• HISTOIRE DE LA SOCIOLOGIE

    Introduction :

     

    La sociologie se caractérise par une connaissance rationnelle. Pour ce faire, les sciences humaines empruntent des outils intellectuels aux sciences de la nature. Cette caractéristique est vraiment un mimétisme formel avec les sciences de la nature. La sociologie est une discipline à prétention scientifique même si naturellement elle ne peut pas aboutir aux mêmes degrés de scientificité, de rationalité que les sciences de la nature. 

     

    Comment s’est constituée la sociologie en tant que discipline scientifique ?

     

    è Auguste Comte (1798-1857) : un des premiers à vouloir constituer un domaine de connaissance scientifique autonome sur le social. 

    o   Définit les trois états théoriques (théologique, métaphysique et positif) et nous sommes actuellement dans ce troisième stade.

    o   La physique sociale. Analogie avec les sciences de la nature. Science des corps inorganisé (bio, physique etc.) et science des corps organisé (social). 

    è Le problème est que tout le monde sait quelque chose sur la société, tout le monde a une connaissance sur le social (observation des comportements, réactions sociales, et sources d’informations par les médias du social). Qu’est-ce qui distingue ce savoir vulgaire de la sociologie à proprement parler ? La sociologie se fonde sur trois choses : 

    o   Utilisation de la pensée abstraite, à travers la construction de théories 

    o   Exercice d’une démarche empirique (enquêtes qualitatives, quantitatives etc.) Démarche empirique dans les sciences de la nature -> expérimentation En sociologie, on n’en fait pas. 

    o   Exercice d’un regard critique Le regard critique consiste à mettre en doute la somme des connaissances étant amassés. 

     

    Pensée abstraite : Tout d’abord la pensée abstraite consiste à théoriser le social. Elle se caractérise par la théorie. Cela peut paraitre paradoxale que la pensée scientifique se repose sur la pensée abstraite pour rendre compte deux phénomènes à priori concrets.

    Une théorie (=theoria : action d’observer), (=recherche spéculative)

     

    Théorie selon Raymond Boudon et François Borrico dans le dictionnaire sociologique : « ensemble de propositions faisant système d’où il soit possible de tirer des conséquences justiciables d’une confrontation avec des données d’observation. » Construire une hypothèse ou un ensemble d’hypothèses et les confronter avec les faits observés, soit à travers une expérimentation ou soit une démarche empirique. On est déjà dans l’ordre de la pensée théorique. 

     

    Théorie selon R : « système structuré d’hypothèses à vocation explicative ». 

    Qu’est-ce qu’une hypothèse ? On explique un phénomène mais cette explication est provisoire car en attente de confirmation, soit par la démarche expérimentale ou empirique. Une explication provisoire qui doit être soumise au contrôle de l’expérience. Donc l’hypothèse est un outil intellectuel de la boîte à outils (la théorie) permettant de scientifiser, une élaboration intellectuelle et rationnelle. On confronte l’hypothèse à l’expérience ou à la démarche empirique et celle-ci va permettre de confirmer ou infirmer l’hypothèse. Tout d’abord les phénomènes n’ont pas les mêmes invariances que les sciences de la nature. Par définition, les sociétés bougent, se transforment etc. donc pas de lois intangibles. Il n’y a pas d’objectivité absolue en sciences humaines. On va parler de démarche objectivant. La sociologie ne peut que copier la rationalité formelle des sciences de la nature, sans pouvoir parvenir aux mêmes degrés de rationalité. Comment on élabore une problématique ? A partir de l’observation d’un phénomène, une pré-enquête, on émet une hypothèse, on explique. Bien souvent, les théories s’inscrivent dans des paradigmes (une métathéorie, explication d’ensemble du social). 

     

    Concept : représentation d’un phénomène qu’on va observer. Elle se distingue de la notion car celui-ci est opératoire. Représentation mental d’un objet. Il sert à organiser les connaissances autour de l’objet du phénomène de la situation étudiée, c’est ce qui lui donne sa dimension opératoire. Le concept est ce qui structure l’hypothèse. Un concept peut désigner des groupes d’individus, un individu concret, des processus (ex : concept d’anomie de Durkheim). (Ex : accès aux soins médicaux dépend de la classe sociale à laquelle on appartient) 

     

     

    Marx : Classe sociale et ses critiques

     

    1) La notion de classe sociale existait largement avant la théorie faite par Marx. Pan théorique traitant la classe sociale notamment en Philosophie. Classe sociale selon Platon, société spartiate : classe des familles riches et celles des familles pauvres. La société d’ancien régime divisée en grandes catégories sociales (3) : clergé, noblesse, tiers-état. 

    L’aristocratie repose sur sa naissance. En grec « aristocratia » : le gouvernement des meilleurs, par les meilleurs. Ce terme désigne un certain arbitraire quant aux critères pour désigner les meilleurs, car dans ce contexte, les meilleurs sont désignés en fonction de leur naissance et non de leurs capacités. Remise en cause par Marx.

     

    Saint Simon : s’oppose aux « anciennes castes » des sociétés de l’ancien régime (noblesse et clergé). Elles ont perdues toute légitimité et vouée à disparaitre. Et à ces deux castes, il oppose la classe industrielle regroupant toutes les catégories professionnelles qui participent à la production et la circulation des biens. Selon lui, cette classe industrielle est mue par une certaine cohésion, et d’ailleurs il parle « d’associé » même si cette classe est traversée par des hiérarchies. Alors les différentes composantes de cette classe industrielle exercent la hiérarchie sociale en vertu de leurs capacités. C’est finalement une société ou on exerce le pourvoir en fonction des mérites. D’ailleurs dans la future société indus qu’il projette dans l’avenir, 3 catégories qui vont prendre leur ressort : propriétaires des manufactures, savants et artistes. Dimension quasi utopique. 

     

    Marx : opposition à Saint Simon. Il voit la classe industrielle : la nouvelle contradiction de la société industrielle. Vision complètement différentes : cette classe indus est éclatée entre deux pôles antagonistes => bourgeoisie et prolétariat. Notion de plus-value. Les critères de la domination politique ne reposent plus sur la naissance (comme dans société de l’ancien régime) mais sur les critères socio-éco. 

     

    2) Question de l’idéologie. Permet de regarder dans son œuvre ce qui tient de la science, projet scientifique et ce qui tient dans le projet politique. La notion d’idéologie est indissociable de la notion de classe sociale. Dans le mode de production, mode de reproduction capitaliste structure l’ensemble des rapports sociaux. La domination politique ne fait que traduire la domination éco. La domination politique n’est que le reflet de la domination éco. 

     

    Infrastructure : rapport de production, force de production / Superstructure : modes d’organisation de la société. 

    L’infrastructure détermine la superstructure. La classe qui dispose des moyens de la production matérielle dispose du même coup des moyens de la production intellectuelle. Ce que nous dit Marx, c’est que l’apologie de la propriété privée, la doctrine des droits de l’homme, sont tributaires d’une phase particulière de l’histoire => production capitaliste. Elles sont constitutives de l’idéologie de la classe dominante. Marx explique qu’il faut revenir sur l’explication de la révolution française. Pas une révolution populaire mais bourgeoise. Pour lui la bourgeoisie a voulu intégrer les rangs de l’aristocratie, participé au pouvoir, en achetant les richesses que lui vendrait l’aristocratie. 

    Ne pouvant intégrer les rangs de l’aristo, la bourgeoisie a tenu un discours sur l’égalité (lumières). Elle a finalement organisé la révolution de façon à pouvoir accéder au pouvoir. Pour Marx, les classes sociales n’existent que dans des rapports de classe, dans les luttes de classes plus précisément. Nous avons deux dimensions pour définir une classe sociale : situation éco d’un côté (la place qu’on occupe dans le processus de production) et de l’autre la capacité à s’ériger au mouvement politique. Et donc c’est dans cette deuxième définition que Marx introduit la notion de « conscience de classe ».

     

    Toute idéologie cherche à se faire passer pour la réalité. Or Marx dit que les idéologies ne sont que des représentations de la réalité, et donc tributaires de l’imagination et donc elles déforment nécessairement la réalité. A ce titre, l’état est un appareil au service de la classe dominante. La bourgeoisie n’a pas forcément conscience de ce rapport de domination, ignore qu’elle tient un discours idéologique. Elle pense se conformer à la réalité. Détruire les fondements matériels de la domination, s’attaquer à l’infrastructure, et non à la superstructure. Il ne s’agit pas de s’emparer du pouvoir mais contrôler les rapports de production. 

     

    Il est illusoire une analyse purement scientifique du social. Une multitude de sous-ensemble rendant l’étude du phénomène particulièrement complexe pouvant avoir des intérêts contradictoires.

    La conscience de classe ne mène pas forcément à l’action révolutionnaire. L’intérêt de classe est loin d’être la seule motivation idéologique. Beaucoup plus complexe que ça.

    La révolution n’est pas nécessairement le moteur de l’histoire. La révolution prolétarienne n’a pas structuré l’histoire politique des 19ème et 20ème siècles. 

     

    Tocqueville : se pose une question dans l’ancien régime et la révolution. Pourquoi la France a-t-elle connu une révolution et non les autres pays ? Il compare les situations en France et GB. Celle-ci a intégré dans ses rangs des individus issus de la bourgeoisie, s’est enrichie de cette ascension et ça lui a permis de couper court à la contestation. Mais surtout là où il s’écarte de Marx : développement de la société industrielle, classes moyennes. Processus de déprolétarisation de la société. Ce n’est pas sur l’égalité matérielle mais l’égalité juridique. 

