Les cours de droit
Recherche
Tous les cours
Les études de droit
  • Pour les étudiants en droit de L1, il est intéressant d’étudier l’introduction au droit, ou le  Droit public et surtout une méthode pour réussir ses études de droit ou réussir, par exemple, la note de synthèse.

     Pour comprendre plus en détail les différents aspects du droit, il peut être aussi intéressant de consulter des livres rédigés récents dans la boutique du juriste. Vous aurez ainsi accès à une sélection de livre juridique et de contenus de qualité comme des cours récents, des explications ou des cas pratiques

    En licence 1 de droit, sont aussi abordées les  relations internationales ou l’Anglais juridique (English Law ). En ce qui concerne le droit public, vous étudiez notamment le Droit constitutionnel ou l’introduction au droit européen.  L’Histoire du droit est aussi étudié notamment l'histoire du droit privé ou les l’histoire des institutions publiques.

     Sont aussi étudiés les individus par le droit des personnes, de la famille et des biens.

     On distingue, vous le savez, le droit privé et le droit public. Les années suivantes (L2, L3) vous étudierez :

    -          Droit privé, Notamment le  Droit civil est abordé, ainsi que le droit des successions ou des suretés 

    -          Droit public ; Institutions Européennes  et le  droit administratif, les finances publiques  (étudié en Licence 2 droit).

    -          Le droit international, par exemple les relations internationales,  les Institutions Européennes

    Les étudiants de droit en L2  étudieront les Obligations c'est-à-dire le droit des contrats et la responsabilité civile et le droit des affaires et le Droit commercial et   la procédure civile.

     Les étudiants de Licence 3 suivent des cours concernant le droit du travail ou le Droit des sociétés , ainsi que le droit social, les Instruments de paiement et de crédit, les  relations collectives du travail, le Droit des entreprises en difficulté ou le droit des affaires

     Si voues êtes en M1 droit, vous serez amenés à étudier, le Droit international privé ou le mécanisme des   Institutions judiciaires et les Institutions Européennes. Le Master 1 droit affaires permet ainsi d’appréhender le droit immobilier, le droit des assurances, le droit bancaire, la propriété intellectuelle

     

     

     Ce site est aussi utiles pour les études de droit à distance (MOOC, études par correspondance, cours de droit online ou des études de droit à distance).

     

    Les étudiants préparant un DCG. (Diplôme de Comptabilité et de Gestion) et DSCG. (Diplôme Supérieur de Comptabilité et de Gestion) auront des cours de comptabilité, de finance, droit des affaires ou des sociétés.

     

    Les cours sont aussi utiles pour les étudiants en BTS assurance, BTS banque, BTS commerce international, BTS CI, BTS CGO, BTS MUC, BTS management, BTS Notariat, BTS professions immobilières, BTS technico-commerciales, BTC NRC, BTS négociation

     

    Avec le DUT Carrières Juridiques (IUT CJ). Avec ce  DUT CJ, vous aurez le choix entre plusieurs options :

    -          Option « Juriste d’Entreprises »  qui enseigne le droit des entreprises : le droit de la distribution, la gestion juridique de l'entreprise et le droit de la concurrence.

    -          Option « institutions financières » orientée Banque et Assurance, vous aborderez notamment le droit du crédit et des assurances, la gestion du patrimoine.

    -          Enfin, l’IUT Carrières juridiques a une option « administration publique » qui couvre le droit administratif et qui prépare aux concours administratifs.

     

    Titulaire d'un bac+2, vous pourrez intégrer La Licence Professionnelle Métiers du Notariat qui vous formera sur la rédaction d'actes, la nature des pièces administratives nécessaires à une opération, mais aussi la gestion de clientèle et la Licence Professionnelle Banque.

    Les études de droit par correspondance sont disponibles sur le CNED. Les cours de droit à distance peuvent être complétés par cours-de-droit.net.

    Pour ceux qui cherchent des informations juridiques ou des conseils gratuits par un avocat,  ils peuvent se rendre dans les maisons de justice et du droit, ainsi que les centres départementaux d'accès au droit (CDAD), qui sont des organismes publics qui orientent et renseignent le public dans ses droits. Des consultations gratuites d'avocat y sont dispensées.  Si vous avez une protection juridique dans votre contrat d’assurance, vous pourrez avoir des informations provenant de juristes. Plus généralement, vous pouvez obtenir des conseils juridiques gratuitement dans les établissement suivants : MairiePermanence juridique ,Maison de justice et du droit, Tribunal de grande instance (TGI), Tribunal d'instance (TI), Barreau des avocat .

    Toutefois, l’avocat gratuit n’existe pas, tout travail mérite salaire (honoraire).

