Plus les biens sont différents de ceux des autres, plus la concurrence est faible et plus la position s’apparente à celle d’un monopole.

    La structure de marché, le nombre de firmes, mais également la technologie de production et la nature des biens vendus déterminent le degré de concurrence réelle sur un marché.

     

    II)           Le droit de la concurrence.

    a)   Présentation générale.

     

    L’un des piliers de la construction européenne.

    Il traduit la volonté de créer une économie de marché ouverte, où doit régner une concurrence libre et non faussée.

    Le droit de la concurrence a un double objectif :

    1)    Préserver le libre fonctionnement du marché.

    2)    Promouvoir l’ouverture des marchés nationaux dans le cadre de la réalisation du marché commun.

     

    Le champ d’application du droit de la concurrence n’a pas cessé de s’étendre.

    Deux raisons principales :

    1)    La libéralisation de nouveaux secteurs auparavant dominés par des monopoles historiques.

    Exemple : gaz et électricité, télécommunication.

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