     

    3) L’approche nominaliste de Max Weber. Il critique la vision Marxiste qui voit une classe sociale à l’image d’une communauté soudée. Alors pour lui il y a d’autres dimensions à prendre en compte comme le statut social. 

    ð  4 choses : naissance, profession, instruction, et style de vie

    Statut et classe sociale ne coïncident pas nécessairement. Et donc l’action politique organisée d’une classe sociale a d’autant plus de chance d’aboutir que la classe est confondue (cas des ouvriers).

     

    Les nouveaux axes des classes sociales aujourd’hui reposent moins sur la domination matérielle.

     

    Durkheim : La question religieuse

     

    Rappel de la méthodologie de Durkheim : autour de deux aspects essentiels : dans en premier temps la sociologie du crime (la criminalité) => Qu’est-ce que le crime pour la sociologie ? 

    Durkheim s’inscrit dans la ligné d’Auguste Comte et s’en dégage sur plusieurs points. Il a fortement contribué à inscrire la sociologie dans une démarche scientifique. Pour se faire Durkheim a recours à des sciences auxiliaire de la sociologie : histoire, droit, statistique, l’ethnologie pour valider ses hypothèses.

    Rappel méthodologique : l’organicisme de Durkheim, il s’inspire de la biologie mais d’un point de vue formel. C’est-à-dire d’un point de vue à la fois méthodologique et métaphorique. Par exemple analyser les fonctions des faits sociaux. Distinction entre le normal et le pathologique, recherche de lois, affirmation de l’évolution du simple au complexe. Chez D. la société s’apparente à un organisme, à une cellule, on parle de corps social. Et ce corps social fonctionne à l’image d’un organisme vivant. Avec le principe que le tout est plus important que les parties qui le composent. Il distingue naturellement les manifestations sociales de la biologie, D. a été un des premiers à réfuter les thèses de la raciologie (= très populaires à cette époque, établissait un lien de cause à effet entre manifestation sociales et l’appartenance à telle ou telle race)=> Si elle se comporte de cette manière c’est parce qu’elle est de telle race, la causalité et raciale et donc biologique. => c’est un des premier à s’opposer à se raciologisme biologique. 

    Le contexte politique, social à la fin du 19e => L’impact politique social de l’affaire Dreyfus, 

    Un capitaine de l’armée française est accusé à tort d’espionnage au profit de l’Allemagne, la France va se scinder entre les Dreyfusards ses partisans, et les anti dreyfusards ce qui mettait en avant sa culpabilité.

    Construction de l’extrême droite : Maurice barres disait à propos de la culpabilité de Dreyfus. Il disait que Dreyfus soit coupable je le déduit de sa race. La causalité est porté sur la dimension raciologique. Car il est juif il est forcément coupable.

     

    On a tout un courant politique et… le prima de l’intuition sur la rationalité. => L’intuition du rejet de la différence. Les dreyfusards vont eux mettre en avant la rationalité. On a un affrontement autant politique qu’épistémologique. Durkheim est un intellectuel dreyfusard qui a milité sur le prima de la raison sur l’intuition.

    Les faits sociaux sont extérieurs aux consciences individuelles mais ils ne sont pas sans exercer une contrainte sur ces consciences individuelles. Ils se manifestent à travers l’autorité morale.= Cad les règles de la morale qui contraignent la conduite des individus.

    Exemple du crime : qui est assez emblématique pour décrypté la méthodo de Durkheim, il s’agit pas s’attacher au motivation individuelles, mais il s’agit d’étudier le crime à travers ses manifestations sociales. Il s’attache tout d’abord à définir le crime, qu’est ce qu’un crime sociologiquement, cette question est plus complexe qu’il n’y paraît.

    Premier écueil : le crime n’est pas perçue de la même manière selon les sociétés, elle varie. Ce qui est considéré comme un crime dans une société ne l’est pas nécessairement dans une autre. Donc ça n’est pas l’acte en lui même qui permet de définir le crime (le fait de tuer, de blesser…).

    Ce qui permet de définir le crime c’est l’interprétation sociale qui est faite de ce crime. Etudier sociologiquement le crime permet de mettre en lumière les règles juridiques et morales des sociétés, le droit étant une institutionnalisation de la morale.

    Ces règles juridiques, morales préexistes aux individus, dans notre société l’interdiction de tuer préexiste aux individus et leur survis.

    ð  Le principe du fait sociale c’est qu’il existe en dehors des individus, en dehors de la psyché individuelle.

    ð  Et donc elles sont transmises par l’éducation

     

    Durkheim va plus loin en essayant de déterminer la fonction du crime :

    ð  Le crime à pour fonction de rappeler la discipline collective. Cad c’est lorsque les règles sont enfreintes qu’on rappelle la nécessité de ces règles, l’impératif de ces règles. C’est ce qui fait dire à D. qu’il n’existe pas de société sans crime, une société sans crime est impossible d’après lui. Le crime est nécessaire.

    ð  Ce qui fait une société c’est le fait qu’on ait des règles communes, et elles sont rappelées aux individus lorsqu’elles sont transgressées. Cela permet de rappeler le bien fondé des règles.

    ð  Durkheim dans le Suicide « le crime est nécessaire, il ne peut pas ne pas être… » « le crime est un élément normal dans chaque société » normal jusqu’à un certain point lorsque le crime a une dimension très importante cela sera révélateur de pathologie. Le crime est nécessaire au bon fonctionnement des sociétés.

     

    La démarche pour étudier les faits sociaux :

    ð  Ecarter toute tentation psychologisante et toute prétention philosophique

    ð  Il faut partir des choses pour arriver aux idées et non l’inverse. Ce qui prime se sont les choses (= les faits sociaux). A partir des choses ont peut arriver aux concepts, aux théories, au analyses.

    ð  6 règles relatives à l’observation des faits sociaux : les deux dernières : la 5ème règle : on explique un fait social par un autre fait social. 

    On n’explique pas un fait social par une somme de comportement individuel. (Exemple l’appartenance religieuse, il explique taux de suicide (qui est un fait social) à travers un autre fait social l’appartenance religieuse)

    6e règle= l’administration de la preuve à partir de la méthode comparative cad ce que D. appelle les variations concomitante, c’est le processus qui consiste à établir une corrélation entre le taux de suicide et l’appartenance religieuse.  Les protestants se suicident plus que les catholique => variation concomitante. 

     

    Autre règle sociologique : l’Approche Génétique.

     

    Durkheim s’en inspire dans son étude de la religion. Pour comprendre la religion il faut revenir aux sources de la religion, à l’origine de la religion et donc il faut partir des religions les plus anciennes afin de comprendre leur logique afin de comprendre la logique des religions qui sont plus proches de nous. Dans « Les formes élémentaires de la vie religieuse » qui constitue son dernier ouvrage. Il par du principe qu’il faut comprendre la religion la plus simple, la plus primitive. Il va aller chercher cette institution primitive, dans les stés aborigène d’Australie. Il s’est inspiré de travaux ethnographiques de seconde main pour faire son travail.

     

    D. essaye de part sa méthode de définir la religion, et trouver une def de la religion qui conviennent à toutes les religion. Il se demande tout d’abord, est ce que c’est une croyance en une divinité ? Or il arrive à la conclusion qu’il existe des religion sans dieu comme dans le bouddhisme où il n’y a pas de divinité. 

    Ccl la notion de divinité ne suffit pas.

    Ensuite il met en avant la croyance en des phénomènes surnaturels, or nous dit D. croire en des phénomène surnaturels suppose que le fasse déjà une distinction entre le naturel et le surnaturel. Ce qui suppose qu’on puisse penser de manière scientifique et positive ce qui n’apparaît que tardivement. Donc cette définition n’est pas correcte.

     

    La définition que retient D. : Toutes les religions sont une distinction entre deux monde le sacré et le profane. Le sacré d’un côté, le profane de l’autre. Profane = le monde ordinaire des H. 

    Le monde sacré qui peut être le monde des Dieux… Ces 2 mondes cohabitent et on peut passer de l’un à l’autre. Ces deux entités ne se mélangent cependant jamais.

    Et toutes les religions font cette distinction.

     

    Le Totémisme des société aborigène australienne = ce sont les religions les plus ancienne les plus simples qu’à connu l’humanité. => on retrouve une trace gênante de l’évolutionnisme (L. Strauss en fait donc une critique). Dans son analyse de ces sociétés, ils utilise deux éléments fondamentaux : le clan, et le totem. 

    Le clan = c’est un groupe de parenté qui n’est pas constitué par des liens de consanguinité. Ce clan se perçoit comme étant issue d’une plante ou d’un animal. Et c’est cette plante ou animal qui constitue le Totem du clan.

     

    Chaque clan se distingue par son totem et chaque totem a son emblème. Cela peut être des objets divers : morceaux de bois, pierre polies…

    Ces objets sont des transfigurations du totem, ils incarnent le totem. Le totem détermine des comportements d’ordres religieux en ce sens que le totem est vénéré.

     

    Le totem incarne 2 choses : d’une part le sacré, et d’autre part le clan.

    Le sacré et la collectivité sont indissociables.

     

    Le sacré est collectif, et la collectivité est sacrée. => c’est ce qui dépasse les individus et ce qui est supérieur aux individus.

     

    Lorsqu’il rende un culte à leur totem ils le rendent à leur société=> ce culte c’est ce qui permet à la collectivité d’exister. La société de ce point de vu là est objet de culte.

    La collectivité éveille en nous le sentiment du sacré. Et cela vaut également dans le domaine profane.