     Sachez que vous pouvez trouver facilement un avocat spécialisé dans tous les domaines du droit :

    -- avocat au conseil d'état et à la cour de cassation

    -- avocat spécialistes en droit immobilier 

    -- avocat spécialistes en droit du travail 

    -- avocat spécialistes en droit des sociétés 

    -- avocat spécialistes en droit fiscal et droit douanier

    -- avocat spécialistes en droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine

    -- avocat spécialistes en droit public

    -- avocat spécialistes en droit commercial, des affaires et de la concurrence

    -- avocat spécialistes en droit de la propriété intellectuelle

    -- avocat spécialistes en droit pénal

    -- avocat spécialistes en droit de la sécurité sociale et de la protection

    -- avocat spécialistes en procédure d'appel

    -- avocat spécialistes en droit du dommage corporel

    -- avocat inscrits à un barreau étranger

    -- avocat spécialistes en droit international et de l'Union européenne

    -- avocat spécialistes en droit de l'environnement 

    -- avocat spécialistes en droit rural

    -- avocat spécialistes en droit de l'arbitrage

    -- avocat spécialistes en droit des étrangers et de la nationalité 

    -- avocat spécialistes en droit des NTIC (nouvelles technologies, de l'informatique et de la communication).

    -- avocat spécialistes en droit de la santé

    -- avocat spécialistes en droit du sport

    -- avocat communautaires exerçant sous leur titre d'origine

    -- avocat spécialistes en droit bancaire et boursier

Cours de droit

Droit de la consommation et de la concurrence

Résultat de recherche d'images pour

DROIT DE LA CONCURRENCE ET DE LA CONSOMMATION

 Le droit de la consommation et de la concurrence peuvent être étudiés dans le même cours car ils ont le même but : limiter les abus des entreprises dans le cadre de leurs activités économiques.

-       En droit de la consommation les personnes protégées sont les consommateurs.

-       En droit de la concurrence, les entités protégées sont les concurrents.

Le droit de la consommation est l'ensemble des dispositions légales et réglementaires destinées à la protection du consommateur dans ses relations avec des professionnels. Le droit de la consommation a été compilé dans le Code de la consommation par une loi du 26 juillet 1993. Voici le plan du cours :

 

PARTIE I LE DROIT DE LA CONCURRENCE

 

Titre Introductif : résumé du droit de la concurrence

Ch. 1  La conquête de la clientèle

Section 1.          Les règles générales d’exercice des activités économiques

I               La liberté du commerce et de l’industrie

A.           Le principe de la liberté du commerce et de l’industrie

B.           L’application du principe aux étrangers

II             Les lieux de vente

A.           Les lieux de vente en gros

B.           Les lieux de vente au détail

Section 2.          La liberté des prix et de la concurrence

I               Au niveau national

II             Au niveau communautaire

Section 3.          Institutions assurant le respect du principe de la liberté de la concurrence

I               Le Conseil de la Concurrence

A.           Mission

B.           Composition, organisation et saisine

II             La DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes)

A.           Mission de régulation

B.           Mission de surveiller la qualité des produits et services et loyauté des transactions

 

III            Les juridictions de droit commun

Ch. 2  La Concurrence Déloyale

Section 1.          Le fondement de la notion de concurrence déloyale

I               Le rapprochement avec la RCD (Responsabilité Civile Délictuelle

)

II             Le lien de concurrence et la faute

III            La concurrence déloyale et le droit pénal

Section 2.          Les comportements déloyaux

I               Le dénigrement

II             L’imitation, la confusion

III            La désorganisation de l’entreprise

IV           Le parasitisme

Ch. 3  Les Pratiques Anti-Concurrentielles

Section 1.          Les pratiques anti-concurrentielles susceptibles de fausser le marché

I               L’abus de position dominante et l’abus de dépendance économique

A.           L’abus de position dominante

B.           L’exploitation abusive de l’état de dépendance économique

C.           Les sanctions

II             Les ententes prohibées

A.           En droit français

B.           L’appréciation communautaire

C.           La sanction

III            Les concentrations contrôlées

IV           Les aides abusives

Section 2.          Les pratiques anticoncurrentielles liées à la commercialisation

I               La répression de l’appropriation de clientèle

A.           Le prix minimal imposé

B.           La revente à perte

C.           Les prix abusivement bas ou prix prédateurs

II             La discrimination

A.           Les pratiques discriminatoires

B.           Le refus de vente

III            La rupture abusive des relations commerciales

 

 