     

    Dans certaines situations sociales : guerres, crimes. Les individus sont transportés par des impératifs qui les dépassent et auxquels ils se soumettent.  De la même façon certaines entités profanes peuvent être investit d’une dimension sacré = le sacré profane d’après D.

     

    Par exemple le culte rendu à la nation, à la patrie s’apparente à un culte religieux, et il situe le registre de ce culte dans les religions primitives. A travers sont étude des religions, de cette dimension sacré et collectives, il s’intéresse à deux éléments qui permettent de les saisir : les symboles, bcp de conduites sociales s’adressent non pas aux choses elles-mêmes mais aux symboles des choses. (cad aux objets qui représentent les choses). 

     

    Il prend l’exemple du catholicisme avec le culte rendue à la Vierge, il est souvent exercé face à une statut de la Vierge, cette statut est donc par elle même sacré. Elle n’est pas un objet désincarné, elle est un objet de sacré. S’attaquer à un objet religieux c’est s’attaqué à la collectivité. Beaucoup de symbole profane est investit de sacré comme le drapeau national qui a une dimension à la fois sacrée et collective. => Transfiguration de la collectivité, il fonctionne comme un objet de culte, de religion.

     

    Les rites permettent de préserver la communauté, la collectivité, de maintenir l’appartenance au groupe. Il y a 3 sortes de rites=

    ·         Les rites négatifs = les interdits alimentaires, de toucher

    ·         Les rites positifs = les communions qui visent à la fécondité

    ·         Les rites d’expiation 

    La fonction du rite encore une fois est de faire vivre la collectivité. Exemple le 114 juillet rite profane mais qui a travers une dimension sociale et symbolique permet de rendre un culte à la collectivité et qui se situe dans la religion, et dans les religions primitives.

     

    ð  La société est amenée à créer du sacré pour exister en tant que collectivité. Ce qui fait dire à D. à l’origine de toute vie sociale il y a la religion ou ne serait ce que du religieux.

    Weber : 

     

    Problématique tradition modernité

    Sur cette problématique de l’articulation tradition et modernité, weber est incontournable car il est le premier à la conceptualisé et cela permet d’appréhender les spécificités et les cadres de la modernité. Sa conceptualisation est toujours d’actualité.

    Pour conclure, ce sont des problématiques auxquelles ont peut être confrontés en sciences humaines.

    Bref retour sur la sociologie de Weber = Pour Max Weber les faits sociaux ne peuvent être saisis que par la subjectivité des acteurs sociaux. C’est ce qui le distingue de Durkheim qui proscrit toute aide de la psychologie. 

    Cela implique deux choses : il faut cerner les représentations des acteurs notamment comment les acteurs se représentent tel ou tel phénomène social. Et partant de ces représentations comment ils élaborent leurs actions. Il faut distinguer les fins visées par les acteurs. Les finalités visées par les acteurs, et quelles actions les acteurs mettent en place pour atteindre ces fins. Cela revient à cerner les logiques d’action des acteurs sociaux. 

    ð  On peut dés lors mesurer si une action est rationnelle par finalité ou par valeur. (finalité = adéquation entre les moyens et les fins, et rationnelle par valeur = les actions sont conformes à certaines valeurs.)

    (cf L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, la rationalité des calvinistes du 17es et rationnelle par rapport à leur conception de la prédestination.

    Prédestination = Dieu à déjà choisi ses élu, on ne peut pas infléchir cette décision. Mais je peux obtenir des signes me permettant de savoir si je serai sauvé ou pas. Un des signes c’est en participant à la gloire de Dieu. = En faisant fructifier le monde ici bas. On a une rationalité de la conduite par rapport à une certaine valeur.

    La socio de Weber dit socio compréhensive, socio interprétative. Contrairement à la socio explicative de Durkheim, qui est elle extérieur aux consciences individuelles.

    Problématique spécifique : articulation entre tradition et modernité

    Qui est un moyen de Weber d’interpréter, comprendre les spécificités sociologiques de la modernité.

    La modernité émerge philosophiquement avec les lumières cad au 17e et 18e siècle. 

    Et émergence politique de la modernité avec en Europe la révolution française de 1789. Cad le passage d’un régime politique traditionnel à un régime moderne.

    ð  cela entraine un bouleversement des institutions politiques mais aussi des institutions religieuses.

    (=> Exemple = Début 19e Napoléon fait enfermé le pape pour le forcer à signer  ) 

    La modernité c’est synonyme de changement permanent. Mais naturellement la modernité ne prends son sens que par rapport à son anti thèse qui est la tradition, les deux concepts sont indissociables. On ne peut penser la modernité que par rapport à la tradition, et inversement.

     

     

    Deuxième point : les sociétés modernes sont toujours composées de tradition, d’éléments traditionnels. Il n’existe pas de société moderne pure. C’est tout le travail de Weber de conceptualisé ces deux dimension afin d’en faire des concepts opératoires permettant de dégager les spécificités tantôt de la modernité tantôt de la tradition.

     

    I Le principe de rationalisation

    Pour le comprendre il faut revenir à l’éthique protestante de weber. Dans cet ouvrage il essaye de saisir l’ethos des entrepreneurs calvinistes vivant aux Pays Bas au 17e s. Saisir l’ethos cad saisir les représentations et les logiques d’actions de ces entrepreneurs. Weber démontre bien qu’il existait des systèmes capitalistes avant son avènement. 

    La particularité du capitalisme moderne, c’est sont très haut degré de rationalité. Et d’où vient cette rationalité extrême du capitalisme qui va se diffuser d’abord économique et ensuite dans toutes les autres sphères à la techno à la science etc.

    A l’origine de cette rationalité éco il y a une rationalité spirituelle. Cette rationalité spirituelle part du protestantisme, et donc d’une critique du catholicisme et notamment d’une certaine

    Cette rationalisation en quoi consiste-t-elle véritablement ?

    ð  La rationalisation de la pensée en tant que telle chez Weber n’est pas synonyme de modernité chez Weber. La rationalisation, Weber parle également d’intellectualisation, n’est pas l’apanage de la pensée occidentale moderne. La rationalisation caractérise également le mode de pensée des sociétés traditionnelles.

    Qu’est ce qu’une pensée rationnelle ? A partir de quand on la considère comme telle ?

    ð  A partir du moment où il y a adéquation entre les fins visées, et les moyens qui sont mis en place pour atteindre ces fins. Ce type de rationalité c’est la caractéristique de toute pensée humaine, que toute pensée humaine respecte. = toute pensée humaine est opératoire.

    Julien Freund = Qui synthétise la pensée de Weber. Freund dit que la magie est un mode de pensée rationnel. Cad que les moyens qu’elle emploie bien qu’ils soient de l’ordre du merveilleux, de l’extraordinaire, sont en adéquation avec les fins qui sont visées. Et ce qu’il s’agisse de sorcellerie, invocation des esprits. (cf Jeanne Favret-Saada)

     

    Le mode de raisonnement proprement scientifique n’est même pas l’apanage des sociétés modernes occidentales. Strauss dans la pensée sauvage il indique que les réalisations techniques des sociétés primitives nécessitent un mode de pensée proprement scientifique.

    La science n’est pas le propre des sociétés modernes occidentales. La pensée expérimentale se trouve dans les réalisations tech. Des sociétés primitives.

    Qu’est-ce qui caractérise la modernité ?

    Questionnement central de Weber. Il reprend cette problématique dans le savant et le politique petit ouvrage.

    => La spécificité = c’est le désenchantement du monde. Le propre de la rationalisation des sociétés modernes, ce que Weber appelle la rationalisation moderne = c’est justement de rejeter les systèmes traditionnels d’interprétation du monde : qu’il s’agisse de la magie du mythe ou de la religion. Le propre de la rationalisation) moderne)

    Weber va même jusqu’à parler d’intolérance, la modernité est intolérante vis à vis de ces systèmes traditionnels d’interprétations du monde. Dans les sociétés modernes le monde est désormais exclusivement appréhendé à travers les disciplines scientifiques et techniques.

    Deux buts à cela =

    * maîtriser les éléments

    ·         Et accroître les rendements

    « Il ne s’agit plus comme le sauvage qui croit à ces puissance sacrés (…) mais de recourir à la technique et à la prévision.. » Cette mise à l’écart de ces système traditionnels d’interprétation du monde, c’est ce que Weber appelle le désenchantement du monde, c’est ce que Weber appelle la rationalisation moderne. Pourquoi ce terme de désenchantement ?

    (Weber s’est bcp inspiré de Nietzche) => Cette rationalisation moderne aboutit à un paradoxe : c’est le fait que cette maîtrise scientifique des connaissances n’accroît pas notre connaissance du monde.

    Les techniques scientifiques se multiplient et se complexifient sans cesse. Ce qui fait qu’elles deviennent accessibles à un nombre toujours plus restreint d’individus. Ce qui fait que de moins en moins d’individus sont capables de saisir l’étendue de la pensée scientifique. Weber nous dit que nous vivons dans un monde dans lequel nous ne sommes pas capable de comprendre, de saisir, le fonctionnement.

    (On est incapable de comprendre le fonctionnement des téléphones portables)

    Notre quotidien ne fait plus sens contrairement aux acteurs des sociétés primitives qui eux connaissent comprennent le fonctionnement de leurs outils.

     

    C’est ça le grand paradoxe de la rationalité moderne. Si on se place du point de vue de l’humanité globale  la science permet de mieux comprendre le monde. Mais si on part des individus, la science ne permet pas de mieux comprendre le monde. => du point de vue de l’individu cela ne fonctionne plus totalement.

    Le sens c’est la dimension centrale des pensées traditionnelles (mythe, magie, religion). Cad que les pensées traditionnelles répondent aux grandes questions existentielles et métaphysiques de l’humanité. La finitude de l’individu = la mort que la science n’explique pas.

    La bio diagnostic la mort mais qu’est ce que la mort, comment l’interpréter.

    De même pour la souffrance humaine = donner une explication globale lui donner du sens, la pensée scientifique en est incapable contrairement à la religion.

    La religion apporte du sens à ces questions existentielles contrairement à la science.

    La religion donne une explication à la mort. Du coup la vie prend sens par rapport à cette explication de ce qu’est la vie. (Même si Weber n’est absolument pas religieux).

    Cela ne veut pas dire pour autant que la religion disparaît dans les sociétés modernes, mais les religions restent cantonnées à leur espace institutionnel. Autrefois la religion avait des incidence sur l’ensemble de la vie sociale = la politique était déterminée par la religion.

    François André Isambert, c’est le processus qu’on appelle la sécularisation c’est à dire de séparation du spirituel et du temporel. Dans les stés traditionnelles la religion à un impact très fort sur l’institution politique, dans les sociétés sécularisées la religion n’a plus qu’un impact mineur sur les institutions politiques. Mais pour autant, on constate un processus de désenchantement. Processus de vacances du sens peut avoir un double effet : d’une part un  processus de retour vers des pensées traditionnel par exemple un retour vers la religion. 

     

     

    Certaines productions intellectuelles séculaires peuvent revêtir une forme de sacré. Comme par exemple = Durkheim qui interprètent toute la dimension sacré de la République, la révolution française comme besoin de sacré, besoin de sens. Beaucoup d’idéologies politiques modernes peuvent être investit d’une dimension sacrée.

    Certaines idées centrales de la philo des lumières peuvent être des formes sécularisées des grandes religions monothéistes. Comme le dit François André Isambert, on observe une mutation religieuse de la société en même temps qu’on observe une mutation sociale des religions. Il ne s’agit d’opposer religion et modernité, ni d’opposer tradition et modernité. Mais plutôt d’envisager un processus complexe qui voit des recompositions traditionnelles dans des espaces modernes. Et des recompositions modernes dans des espaces traditionnels.

    Ecole de Chicago :

     

    Courant sociologique qui a donné des travaux entre les années 1915-1940.

    Ecole de  Chicago (1930) de façon rétrospective pour désigner ce courant sociologique. Ce courant se distingue par deux choses essentielles :

    - le développement des techniques d'enquêtes qualitatives

    - le développement de la sociologie urbaine

     

    Les origines :

    - L'université de Chicago est créée en 1890, accueille les premiers étudiants en 1892. Le département de sociologie de l'université est créé dès 1892 par un des premiers sociologues américains Albion Small. Il n'a pas eu une production étonnante de sociologie mais instaure ce primat accordé au terrain, nécessité d'aller sur le terrain, d'observer ce qui se passe. Il disait que les étudiants ne devaient pas s'adonner à la réflexion théorique de "fauteuil". S'intéresse de l'habitat dans les relations sociales. Il encourage ses étudiants à observer les communautés dans lesquels il vit, de faire des monographies, à dresser des cartes de leur environnement. C'est lui qui décide d'utiliser la ville de Chicago comme objet de terrain privilégié. Il crée en 1895 : « American Journal of Sociology », un an avant "L'année sociologique" de Durkheim. 

    La ville de Chicago concentre toutes les problématiques urbaines que connaissent les Etats Unis. Phénomène d'expansion urbaine absolument sans précédent. Ce développement génère et est généré par un mouvement migratoire énorme, d'une part du Middle-west mais aussi immigration européenne.

    En 1900 plus de moitié de la population de la ville est né hors des E-U. Chicago est une ville industrielle, capitale de l'industrie aux E-U. C'est une ville qui connait des émeutes, grèves ouvrières et également apparaissent les premiers gratte-ciels, avec notamment la fameuse "Ecole de Chicago", qui sera en amont avec ce courant.

     

    Les sociologues de l’école de Chicago sont attirés par deux aspects :

    - pragmatique (comprendre l'ordre social et éventuellement y apporter des remèdes, grâce à des travailleurs sociaux, et d'autre part

    - s'inscrire dans une dimension proprement scientifique)

    La ville comme intérêt sociologique n'apparait pas avec l'Ecole de Chicago. Marx s'est beaucoup intéressé à cette ville car elle est le lieu du développement industriel, et l'emblème du développement capitaliste. Durkheim aussi, car pour lui, c'est le lieu où se développe l'individualisme, le lieu de l'anomie par excellence, solidarité organique. Weber, la ville c'est d'une part le lieu du centralisme bureaucratique (ou se centralise le pouvoir  moderne) mais c'est aussi dans les villes où se développement les champs éco, capitalisme. 

    -> Georges Simmel : sociologue européen. La ville constitue le passage d'un mode de vie communautaire, rural, traditionnel à un mode de vie anonyme, individualiste et mode de vie de masse, regroupement de masse. 

     

    Sa théorie urbaine : en ville, les individus sont décomposés en plusieurs sous-identités. Dans la ville, les individus sont soumis à un double processus, c'est-à-dire d'une part à une très grande proximité géographique mais en même temps une très forte distance sociale. Il va avoir une très grande influence des sociologues de l'Ecole de Chicago, et certains ont même suivi ses cours en Allemagne.

     

    Les méthodes de recherches de cette école :

    Interactionnisme symbolique : un des grands instigateurs Georges Herbert Mead (1863 -1931), qui était enseignant chercheur à l'université de Chicago. Philosophe de formation. Pour lui les activités sociales ne peuvent être saisies qu'à travers les interactions qui se nouent entre les acteurs. Il faut selon lui, partir des interactions, de la conception que les acteurs se font du monde social. Dénomination postérieure car elle va être utilisé bien après la mort de Mead. Influence considérable sur le courant sociologique de l'Ecole de Chicago. Influence notamment sur les techniques d'investigations sur le terrain. 

    C'est véritablement l'Ecole de Chicago qui va développer les techniques du terrain (interview, observation participante et non partisante, témoignages, autobiographies, correspondance privée qui peut être source empirique)

    Récits de vies : Suzerland, qui a fait une recherche sur les voleurs professionnels, en faisant beaucoup de récits de vie des voleurs qu'il a rencontrés à Chicago.

    Premières expérimentations de l'observation participante avec deux modes :

    -> Observation participante cachée ou couverte (le chercheur ne révèle pas son identité. Ne se fait plus pour problèmes de déontologie)

    -> Observation participante à découvert (il révèle)

    En ce qui concerne la déontologie justement, Robert Park stipule qu'il doit y avoir une frontière entre le chercheur et son objet, c.-à-d. que le chercheur ne doit pas interagir avec son objet de recherche. Il ne faut pas interagir avec l'objet de recherche car il pourrait dénaturer cet objet.

     

     

    Immigration et relations inter-ethniques : William Thomas 

    Deux grandes vagues d’immigration (irlandais/allemand/scandinaves) et (polonais/tchèques/italiens). Il  remarque que des quartiers se constituent géographiquement sur un mode ethnique à Chicago. Les sociologues s’attachent à contredire les préjugés racialistes qui se développent à leur époque, et selon lesquels, les différents modes de vie des populations et surtout les problèmes rencontrés dans les ghettos d’immigration, étaient dus à des dimensions biologiques, raciales. Or les sociologues y apportent une interprétation sociologique, culturelle. Mais le problème rencontré par l’immigrant serait pour eux dû à une transplantation culturelle avec des nouvelles règles de vies, économiques, juridiques, qui perturberaient les nouveaux arrivants.

    ð  Notion de désorganisation sociale : l’organisation sociale est pour lui lorsque les attitudes collectives priment sur les intérêts individuels. Il y a à l’inverse désorganisation sociale lorsque les collectives s’affaiblissent avec le corolaire.

    Tout l’enjeu d’une assimilation réussi réside dans le fait que l’immigrant se socialise de nouvelles valeurs collectives de la société américaine. Avec la nuance près, pour lui, la désorganisation ne provient pas de l’immigration à proprement parler.

    Robert Park et Ernest Bergues : dans une enquête très célèbre, essayent de comprendre la structuration ethnique de la ville de Chicago mais aussi de comprendre ses évolutions spatiotemporelles. Ils distinguent trois types de quartiers d’implantation : 

    - les quartiers des primo arrivants et qui se regroupent en fonction de critères ethniques

    - ceux qui parmi les primo arrivants ont réussi économiquement

    - les quartiers de la dispersion et du mélange social, ceux qui ont réussi économiquement mais veulent quitter le ghetto. Seulement, il y a phénomène ou les pop déjà installés soit aptes à comprendre cet afflux de nouveaux immigrants, et refus de mixité social.

    Park souligne l’importance des communautés locales, l’importance de leurs organisations politiques, importance des églises sur la socialisation des individus. La famille subit des transformations fondamentales.

    Comme conséquence de la désorganisation sociale : développement de la délinquance (Frédéric Trasher)

    Le déclin de cette école : raisons politiques. La socio américain s’est constitué à Chicago sein de l’université de Chicago, et ce qui fait que les sociologues de l’université de Chicago trustaient American Sociological Society. 