Titre 1 : La loyauté de la concurrence

Section 1 : La tarification

§1 : La fixation des prix

A-    L’interdiction de la revente à prix imposé

B-    L’interdiction de la revente à perte

§2 : L’obligation d’information

§3 : La facturation

Section 2 : L’action en concurrence déloyale

§1 : L’action en concurrence déloyale

A-    Les conditions de l’action en concurrence déloyale

La faute

1-     Le préjudice

2-     Le lien de causalité entre la faute et le préjudice

B-    Les sanctions de l’action en concurrence déloyale

§2 : Les agissements déloyaux

A-    La désorganisation

B-    Le dénigrement

C-    La confusion

Le parasitisme

Titre 2 : Le principe de la liberté de la concurrence

Section 1 : Les comportements restrictifs de la concurrence

§1 : Les comportements répréhensibles

A-    Les comportements discriminatoires non justifiés

B-    L’abus de dépendance

C-    La rupture brutale abusive

La violation de l’interdiction de revente hors réseau

D-    Les conditions de règlements abusifs

§2 : La sanction

La nullité des clauses

A-    La responsabilité civile

Section 2 : Les comportements anti concurrentiels

§1 : Les comportements répréhensibles

A-    Les ententes prohibées

1-     Le droit communautaire

2-     Le droit français

B-    L’abus de position dominante

1-     Le droit communautaire

2-     Le droit français

L’abus de dépendance économique

§2 : Les sanctions des comportements anti concurrentiels

A-    Les sanctions du droit communautaire

Les pouvoirs de prononcer des sanctions

La nature des sanctions

B-    Les sanctions en droit français

1-     Le conseil de la concurrence

2-     Les sanctions prononcées par les juridictions civiles et commerciales

3-     Les juridictions répressives

Section 3 : Les concentrations

§1 : La notion de concentration

Droit communautaire

1-     Droit français

§2 : Le contrôle des concentrations

Droit communautaire

1-     Droit français

2-     

PARTIE II : Le droit de la consommation

 

Titre Introductif. Un résumé du droit de la consommation

Ch. 1  Les Principales Institutions chargées de  veiller aux Intérêts des Consommateurs

Section 1.  LA DGCCRF

I    La protection de la santé et de la sécurité des consommateurs

II  La protection économique des consommateurs

Section 2.  Le CNC (Conseil National de la Consommation)

Section 3.  La CSC (Commission de Sécurité des Consommateurs)

I   Composition et rôle

II  Saisine

Section 4.          Les associations de consommateurs

I    Les groupements de consommateurs

A.     Présentation des différents groupements

B.           Les actions en justice des associations de consommateurs

Section 7. L’INC (Institut National de la Consommation)

Ch. 2  La Protection du Consommateur lors de la Formation du Contrat

Section 1.          La protection précontractuelle du consommateur

-          I               L’information fournie par les professionnels

-          L’obligation d’informer

-          Les signes de qualité

-          II             L’information fournie par les associations de consommateurs et par l’INC

-          Les méthodes d’information

-          Les moyens de défense des professionnels

-          III            La publicité : pratique commerciale réglementée

-          La publicité trompeuse ou mensongère

-          La publicité comparative

Section 2.          La protection du consommateur contractant

-          I               Le délais de réflexion

-          II             La faculté de rétraction

-          III            Les pratiques commerciales réglementées : le démarchage à domicile

-          IV           Les pratiques commerciales prohibées

Section 3.       La protection du consommateur lors de l’exécution du contrat

-          I               L’abus de puissance économique : les clauses abusives

-          II             Les garanties

 

Titre I. L’organisation de la défense des consommateurs :

  1. Les institutions :
  2. Les associations de consommateurs :

Titre II. L’information du consommateur :

A.    La publicité :

B.    Les sanctions :

C.    Les organismes vérificateurs :

D.    L’information :

Titre III. La protection du consommateur :

Règles générales de protection :

Protection contre les clauses abusives :
 

 

 

PARTIE I LE DROIT DE LA CONCURRENCE

 

Le principe en droit français est celui de la liberté de la concurrence. Le livre IV du code de commerce qui commence à l’article 410-1 et suivant, est intitulé « de la liberté des prix et de la concurrence ». Il appartient à chaque commerçant de se constituer une clientèle et de la garder par tous les moyens autorisés. Il est permis de vendre moins cher que les autres commerçants, il est permis de s’établir librement et de concurrencer les autres commerçants à condition qu’on ne commet aucun acte déloyal, interdit par les règles. A partir de là, nous comprenons que le principe de la liberté de la concurrence signifie que tout ce qui n’est pas interdit par le législateur est autorisé. Cela signifie également que la concurrence doit être réglementée, encadrée pour que la liberté de cette concurrence puisse se déployer d’une manière positive. C’est la raison pour laquelle dans tous les pays du monde il y a une réglementions de la concurrence, même pour les pays qui se considèrent comme libéraux. Le Sherman Act de 1890 a posé le droit qui interdit les ententes en vue de créer des monopoles au détriment des autres commerçants et au détriment des consommateurs. En France le mouvement pour la réglementation de la concurrence a commencé plus tard. On le fait remonté à un décret du 9 août 1953 qui cherchait à maintenir et à rétablir la concurrence. La loi du 19 juillet 1977 qui portait sur le contrôle de la concentration économique, la répression des ententes illicites et des abus de position dominante. En réalité cette loi ne faisait que traduire dans le droit français les directives des articles 85 et 86 de l’ancien traité des communautés européennes (traité de Rome dans sa version originaire). En fait, la première œuvre d’ensemble est l’ordonnance du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence codifiée aux articles 410-1 et suivants du Code de commerce. La loi MRE du 15 mai 2001 modifie cette ordonnance.