    Raison scientifique : à partir de 1937, nouveau paradigme sociologique se développe celui de Talcott Parsons

    Le fonctionnalisme : Malinowski et Merlton

    Le déclin de l’école de Chicago avait deux causes : la première étant politique, les sociologues des autres facs se sont liés pour contester le leadership de l’Ecole de Chicago au sein de L’American, et l’autre raison étant scientifique, à partir de 1937, l’ouvrage de Parson entérine l’apparition d’une nouvelle orientation théorique à partir de son ouvrage et celui-ci est une redéfinition de la théorie fonctionnaliste et qui vont dès lors mettre en minorité de l’Ecole de Chicago

    -> Fonctionnalisme radicale ou absolue (de Malinowski ou Radcliff-Brown)

    -> Fonctionnalisme modéré ou relativisé de Robert Merton

    -> Structuro-fonctionnalisme de Talcott Parson

    On va se focaliser sur les 2 premiers fonctionnalismes. La genèse du fonctionnalisme : l’un des premiers à l’avoir esquissé est Herbert Spencer (1820-1903). L’un des premiers à avoir transposé les théories de l’évolution, du biologique vers le social. Et c’est aussi le premier à chercher dans le social des fonctions semblables aux domaines biologiques. Mais le premier avoir posé les jalons du fonctionnalisme est Durkheim. Il chercher à définir dans quel mesure les faits sociaux maintiennent/renforcent la cohésion sociale/ la déstructure. On a une première réflexion sur le terme de religion qui est d’assurer la cohésion sociale. On est dans un mode de raisonnement en termes de fonction (fonction remplie par faits sociaux). L’un des premiers théoriser les dimensions de cette fonction (Malinowski dirait que D. est le père des fonctionnalistes même s’il n’utilise pas ce terme)

     

     

     

     

    I. Le fonctionnalisme de Malinowski (1884-1942)

     

    Deux points essentiels :

    ð La fonction sociale représente toujours la satisfaction d’un besoin.

    - Quel besoin biologique remplit tel ou tel institution sociale ? Pour lui, à l’origine de l’organisation culturelle, il y a un besoin biologique qui est tout simplement le besoin de la nutrition, de se nourrir. La faim serait à l’origine de l’organisation culturelle. Il est plus efficace de se nourrir, de s’organiser socialement que de faire les choses séparément.

    - Fonctions purement sociales : les institutions ou pratiques sociales qui remplissent des fonctions purement sociales.

    La vision du social de M. est très proche de celle de D. :

    - les éléments de la culture sont interdépendants

    - le tout est prééminent par rapports aux parties qui la composent

    Une fonction sociale chez M. doit être rapportée à l’ensemble des cultures dans laquelle elle interagit.

     

     

     

     

    ð Le fait social (croyance, rite par ex), travaille en faveur de l’intégration sociale.

     

    C’est une explication des phénomènes sociaux par leurs conséquences (fonctions) et non par leurs origines. La contribution de R. Brown (1885-1955, très influencé par D.) La fonction de toute activité sociale récurrente est sa contribution à la continuité des structures sociales. On voit qu’on est dans le même type de raisonnement (=fait social -> cohésion social)

    Un fait social s’interprète au regard de ce qu’il apporte à la cohésion sociale dans son ensemble. Le fonctionnalisme de M. ou R.B s’inscrit dans des sociétés restreintes dont on peut facilement saisir l’étendue culturelle globale.

    Comment ce fonctionnalisme a été transposé aux sociétés modernes industrielles ?

     

    II. Le fonctionnalisme de Merton

     

    (1910-2003), Merton, est partisan de ce qu’il appelle « les théories à moyenne portée », de ce qu’on obtient à partir de l’étude d’objets délimités très précisément. Il critique deux points essentiels du fonctionnalisme de M. et R.B :

    - l’unité fonctionnelle : pour lui, la fonction ne peut pas s’inscrire du PDV de la totalité sociale. A partir du moment où il étudie les sociétés industrielles, on ne peut pas faire une théorie générale. Donc un phénomène social peut être envisagé du point d’un groupe social au sein de la société. D’autre parti des usages sociaux (ou sentiments sociaux) peuvent être fonctionnels pour certains groupes sociaux mais pas pour d’autres. Il prend l’exemple de la religion, certes elle a une fonction impératrice (cf. D. ou M.) mais elle peut aussi être source de conflit. La religion peut également diffuser des valeurs contradictoires avec des valeurs séculières (il prend l’ex de l’avortement qui est en contradiction avec les valeurs religieuses).

     

    - le fonctionnalisme universel : il veut que les phénomènes sociaux remplissent nécessairement une fonction sociale. Des phénomènes sociaux peuvent-être interchangeables du point de vue de leur logique fonctionnel : c’est –à-dire que des phénomènes sociaux différents peuvent remplir une même fonction. M. parle « d’équivalent fonctionnel » ou bien de « substituts fonctionnels ». 

     

    Distinction entre fonction manifeste et fonction latente

     

    Les fonctions manifestes concernent les actions sociales dont les conséquences sont comprises et voulues par les participants

    Les fonctions latentes ne procèdent pas de la volonté intentionnelle des acteurs (ni comprises ni voulues pas les participants)

    Exemple : l’engagement politique : fonction manifeste : pour améliorer la fonction politique

    Fonction latente : socialisation

     

    Exemple : indiens d’Opi, cérémonie rituelle pour obtenir la pluie. Fonction manifeste : obtenir la pluie, phénomène météorologique

    Fonction latente : maintenir l’espoir et cohésion du groupe pendant la saison sèche.

    La fonction d’un phénomène sociale n’est pas ramenée à l’idée de finalité consciente recherchée par les acteurs.

     

    Dysfonction : gênant la cohésion sociale

     

    Au final, dysfonction permet de cerner les tensions sociales (la ou il y a désintégration sociale)

    La notion de statut et rôle

    Ralph Linton (1893-1953) : distingue ce qu’il appelle le statut assigné (d’une part reçu l=à la naissance et qui caractérise les étapes de la vie) du statut acquis (s’établissant à partir des initiatives individuelles). Le statut assigné est beaucoup plus présent dans les sociétés modernes industrielles 

    Merton s’est inspiré du modèle de R.L, les rôles sont assignés à des statuts (un statut –> différents rôles)

    - profession

    -revenu

    -habitat = trois statuts très importants 

    Un individu peut avoir différents rôles au sein d’une même société et on peut aussi avoir différents attentes à l’égard d’un même statut. Lorsque qu’un individu s’écarte du rôle imparti à son statut, ses partenaires peuvent faire pression sur lui pour l’obliger à faire son rôle.

     

    En guise de conclusion, les critiques qui ont été apportés à M. :

    - critique épistémologique, scientifique, on a reproché au fonctionnalisme de M. trop descriptif= de ne pas cerner les causes des faits sociaux

    - critique idéologique : on lui a reproché d’élaborer une sociologie conservatrice, de la préservation de l’ordre social, même s’il s’en défendait

    Pour Merton, les conflits ne sont pas étudiés comme des éléments étant dynamiques (susceptibles de changer positivement l’ordre social) mais comme une dysfonction, une menace pour une menace pour la cohésion sociale. La fin de toute société est de se perpétuer en tant que telle, il a pu donner à penser qu’il favorisait une vision conservatrice.

    L’interactionnisme ou la Seconde Ecole de Chicago

    Les origines du courant interactionniste

     

    Un courant qui prend naissance dans les Etats-Unis, dans le contexte de l’école de Chicago mais qui va surtout se développent dans les années 50-60, et aussi dans l’école de Ch. Multiples tendances interactionnistes, école très diverse. Par exemple, le modèle théâtrale (Goffman, la mise en scène de la vie quotidienne, ou sociologie de la déviance de Becker). Ces deux sociologues sont issus du cadre d’analyse qu’on appelle interactionnisme.

     

     

    I. Les prémisses de l’interactionnisme

    Ils sont élaborés à travers le courant pragmatique et qui a été conceptualisé par John Dewey (1859-1952). C’est un courant qui se développe dans l’université de Chicago, et c’est une conception dite « expérimentale », dit également conception instrumentaliste de la vérité : pour ce courant, les concepts constituent des hypothèses qu’il faut mettre à l’épreuve des faits. Ainsi, les idées sc sont basées sur l’expérience, sur une dimension empirique. Comprendre la société nécessite naturellement de faire des enquêtes. 

     

    Un autre concept qui va permettre l’émergence de ce courant : l’école de Chicago (sous la direction de William Thomas et Robert Park). Une sociologie très empirique, qualitative, qui développe des techniques d’enquête particulière. Plus la ville de mouvements et changements perpétuels, lieu d’échanges (Chicago). On voit comment un milieu peut influencer la réalité dimension sociologique. 

     

    Mead : les activités sociales doivent être considérées comme produite par les activités interagissantes des acteurs. ON doit se baser sur la conception que ce font les acteurs sociaux du monde social. c’est évidemment le contrepied de la théorie de Durkheim. Mead est considéré comme l’inspirateur de cette démarche interactionniste, même si ce terme a été conceptualité rétrospectivement par Herbert Blumer (1900-1987). Pour Blumer lui les choses dépendent du sens qu’elles ont pour l’individu et ce sens est construit et modifié au sein d’interaction avec autrui. => les interactions modifie non seulement notre perception sociale mais également le sens de cette perception. De ce point de vue-là, l’interactionnisme revient à étudier l’acteur en relation avec sa réalité sociale. 

    Dans les années 1950, institutionnalisation avec la création de l’étude de l’interaction symbolique.