La principale idée qui se dégage de cette réglementation est que la concurrence doit être exercée loyalement. Une fois cette concurrence exercée loyalement, les principes de la concurrence prennent leur valeur.

 

Titre Introductif : Résumé du droit de la concurrence

 

Ch. 1  La conquête de la clientèle

 

Section 1.  Les règles générales d’exercice des activités économiques

I.  La liberté du commerce et de l’industrie

 

A. Le principe de la liberté du commerce et de l’industrie

Décret d’Allard, 2 et 17 mars 1791. Valeur constitutionnelle. Limitations :

n  Législateur peut apporter des limitations justifiées par l’intérêt général. La loi peut : ériger une activité en monopole d’Etat (EDF-GDF) ; nationaliser une entreprise ; interdire ce qui peut troubler l’ordre public ; réglementer une profession en exigeant une déclaration ou une autorisation (permis, licence…).

n  Autorités règlementaires ne peuvent concurrencer une entreprise privée ou restreindre la liberté d’entreprendre une activité économique (sauf pour assurer la protection de l’ordre public ou une gestion satisfaisante du domaine public). Mais une collectivité territoriale peut ériger en service public une activité économique si elle est défaillante dans le privé et si elle représente un intérêt public local.

n   professionnelles ne peuvent limiter l’accès à la profession mais la loi peut les charger de surveiller cet accès (diplômes nécessaires…).

 

B.    L’application du principe aux étrangers

                1)    Aux ressortissants de l’UE

Libertés : d’établissement, des prestations de service, des échanges.

                2)    Aux ressortissants de l’Andorre, Monaco et Algérie

Egalement dispensés de carte.

                3)    Aux ressortissants des autres Etats

Posséder : soit une carte de résident ; soit un titre de séjour, une carte d’identité de commerçant étranger et le principe de la réciprocité.

 

II   Les lieux de vente

 

A.   Les lieux de vente en gros

                1)    Les MIN (Marchés d’Intérêt National)

But : alléger circuit de distribution en diminuant le nombre d’intermédiaires entre le producteur et l’acheteur.

                2)    Les foires et salons

Foires = produits diversifiés ; Salons = spécialisés dans un secteur en particulier.

« Manifestations commerciales constituées par le groupement périodique d’exposants présentant aux acheteurs professionnels ou au public des échantillons de produits ou de services dans l’intention d’en faire connaître les qualités et d’en provoquer les commandes » (ordonnance du 11/09/45).

                3)    Les bourses de commerce

Lieux de vente de produits déterminés selon un mécanisme qui facilite la concentration des offres et des demandes. Ventes = « marché de bourses », au comptant sur la base d’échantillons (marchandise volumineuse entreposée dans des magasins généraux). Il existe également des marchés à terme.

                4)    Les magasins généraux

Entrepôts pour stocker les marchandises, fréquemment gérés par les CCI.

B.    Les lieux de vente au détail

-  ventes à la clientèle des consommateurs.

                1)    Les marchés municipaux

Ils sont sous la responsabilité des communes.

                2)    Les magasins des vendeurs

Ils sont isolés ou rassemblés dans un centre commercial.

-       Implantations sévèrement réglementées si >300m2 et font l’objet d’une enquête publique si >6000m2. Autorisation d’exploitation commerciale délivrée par la Commission Départementale d’Equipement Commercial.

Commerçants individuels peuvent se regrouper et bénéficier de services communs (éclairage, chauffage…) sans déclaration ou autorisation, mais doivent être sous forme de GIE (Groupement d’Intérêt Général) ou de Société Coopérative de Commerçants. Règlement intérieur prévoit et aménage la concurrence.

                3)    La voie publique

= journaux, forains, camions-bazar et ventes ambulantes. Le Maire délivre les autorisations. Les ventes effectuées irrégulièrement sont puni d’une amende contraventionnelle (de 1500€ à 3000€ si récidive) par les agents de la DGCCRF.

                4)    Le domicile de l’acheteur

La loi protège les consommateurs des abus de faiblesse.

 

Section 2.   La liberté des prix et de la concurrence

 

Règles de droit garantissent aux opérateurs la liberté de fixer les prix et l’absence d’abus de « puissance économique ».

I   Au niveau national

Droit de la concurrence est d’essence libérale : une ordonnance de 1986 pose le principe de la libre détermination des prix. Le Livre V du CC, Art. L410.2 stipule : « sauf les cas où la loi en dispose autrement, les prix des biens, produits et services […] sont librement déterminés par le jeu de la concurrence. ».

Les prix peuvent être réglementés par des décrets en raisons de difficultés durables d’approvisionnement ou d’une situation de monopole.

Le gouvernement lutte contre les augmentations excessives de prix.

II    Au niveau communautaire

Art. 85 et 86 Traité de Rome à Art. 81 et 82 Traité d’Amsterdam : sanctionnent les comportements affectant le marché européen. La Commission Européenne veille à l’intérêt communautaire et sert de bouclier pour les entreprises européennes.

 

Section 3.  Institutions assurant le respect du principe de la liberté de la concurrence

 

I   Le Conseil de la Concurrence

Crée par l’ordonnance du 1/12/1986. Veille au bon fonctionnement du marché.

A.  Mission

Institution indépendante spécialisée dans l’analyse et la régulation du fonctionnement de la concurrence sur les marché. Assure l’ordre public en surveillant et sanctionnant.

-       Rôle consultatif

-  Rôle contentieux : n’intervient que si le mécanisme du marché est affecté. Réprime les pratiques anti-concurrentielles dès que la concurrence sur un marché est faussée.

B.  Composition, organisation et saisine

                1)    Composition

17 membres issus de 3 collèges : magistrats ; personnalités (compétentes en matière économique) ; professionnels de la production, distribution, artisanat et prof libérales.

Nommés pour 6 ans par décret du Président de la République sur proposition du ministre chargé de l’économie. Membres permanents : président et 3 vice-présidents.

                2)    Organisation

Instructions des affaires par un rapporteur. Gouvernement représenté par un commissionnaire : le directeur de la DGCCRF, il présente des observations mais n’a pas le droit de vote.

                3)    Saisine

Peut être saisie : par toute autorité publique (fonction consultative) ; par le ministère de l’économie, ou toute entreprise, ou toute collectivité professionnelle (fonction contentieuse) ; peut se saisir d’office.

Notification des griefs à l’entreprise qui a 2 mois pour présenter des observations écrites. CC choisi : procédure simplifiée (sanctions d’un montant maximum de 750.000€) ; recours devant la Cours d’Appel de Paris (peut faire l’objet d’un pourvoi en cassation).

 

II    La DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes)

 

Exerce au sein du Ministère EFI (de l’Economie, des Finances et de l’Industrie) une mission de régulation à l’égard de l’ensemble des acteurs économiques (entreprises, conso et élu locaux) et veille au fonctionnement loyal et sécurisé des marchés.

Administration proche du public, implantation dans toute la France :

-       Administration centrale à Paris regroupe : DNECCRF (Direction Nationale d’Enquête…), ENCCRF (Ecole Nationale…), direction des laboratoires, service informatique.

-        directions territoriales : 22 régionales (DRCCRF), 71 départementales (DDCCRF), 8 interrégionales (DICCRF).

 

A.           Mission de régulation

                1)    Respect de la concurrence

Lutte contre les ententes et abus de position dominante (pratiques anti-concurrentielles) en les détectant, les analysant et en proposant au Ministère EFI de saisir le Conseil de la Concurrence.

                2)    Contrôle des concentrations

Soucis de bon équilibre entre croissance externe des entreprises face à la mondialisation et les exigences d’une concurrence saine.

                3)    Loyauté des relations commerciales entre fournisseurs et distributeurs

Lutte contre les pratiques abusives (co-opérations commerciales). Autorités judiciaire civile et/ou pénale pourra être saisie.

                4)    Accès équitable et transparent de la commande publique

Veille à la transparence des procédures de marché public. Détection des indices de favoritisme.

 

B.  Mission de surveiller la qualité des produits et services et loyauté des transactions

                1)    Garantie de la qualité

Détermine quelle qualité le consommateur est en droit d’attendre. Elabore des règles d’étiquetage, de composition et de dénomination des marchandises. Contexte de plus en plus communautaire ou mondial : Codex Alimentarius imposé à l’UE.

                2)    Valorisation de la qualité

Favorise le développement des dispositifs de valorisation de la qualité (normes, labels…) avec administrations concernées et en concertation avec les professionnels. Est garante des qualités supérieures annoncées.

                3)    Lutte contre les contrefaçons

Avec Douane, Police, Gendarmerie…

 

C.    Protection des consommateurs (cf. P II Ch.1 Section 1.)

 

III.  Les juridictions de droit commun

Tribunaux de commerce et juridictions répressives prononcent des sanctions et réparent le préjudice.