     

     

    La démarche interactionniste : prend le contrepied des analystes quantitatives. D’un point de vue méthodologique, notamment de la méthode d’enquête, ils empruntent aux ethnologues d’une part car ils ont une démarche qualitative et parce qu’ils privilégient les espaces restreins. D’où la notion d’observation « in situ » : sur le terrain, au sein de l’action. Une lutte scientifique se développe entre les interactionnistes qui critiquent les quantitativistes (par ex au niv de l’élaboration des questionnaires l’arbitraire de la variable). Les quantitativistes de leur côté critiquent l’imprécision des études qualitatives, la subjectivité de l’observateur, le défaut des échantillonnages etc. 

    Pour les interactionnistes, La réalité sociale se donne à voir dans l’interaction entre les acteurs. Ils disent que les interactions contiennent tous les éléments de la théorie sociale, donc en gros il suffit de savoir observer, sans chercher au préalable un sens latent (caché). La sociologie interactionniste ne cherche pas à prouver une théorie à travers des faits objectifs. Pour les sociologues interactionnistes, on ne doit pas arriver avec un schéma théorique préétablit (avec des hypothèses déjà construit, des concepts déjà élaborés) et c’est de là que doit émerger la réalité sociale. Il ne s’agit pas de chercher derrière les phénomènes sociaux des structures censées les déterminer. Les interactionnistes ne cherchent pas à expliquer « pourquoi » mais « comment ». (On trouve des différences fondamentales avec le fonctionnalisme). C’est donc à travers les échanges  intersubjectifs qui intéressent les interactionnistes. C’est ce qui va intéresser Erwing Goffman (La mise en scène de la vie quotidienne). 

     

    La Sociologie de Goffman :

     

    Il compare la société à une scène de théâtre. On (des acteurs) est sans cesse « en représentation ». L’interaction entre deux individus : système social en miniature dans lequel se donne à voir cette mise en scène. On a l’acteur qui est en interaction avec d’autres individus qui constituent le public. Nos actions se font en fonction de ce public et s’adapte au public évidemment. Toute interaction met en œuvre un jeu dramatique et dans ce jeu, Goffman nous dit que les acteurs développent un ou plusieurs rôles. Et là on voit une certaine influence de la sociologie de Merton et Linton, avec notamment leur conceptualisation du rôle et du statut. (/ !\ Goffman n’était pas du tout fonctionnaliste mais s’était juste inspiré).

    Pour les interactionnistes, il faut savoir saisir les interactions au plus près (d’où ils ont souvent privilégié l’observation participante comme Becker qui a étudié les musiciens de Jazz et d’ailleurs a été lui-même musicien de Jazz. Goffman s’était passé pour un malade mental dans un asile psychiatrique). Dimension de face à face pour Goffman (fondamental). Pour Goffman, le « moi » (notion psychologique) c’est ce que les individus montrent d’eux-mêmes et le moi s’adapte aux exigences sociales. Et selon les situations, on n’adopte pas la même présentation de soi, on l’adapte en fonction des différentes situations auxquelles on est confronté. Saisir les interactions impliquent une méthode particulière -> l’observation (soit non participante qui repose sur le principe de ne pas perturber, ne pas interagir dans les interactions que l’on observe, ou participante qui peut amener le sociologue à provoquer des interactions et ce qui peut être source sur le terrain qu’on étudie. 

    On parle de mise en scène = les individus attendent à ce qu’on remplit certains rôles. Si on ne le fait pas, on peut être confronté au « stigmate ». A travers celui-ci on s’intéresse à la façon dont les acteurs frères leurs identités lorsque celle-ci a été discréditée. Comment les individus tentent d’échapper au stigmate ou du moins d’en atténuer les effets ? 

     

    Deux formes de stigmates :

    - contre lesquels on ne peut rien, qui sont dues par exemple à notre apparence physique (par ex handicapé), couleur de peau, le fait de ne pas maitriser la langue du pays dans lequel on vit

    - ceux qui traduisent une dissociation entre l’identité supposée et l’identité réelle (entre ce qu’on attend de la personne et son identité réelle).

    Le terrain privilégié est la conversation. Il n’est de conversation qui ne soit contraignante, à travers celle-ci on s’adapte à différents codes. (ex : faute de langue, erreur de langage qui va travailler le fait de ne pas avoir fait étude, l’origine etc). Un des moyens d’échapper au stigmate -> retournement du stigmate ou sous appropriation.

     

    Conclusion : les critiques adressés à ce courant interactionniste : 

    - que les interactionnistes réduisent le fonctionnement social aux seules interactions, au seul échange langagier de la vie quotidienne. Ainsi, sont ignorés les facteurs institutionnels mais également tous les processus sociaux latents. Puisque les règles, les normes sociales s’imposent à nous sans que nous en ayons conscience. Le courant interactionniste passe à côté de ces phénomènes sociaux latents toues ces normes qui s’imposent à nous, tus ces phénomènes dont nous n’avons pas conscience. Il n’y a plus vraiment de socio interactionniste mais il y a quelques sociologues qui dans certaines situations peuvent recourir à la démarche, la méthode et l’analyse interactionniste.

    La sociologie d’Howard Becker :

     

    (1928). Il commence ses études de sociologie à l’université de Chicago et donc va être très marqué par ce courant de l’école de Chicago. Ses principales influences sont Everet,  Hume, Robert Park, William Thomas etc. Deux dimensions fondamentales qu’il a héritées de l’école de Chicago :

    -          une importance centrale accordée au terrain

    -          l’interactionnisme (la dimension méthodologique)

    Avant de commencer ses études, il était un jeune pianiste de Jazz, donnait des petits concerts dans des bars de Chicago et donc ce qui est devenu pour lui une véritable opportunité pour constituer ses objets d’enquête. Mais aussi, ses œuvres ont connus un succès sans précédent, premier grand succès qui dépasse la réalité des sociologues. Deux raisons pour cela :

    -          ses objets d’études, notamment dans l’ouvrage « Outsiders », il étudie les populations de la marge de la société, à la marge du système. Les musiciens de Jazz et les fumeurs de Marijuana.

    -          la très grande accessibilité de ses ouvrages, très agréable à lire, empirique

     

    I.            L’interactionnisme de Howard

     

    Pour lui, l’ordre social est issu des interactions entre les acteurs. L’ordre social ne préexiste pas aux interactions mais se diffusent à travers les interactions. L’interaction ‘n’est pas une activité solitaire mais sociale, c’est-à-dire qu’elle ne saurait se réduire à deux personnes (sinon configuration psychologique) mais plutôt un groupe d’individus étant impliqués dans une même dimension sociale.

    Les principes de l’interaction selon lui : 3 choses essentielles :

    - les êtres humains sont actifs : dans le sens où ils n’attendent pas que quelque choser les pousse à agir, Becker n’est pas dans une position déterministe, pas de déterminisme social dans ce point de vue-là. Ils cherchent tout le temps les moyens afin d’accomplir leurs projets. 

    - la conduite humaine n’est jamais automatique, continue : dans le cadre d’une interaction, les acteurs ont toujours la possibilité de faire une pause ou plusieurs, durant laquelle(s) les acteurs peuvent réfléchir à l’action en cours et réfléchir à ce que les autres acteurs en jeu sont en train de faire. 

    - Durant ces pauses, l’acteur pense à la manière dont les autres vont réagir à ce qu’il est en train d’envisager et il adapte plutôt son action pour orienter son action.

    Becker prend comme comparaison le jeu d’échec ou on essaye de deviner les réactions de l’adversaire de façon à pouvoir adapter une stratégie. Notion de stratégie très importante pour Becker. Les acteurs sont sans cesse en train de mettre en place des stratégies en fonction de ce qu’ils peuvent percevoir des réactions des autres. 

    L’acteur tient compte de toutes les personnes impliquées dans l’action dans le sens où l’interaction est toujours collective. Pour lui la culture se donne ç voir à travers interactions et Becker prend l’exemple des besoins primaires (alimentaires et sexuels). Ces besoins primaires doivent être appréhendés comme des désirs c’est-à-dire qu’ils ne peuvent être satisfaits que d’une certaine manière. Et cette manière est apprise dans le cadre d’interactions avec l’environnement. De ce point de vue-là, la structure sociale, la culture, l’ordre social sont produits dans et à travers l’interaction.

     

    II. La déviance

     

    La déviance est une transgression des normes. C’est un peu la même définition que le crime. On a des transgressions à des activités illégales (fumer de la marijuana, voler) et mêmes légales (le mode des vies des musiciens de Jazz) qui sont marginales. Tout comme le crime la déviance ne se définit pas quant à l’acte lui-même = un acte peut être considéré comme étant déviant dans une société et non dans une autre société. Les normes sont relatives et contingentes.

    La conception de Becker de la déviance = la déviance est un construit social. Pour Durkheim les normes permettent d’étudier le social. Becker se focalise sur la transgression des normes. Le terme déviance est très récent dans la langue française et vient principalement de la tradition sociologique anglo-saxonne et surtout sociologie criminelle anglo-saxonne. Pour Becker, c’est deux choses : la transgression des normes et la stigmatisation que suscite cette transgression. Donc comme pour le crime, l’acte transgressif n’est pas déviant à lui-même mas c’est la réaction à cet acte qui le considère comme déviant.

     

    Premier grand concept de Becker : l’étiquetage : une personne est déviante dès lors qu’elle est repérée comme telle par d’autres personnes, qui l’étiquettent comme étant déviante, on lui colle cette étiquette de déviante.  La déviance : un processus d’interactions entre des transgresseurs de normes et ceux qui cherchent à faire appliquer les normes (les entrepreneurs de morale, ils le font par l’intermédiaire d’appareils idéologique comme l’Etat, des journalistes, journaux qui mènent ce que Becker appelle des croisades pour le respect de certaines normes). 

    L’exemple de l’erreur judiciaire : Becker nous dit lorsqu’on est accusé à tort et que les autres croient en notre culpabilité il arrive que l’on endosse le rôle de coupable et que l’on agit comme un coupable (d’où la force d’étiquetage) mais on peut en sortir. La déviance est un construit social fabriqué par la société et elle peut avoir une fonction sociale (cf. fonctionnalisme) comme dans le fait de chercher des bouc-émissaires à travers laquelle la société affirme son identité.

     

    III. Les fumeurs de marijuana

     

    Pour Becker, pour comprendre une activité sociale, il faut l’examiner dans toute sa complexité et donc de l’intérieur. Si on ne sait rien sur l’usage de la drogue, si on n’a jamais fréquenté des consommateurs, il est beaucoup trop facile de la considérer comme une activité bizarre, exotique ou scandaleuse. Or il nous dit que lorsqu’on fréquente ce genre de personnes, on se rend compte » qu’il s’agit d’individus out à fait normaux, ne se conduisent pas de manière différente, ils ne diffèrent pas des autres. Le point essentiel est que pour lui on ne devient pas du jour au lendemain, et seul dans son coin, fumeur de marijuana. C’est un apprentissage qui est assez long nous dit-il. Ce sont des fumeurs réguliers -> apprentissage long. Il  y a en gros 3 étapes : 

    1.      lorsqu’on fume, il faut cerner le fait qu’il se passe quelque chose

    2.      cerner que si quelque chose se passe, alors cela est l’effet de la drogue

    3.      cerner que cet effet est agréable

    En gros le plaisir est quelque chose qu’on apprend. Il faut donc tout un apprentissage pour capable d’identifier la sensation de planer. Celui-ci se fait par le biais d’interaction sociale.

    L’entrée dans une carrière déviante : celle-ci se fait à travers la socialisation à un groupe de fumeurs expérimentés. Il se passe deux choses en même temps : d’une part le déviant acquiert les codes, les normes du groupe de fumeurs et d’autre part il relativise les normes sociales en place. Déviant ne veut pas forcément dire activité illégale.   

     

    Pour conclure : retenir que l’interaction est collective, qu’elle correspond à des nécessités (on ne peut pas agir sans interactions dans la société), mais pour autant n’est pas automatique. Par ailleurs, la posture interactionniste consiste à refuser un déterminisme social dans les actions sans pour autant considérer que les interactions sont le fruit du hasard. 

     

    Le structuralisme : Lévi-Strauss

     

    I. Problématique de la parenté

    Constat évident et insoluble : la prohibition de l’inceste est à la croisée de deux fondements : - loi qui repose sur du biologique 

    - une règle sociale qui fait que certains parents sont interdits et d’autre pas (cet interdit varie selon les sociétés)

     

    Deux courants anthropologiques ont essayé de cerner la logique de l’interdit de l’inceste :

    - l’historicisme  a essayé de reconstituer l’origine de l’interdit de l’inceste. Dans un premier temps, où et comment cette prohibition a-t-elle commencé et deuxième temps comment s’est-elle diffusé dans les autres sociétés. Cet historicisme s’est trouvé confronté à des limites donc très vite a abandonné ses recherches

    - fonctionnalisme : pourquoi l’interdit de l’inceste ? Ce courant s’est trouvé confronté à une énigme : dimension de la relativité de cet interdit, sa variabilité dans les différentes sociétés

    L-V laisse de côté l’argumentation bio : on entend souvent dire que les sociétés « primitives » -> formes de dégénérescence  et c’est qui peut expliquer l’interdit de l’inceste. C’est une interprétation qui ne tient pas pour LV. Il est impensable pour lui que les sociétés traditionnelles aient pu faire ce constat empirique en dehors de toute connaissance sc sur la question, sur la génétique. Par ailleurs, la biologie n’explique pas pourquoi certains parents sont prohibés et d’autres pas. Donc On évacue la dimension biologique.

    II. Influence de Marcel Mauss (1872,1950 sur sa conception de la parenté

    Neveu et disciple de Durkheim. Il n’a pas fait de terrain mais a battu ses travaux sur des travaux de seconde main. Il s’est intéressé au don et chez lui le don repose sur un triptyque bien précis :

    - obligation de donner

    - obligation de recevoir

    - obligation de rendre

     

    C’est une forme d’échange qu’on trouve dans toutes les sociétés et il n’existe pas de don gratuit selon Mauss. Mais pour lui on a attend toujours quelque chose en retour lorsque l’on donne de façon symbolique. Ce n’est pas la valeur matérielle de ce qu’on donne qui est important, ce n’est pas une théorie matérialiste. Lorsqu’on accepte un don, on accepte alors d’être en relation avec la personne qui nous fait ce don. Donner, recevoir = être en relation. Et donc refuser un don = refus d’être en relation avec quelqu'un (ex : principe de la dette). C’est sur cette forme d’échange qu’on entre dans une cohésion de la société « archaïque ». Il a construit sa théorie à partir de certaines ethnographies sur le don. « Un fait social total » : fait social à travers lequel se donne à voir la logique d’une cohésion social d’une société (en parlant de la koula).

     

    Le principe du don chez Lévi-Strauss

    Dans les sociétés amazoniennes qu’il étudie, il constate que les tribus s’échangent un bien très particulier -> les femmes car au cœur du processus de la reproduction. Dès lors que je ne peux pas épouser une femme de mon clan je vais chercher une femme dans un autre clan. Et donc je devrais à l’avenir lui céder une femme de mon clan => « règles d’alliance ». A partir de là on va faire un retour sur le débat nature culture. Ce processus aboutit finalement à une règle. La nature ne prescrit qu’une seule chose : nécessité du conjoint. Mais elle ne dit rien sur le choix du conjoint. Le choix du conjoint = règle social qui prend appui sur une donnée de la nature pour en faire un élément culturel. Ce qui est une nécessité naturel devient un choix et c’est comme ça que se mettent en place les règles d’alliance. On peut ainsi établir la finalité de la prohibition de l’inceste : rendre le groupe exogame, de le soustraire à l’enfermement biologique et c’est ce qui fait que pour lui la prohibition de l’inceste n’a rien à avoir avec la sexualité et repose sur la nécessité de faire des alliances matrimoniales (contrairement à la théorie de la sexualité de Freud). On peut ainsi expliquer que certaines populations tolèrent certaines conduites incestueuses. Ce n’est pas la relation sexuelle qui prime mais la règle d’alliance, dès lors que l’inceste ne perturbe pas la règle de l’alliance, il peut être toléré. Les règles d’alliance : ceux par quoi la société existe. D’autant qu’un groupe qui cède une femme se retrouve dans un déséquilibre démographique qui peut affecter l’existence même, l’équilibre ne pourra être rétabli dès lors que le groupe aura reçu une femme en retard, une reproductrice. Donc l’interdit de l’inceste chez Strauss est de permettre d‘instaurer des règles d’alliances, des liens sociaux. 

     

    III. Influence de la linguistique de la parenté de L-V

     

    C’est une influence méthodologique. LV n’envisage pas de faire une étude linguistique des échanges verbaux concernant la parenté mais dit que la parenté est comme un langage. Selon lui, les règles de la parenté sont comme un langage. Ce qu’il cherche à travers la linguistique structurale, notamment chez Saussure, c’est un modèle d’analyse. Il transfère les méthodes de la linguistique structurale vers l’anthropologie de la parenté. Ce qui s’échange, ce sont des symboles. On va s’intéresser à quelques éléments de la linguistique structurale : 

    - principe de l’immanence : l’ici et le maintenant, on ne recours pas à une analyse historique, ni aux motivations psychologiques des locuteurs, on ne se focalise que sur la langue, ce qui compte c’est la dimension synchronique (et non diachronique). La langue doit être considérée comme un ensemble clos, on ne s’intéresse pas aux influences extérieures. On s’intéresse aux unités substituables -> se focaliser sur les multiples combinaisons qui donne à une langue sa structure propre. Toute modification d’un élément à des répercussions sur l’ensemble de la structure. Comment il transpose ses principes méthodologiques sur l’étude de la parenté :

    - tout objet (groupe social) doit être regardé comme un système clos (pour en dégager sa logique propre), 

    - primauté du tout par rapport aux parties (les éléments d’un ensemble n’ont pas de significations lorsqu’ils sont pris isolément, ils doivent être envisagés dans leur rapport réciproque), 

    - la modification d’un élément entraine la modification de l’ensemble de la structure. Si on change une seule règle d’alliance ça va nécessairement avoir des répercussions sur l’ensemble des règles de la parenté.

     

    Cette méthode est opératoire pour étudier les sociétés figées et closes comme le sont les sociétés primitives amazoniennes et c’est une démarche qui montre ses limites dès lors que l’on s’intéresse à des sociétés complexes (des sociétés en perpétuelle mouvement, évolution). C’est ce qui explique en partie que l’anthropologie structurale s’est marginalisée à mesure que les sociétés primitives formée se sont progressivement éteintes.

    Pierre Bourdieu :

     

    Cours de révision sur Bourdieu (très important) (1930-2002) : C’est sans doute le sociologue français le plus connu.

    3 raisons expliquent sa célébrité : 

    -          ses orientations de recherche axée sur les mécanismes de reproductions des inégalités, une thématique politique au cœur de la question démocratique.