 

 

Ch. 2  La Concurrence Déloyale

 

Section 1.     Le fondement de la notion de concurrence déloyale

 

I    Le rapprochement avec la RCD (Responsabilité Civile Délictuelle)

Théorie qui résulte des travaux de la doctrine et de la jurisprudence. Limite les principes de la libre concurrence en sanctionnant des pratiques déloyales effectuées par des commerçants qui violent les usages en vigueur dans leur profession ou activité. Art. 1382 et 1383 du Code Civil : sanctionne les agissement ayant entraînés un préjudice sur la base de la RCD. C’est donc une faute entraînant un dommage pour le concurrent.

 

II             Le lien de concurrence et la faute

Les parties agissent sur les même marché vis-à-vis des même clients. La concurrence déloyale englobe la concurrence déloyale « stricto sensu » (violation des usages) et la concurrence illicite (sans intention de nuire). Il faut un lien entre la faute (intentionnelle ou par négligence) et le dommage.

 

III      La concurrence déloyale et le droit pénal

Grande utilité dans les domaines non couverts par une réglementation spéciale. Beaucoup de commerçant préfère la réparation civile (l’entreprise  victime saisit le Tribunal de Commerce, se porte partie civile et perçoit des dommages et intérêts en réparation du préjudice subit), à la répression pénale. Le droit pénal sanctionne indirectement certains comportements déloyaux comme la contrefaçon.

 

Section 2.  Les comportements déloyaux

 

I    Le dénigrement

Discréditer, porter atteinte à ses concurrents de manière volontaire et non fondée en diffusant de fausses informations sur ses produits, sa personne. Le nom de la compagnie n’est pas forcement prononcé mais elle reste identifiable.

 

II  L’imitation, la confusion

Imiter un concurrent, induire un consommateur en erreur, pour détourner la clientèle en assimilant les produits ou en récupérant la réputation du concurrent (ex : « costume façon Cardin).

 

III    La désorganisation de l’entreprise

Déstabiliser l’organisation interne d’une entreprise concurrente tant dans sa production que dans la gestion de son personnel (ex : débaucher du personnel). Jurisprudence sanctionne les actes de destruction ou de dégradation des moyens publicitaires, le détournement de commande…

 

IV    Le parasitisme

Profiter de la notoriété d’une marque pour développer sa propre clientèle. Pas d’imitation mais plutôt adoption d’un comportement qui correspond au savoir-faire d’un concurrent.

 

 

Ch. 3  Les Pratiques Anti-Concurrentielles

 

 

Section 1.   Les pratiques anti-concurrentielles susceptibles de fausser le marché

 

I     L’abus de position dominante et l’abus de dépendance économique

 

A.    L’abus de position dominante

 

Lorsqu’une entreprise ou un groupe d’entreprise profite de sa puissance économique ou de son quasi monopole sur un marché pour s’imposer de manière abusive. Art. L442 CC : « consiste en un refus de vente ou en condition de vente discriminatoire, ainsi que la rupture de relation commerciale parce que le partenaire refuse de se soumettre à des conditions commerciales injustifiées ».

 

                1)    Les critères de la position dominante

La position dominante doit être détenue soit par une entreprise, soit par un groupe d’entreprise, qui jouit d’une situation de monopole, faussant les condition de l’offre sur un marché donné.

Le Conseil de la Concurrence apprécie les limites de ce marché sur le plan géographique (définit la nature régionale ou nationale d’un marché selon confrontation offre/demande, déplacement à effectuer pour passer commande, localisation des achats et de l’écoulement)  et sur le plan du produit (degrés de substituabilité).

                2)    Les critères de l’abus de position dominante

Art. 8 de l’ordonnance de 1986 : lorsque « les activités de l’entreprise ont pour objet ou peuvent avoir pour effet d’empêcher, de restreindre, ou de fausser le jeu de la concurrence »

                3)    Le lien de causalité entre la position dominante et l’effet produit par le comportement prohibé

Lorsque les conditions de commercialisation sont verrouillées par une entreprise, les concurrents sont tenu de s’aligner sur les conditions qu’elle leur impose.

                4)    L’appréciation de l’abus de position dominante en droit communautaire

L’abus doit être susceptible d’affecter le commerce entre Etats Membres. Tout comportement pouvant limiter le libre jeu de la concurrence sur le marché européen.

 

B. L’exploitation abusive de l’état de dépendance économique

 

La loi du plus fort impose des conditions de commercialisation aux parties plus faibles qui ne peuvent trouver de solution équivalente.

3 facteurs pour apprécier l’absence de choix : part du fournisseur dans le CA du distributeur abusé ; notoriété de la marque ; impossibilité pour le distributeur d’obtenir d’autres fournisseurs des produits d’équipement.

 

C. Les sanctions

 

-       Droit national et droit communautaire appliqués en parallèle. La Commission Européenne peut dessaisir le Conseil de la Concurrence en ouvrant ses propres procédures et prononce des sanctions allant de l’injonction à l’amende.

-       Le Conseil de la Concurrence peut, en marge des actions en dommages et intérêts engagées par les victimes, infliger des sanctions pécuniaires (maximum : 10% du CA annuel).

-       Art. L420.3 du CC prévoit que tout engagement, convention, ou clause contractuelle qui se rapporte à l’abus de position dominante est nul.

 

II   Les ententes prohibées

 

A.   En droit français

1)    Le principe

Les actions concertées, les conventions, les ententes explicites ou tacites (pas d’acte écrit) et les coalition, sont prohibées lorsqu’elles :

-       limitent l’accès au marché ou le libre exercice de la concurrence,

-       font obstacle à la libre fixation des prix du marché,

-       limitent ou contiennent production, débouchés, investissements, progrès technique.

Elles peuvent être volontaires pour fausser délibérément la concurrence, ou passive. Elles doivent se tenir sur un lieu de référence (échelle nationale, européenne, ou mondiale). Les participants peuvent être des personnes physiques ou morales.

2)    Les dérogations exceptionnelles

Art. L420-4 du Code Commerce en prévoit deux :

-       Si la loi l’autorise. Par exemple en matière agricole si les ententes entre producteurs bénéficient de « signe de qualité ».

-       Le Conseil de la Concurrence peut approuver les ententes visant à l’amélioration de la gestion des PME, ayant pour objet d’assurer un progrès économique.

 

B.   L’appréciation communautaire

Distinguer la bonne de la mauvaise entente qui a un effet réel sur la concurrence (en droit français on parle d’effet éventuel), à l’échelle communautaire.

 

C.   La sanction

- Droit communautaire : Art. 81-2 « Accords ou décisions interdites sont nulles de plein droit ». Amende allant de 1000€ à 10% du CA annuel.

- Droit interne :

-     Selon l’Art L423 tout acte qui relate une pratique prohibée est nul à juridiction civile ou commerciale, dommages et intérêts.

-     Selon l’Art L464-2 le Conseil de la Concurrence peut mettre fin au pratiques anti-concurrentielles et les sanctions pécuniaires sont proportionnelles à l’activité de l’entreprise (jusqu’à 10% du CA réalisé au cours du dernier exercice).

-     L’Art L426 prévoit une peine d’emprisonnement de 4 ans et 75.000€ d’amende.

 

III  Les concentrations contrôlées

Tout acte qui entraîne le transfert de propriété ou de jouissance sur une partie ou sur l’ensemble des biens d’une entreprise, ou tout acte qui permet à une entreprise d’exercer une influence déterminante sur une autre entreprise. Il faut vérifier que ça ne mette pas en risque la concurrence.

Ordonnance de 1986 : les concentrations sont soumises à l’autorisation du Conseil de la Concurrence et du Ministère de l’Economie. Ils peuvent soit interdire la concentration, soit demander aux entreprises concernées de revoir leur implantation pour éviter des situations de monopoles sur certains marchés ou dans certaines régions.

Formes de concentration susceptibles de contrôle : fusion ; acquisition d’entreprise ; création d’une entreprise commune devenant une entité autonome.

Quand elles ont une dimension communautaire, elles sont surveillées et réglementées par la Commission Européenne (surtout pour multinationales avec un CA très élevés).

 

IV Les aides abusives

L’Etat peut être actionnaire au sein de sociétés et injecter des fonds publics pour qu’elles honorent leurs engagement. Art. 87-1 du Traité de Rome condamne les aides abusives qui faussent la concurrence et affecte les échanges au niveau communautaire. La Commission Européenne peut autoriser les aides compatibles avec les intérêts communautaires.

 

Section 2.   Les pratiques anti-concurrentielles liées à la commercialisation

 

= « pratiques restrictives » qui n’empêchent pas mais affectent le libre jeu de la concurrence.

 

I   La répression de l’appropriation de clientèle

Ce sont les moyens mis en œuvre qui sont sanctionnés.

A.   Le prix minimal imposé

Droit interne, Art. L442-5 : fait pour toute personne d’imposer directement ou indirectement un caractère minimal au prix de revient, puni d’une amende de 15.000€, car préjudiciable aux consommateurs. Droit communautaire : sanctionné que dans la mesure où ça ne bénéficie pas aux consommateurs. Dans les deux cas : toute clause d’un contrat imposant un prix minimal en nulle et entraîne la nullité du contrat dans son ensemble.

B.   La revente à perte

Art. L442-2 « fait pour tout commerçant de revendre ou d’annoncer la revente […] à un prix inférieur à son prix d’achat effectif ». Amende : 75.000€ à 375.000€ pour personne morale.