    -          Le fait que Bourdieu était un sociologue engagé, qui a suivi beaucoup de mouvements sociaux

    -          Le fait qu’il a renouvelé pour parti les concepts de la socio, il a très fortement contribué au renouvellement des concepts de la socio

     

    Fils d’un couple d’origine paysanne, des origines modestes qui peuvent permettre de comprendre son éclairage sur les inégalités. Brillant élève, repéré par ses profs, il commence par des études de philo, il passe l’agrège de philo. Ca n’est qu’après coup qu’il s’oriente vers la socio, il fait son service militaire en Algérie et ensuite il exerce un poste à l’université d’Alger pendant 2 ans et c’est là qu’il effectue ses premiers travaux sociologiques et ethnographiques, notamment son premier ouvrage « sociologie de l’Algérie ».

    Il commence une thèse de socio qu’il ne terminera jamais, et devient l’assistant de Raymond Aron, il se brouille avec lui à cause du mouvement de 68 qu’il soutenait et non Aron. Et il se lance dans une brillante carrière, et devient prof.

     

    L’engagement de Bourdieu : Bourdieu = une socio engagée. Bourdieu fait partie des sociologues pour lesquels la socio est attaché à l’étude des phénomènes politiques. La socio de Bourdieu s’attache à déconstruire les phénomènes de la domination, qu’il s’agisse des phénomènes de la domination latente, ou de la domination manifeste (=explicite). 

     

    Exemple de l’Ecole : Bourdieu montre par exemple, que loin d’établir une société méritocratique, l’Ecole participe à la reproduction des inégalités sociales. 

     

    Bourdieu fait une socio politique sans faire pour autant une socio de LA politique. LA politique = socio des institutions politique, hors il ne fait pas une socio des institutions.

     

    I- La sociologie de Pierre Bourdieu

     

    1) Une lutte contre les prénotions

     

    Il s’attache à remettre en questions certains préjugés encore tenaces il y a 30-40 ans. Ces prénotions reposent sur la question de l’Ecole et cette question il va la traiter avec Jean-Claude Passeron dans des ouvrages comme « Les Héritiers » ou « La Reproduction ».

    Toutes les politiques scolaires mises en place après la sortie de ces ouvrages, s’y sont référées. => Crée une sorte de cadre qu’on ne peut pas dépasser.

     

    C’est une sociologie engagée : Pour Bourdieu dévoilé les mécanismes de la domination ça fait partie de l’objet même de la sociologie. Et c’est à ce niveau qu’on voit qu’il s’est fortement inspiré de 3 auteurs : Marx (le premier à penser l’inégalité), Durkheim (notamment à travers sa socio holiste (le tout est supérieur aux parties qui la compose), Weber (notamment à travers les formes de légitimité de la domination).

     

    Le travail de Bourdieu pose une question épistémologique fondamentale : Le croisement (la conjugaison) entre engagement et objectivité. Les travaux de Bourdieu se veulent engagés politiquement, il ne fait pas une sociologie qui se veut neutre. Or, si on reprend Durkheim la base du socio est de s’éloigné des prénotions et donc de s’inscrire dans une démarche rationnelle, objective. (cad scientifique) Pour Durkheim il faut s’éloigner de l’idéologie. => Or, Bourdieu conjugue engagement politique et démarche scientifique. (cf « Une science qui dérange » de Bourdieu)

    Une démarche scientifique en socio a pour conséquence de dévoiler ce qui est caché, cad de dévoiler les mécanismes de la domination. => Donc ça dérange…

     

    De ce point de vue, objectivité ne signifie pas absence de prise de position, mais que l’argumentation s’appuie sur une démarche scientifique rigoureuse.

     

    II- Les grands concepts de la théorie Bourdieusienne

    Les 3 capitaux chez Bourdieu : le capital Eco (la transmission du capital éco qui peut avoir une incidence sur le capital culturel mais qui reste pour l’essentiel un capital matériel), le capital social (il s’agit d’un capital immatériel, il s’agit des réseaux d’interconnaissances qui sont des réseaux d’interconnaissances qui peut générer une certaine forme de solidarité inconsciente, on s’assemble avec qui nous ressemble. Cf le texte des Pinçon-Charlot) le capital culturel (celui qui intéresse le plus Bourdieu également un capital immatériel = un savoir transmis par la famille qui va être profitable à l’enfant tout au long de sa scolarité et de sa carrière). 

    L’habitus = le mécanisme par lequel se transmet le capital culturel. 

    Durkheim déjà y fait référence, et Bourdieu va le conceptualisé dans un sens particulier : pour lui l’habitus désigne = les apprentissages explicites ou implicites, formulés ou non, qui formes et inculquent des modèles de conduites, de perception, et de jugement, au cours de la socialisation de l’individu.

    Parmi ces apprentissages le principal est le langage qui est au cœur de la reproduction sociale. Bourdieu dit « La compétence linguistique est un capital rémunéré en distinction et en pouvoir ». => transmis par l’habitus à travers un panel symbolique, métaphorique qui lui sera profitable dans sa vie…

     

    Puis, l’apprentissage de la culture, transmettre le goût de la lecture est aussi un capital culturel. (emmener l’enfant au cinéma, au musé) (cf la socialisation des bourgeois : les Pinçon-Charlot)

    3eme apprentissage : Ce que Bourdieu appelle l’Hexis corporelle = c’est à dire la façon de se tenir de se mouvoir, de marcher, de bouger les mains lorsqu’on parle (ou pas), ça trahit une certaine éducation et donc un certain milieu. Et ça permet de distinguer certaines personnes. (Exemple : manger la bouche fermée)

    (Livre de Mauss « Les techniques du corps » = Le corps est pétrie, structuré culturellement).

    Tous ces modèles qui transitent à travers l’habitus sont inculqués dés la petite enfance, Bourdieu élabore tous ces concepts à travers des travaux statistiques très pointus.(Même s’il s’est beaucoup inspiré de Godelot). L’habitus transmet des modèles de conduite et c’est à travers ses modèles, l’habitus que va se faire pour partie la sélection scolaire.

     

    Pour Bourdieu l’Ecole va sélectionner pour l’essentiel les individus à partir de leur habitus. (Donc à partir de ce qu’ils ont appris en dehors de l’école) 

    (Il y a eu des controverses)

     

    Ce mode de transmission du capital culturel renvoi à une inégalité sociale mais pour étudier un fondement comme l’inégalité il faut nécessairement s’intéresser à son corolaire = l’égalité et comment elle s’est structuré dans nos sociétés.

     

     Le principe d’égalité dans les sociétés contemporaines.

    La notion d’égalité apparaît pour l’essentiel avec les Lumières (18e). C’est donc un concept nouveau, autrefois les sociétés étaient structurellement inégalitaires.

    Apparaît la notion de l’égalité de droit = une égalité formelle.

    Tocqueville = « N’importe quel individu doit pouvoir accéder à n’importe qu’elles position sociale pour peu que ses capacités propres le lui permettent ».

    En France la mise en pratique de ce principe vient entre autre en 1882, établissement de l’école obligatoire pour tous par Jules Ferry.(3e républiques) Deux objectifs : rendre les individus éclairés, et établir une société méritocratique. (= égalité des chances)

     

    Pour Bourdieu, la société méritocratique est un mythe, puisque l’école sélectionne à travers les connaissances qui sont acquises ou pas en dehors de l’école pour partie. (Transmis par la famille cad l’habitus) 

     

    Le concept de champ = Le champ est un espace au sein duquel s’exerce une dynamique relationnelle cad conflictuelle entre les acteurs. Cela signifie que les acteurs sont en conflit pour le contrôle du champ, ils veulent tous contrôler le champ donc sont tous en conflit. Exemple de champ : l’Etat, les parti politique, l’école, les syndicats, l’Eglise (un seul syndicat, une seul église ne sont pas des champs se sont des sous ensemble de champs, ministère = sous ensemble du champ de l’Etat). Le champ est le lieu d’une lutte permanente, et donc d’un changement permanent, et paradoxalement le lieu également où s’exerce la reproduction sociales ; il reproduit les inégalités sociales, et culturelles. 

     

    Ce principe de domination cachée : C’est ce que Bourdieu appelle la violence symbolique= c’est un principe de domination qui échappe à la conscience des individus. Bourdieu revient sur l’opposition qu’on fait depuis l’antiquité depuis Aristote entre la violence et le langage. Or, Bourdieu montre que le langage peut être le vecteur d’un principe de domination qui échappe à la conscience des individus. Elle est masquée cette violence nous dit Bourdieu.

    Bourdieu prend l’exemple de l’action pédagogique, c’ « est une violence dont la spécificité qui réside en ce qu’elle parvient à se faire oublier comme telle ».

    (Cela ne veut pas dire que Bourdieu voit une sorte de complot) => Elle échappe à la fois aux dominés, qu’aux dominants=> c’est en cela qu’elle est efficace. A ne pas confondre avec de la propagande implicite…

     

    Les recours : la connaissance critique comme moyen d’émancipation.

     

    Conclusion = on va avoir certaine critiques de Bourdieu notamment épistémologiques (comme Bernard Lahire, Boltanski, Verdrager) 

    Pour Lahire l’habitus ne prédispose pas les individus autant que Bourdieu le prétend. D’autant que les individus sont pluriels culturellement. Cela veut dire que je peux véhiculer des éléments à la fois de la culture classique et de la culture populaire. Je peux aimer autant Duras que Musso. Bourdieu avait tendance à penser que les individus étaient aliénés et que seule la socio, en l’occurrence, sa sociologie, était à même de les libérer. Or, de nombreuses recherches ont établies que les individus ne sont pas aussi aliénés que Bourdieu le prétend. Certains travaux de Boltanski montrent qu’être porteur d’une culture populaire ne signifie pas qu’on est dépossédé de toute capacité critique. D’où l’ambivalence de Bourdieu.