Les dépenses publicitaire pour vanter le procédé sont punies d’une amende allant jusqu’à la moitié des dépenses de publicité.

Ce n’est pas un délit pour : produits alimentaires dans un magasin <300 m2 (objectif de s’aligner sur la concurrence voisine), produits périssables (mais pas de pub), ventes volontaires ou forcées (motivées par la cessation ou le changement d’activité), produits saisonniers (soldes).

C.   Les prix abusivement bas ou prix prédateurs

Art. L425 « sont prohibés les […] prix […] abusivement bas par rapport aux coûts […], objet ou […] effet d’éliminer […] une entreprise ». But : attirer la clientèle pour éliminer les concurrents. Situations : entreprise ayant une forte implantation et une force commerciale capable d’évincer les concurrents ; caractère suffisamment permanent et étendu ; mais pas applicable aux produits revendus en l’état. Il faut un abus. Conseil de la Concurrence compétent. Sanctions pécuniaires variables. Juridiction pénales et civiles compétentes pour punir le délit et réparer le préjudice.

 

II  La discrimination

A. Les pratiques discriminatoires

Interdites lorsqu’elles entraînent un préjudice et qu’elles déséquilibrent le jeu de la concurrence en créant un avantage ou un désavantage à l’égard d’un concurrent.  Certains clients et pas d’autres se voient proposer ou imposer des conditions de vente particulières à prix spécifique. Art. L442.6 : pratiques illicites lorsque discriminatoires et non justifiés par des contreparties réelles en créant de ce fait pour le partenaire un désavantage ou un avantage dans la concurrence. L’auteur engage sa RDC et peut aussi encourir des sanctions pénales.

B.  Le refus de vente

Autorisée d’un professionnel à un autre mais interdite de professionnel à consommateur.

 

III   La rupture abusive des relations commerciales

Art. L442.6 « […] rompre brutalement même partiellement une relation commerciale établie, sans préavis écrit, tenant compte de la durée de la relation commerciale […] »

 

 

Titre 1 : La loyauté de la concurrence

 

Section 1 : La tarification

 

La réglementation de la tarification se manifeste dans trois points de vue : dans la fixation des prix, dans l’obligation d’information et enfin dans la facturation

 

§1 : La fixation des prix

 

Après la 2nd GM, le législateur a pratiqué une politique de contrôle des prix et cette politique permettait au gouvernement de fixer les prix ou de les encadrer. L’ordonnance du 1er décembre 1986 a mis fin a cette situation. Son article 1 devenu article L410-2 du code de commerce énonce que sauf dans les cas où la loi en dispose autrement les prix (des biens, produits, services) sont librement déterminés par le jeu de la concurrence. Cette disposition est en harmonie avec le droit communautaire. Celui-ci décide que si un Etat fixe d’une manière autoritaire les prix il serait coupable d’une « restriction quantitative » puisqu’on estime qu’une telle fixation pourrait empêcher le produit des autres Etats membres sur le territoire de l’Etat qui prend la mesure. C’est de là que vient l’harmonie entre cette disposition et le droit communautaire

L’article 410-2 prévoit que la loi peut en disposer autrement et il est vrai que le législateur intervient dans un certain nombre de domaine pour fixer certains prix. Par exemple, les loyers des baux commerciaux sont dans une certaine mesure plafonnés. De même, certains prix agricoles sont fixés aussi par l’Etat. Ce qui est encore plus significatif, c’est les prévisions de l’article 410-2. Dans son 2e alinéa il est dit que dans les secteurs ou les zones où la concurrence par les prix est limité soit en raison de situation de monopole ou de difficulté durable d’approvisionnement, soit en raison de dispositions législatives ou réglementaires. Dans ce cas, un décret peut réglementer les prix après consultation du conseil de la concurrence. Donc, une possibilité d’intervention pour la réglementation des prix par le gouvernement dans certains secteurs. A partir de là on relève l’existence de pareilles interventions dans les secteurs les plus variés : médicaments, dans le domaine de la médecine (honoraires), dans le secteur du gaz et de l’électricité (situation de monopole), lorsqu’on se trouve dans une situation de crise l’Etat peut intervenir pour fixer les prix : réclamations faites au gouvernement pour intervenir dans le domaine pétrolier avec la hausse du prix du brut. Le gouvernement a refusé d’intervenir.

De même, le législateur intervient pour interdire les pratiques restrictives de concurrence et deux mesures doivent être spécialement relevées : la mesure de l’interdiction de la revente à prix imposé et la vente à perte.

 

C-   L’interdiction de la revente à prix imposé

 

L’article 442-5 du Code de commerce punit d’une amende (jusqu’à 15 000E) le fait par toute personne d’imposer directement ou indirectement un caractère minimal au prix de revente d’un produit ou d’un bien au prix d’une prestation de service ou à une marge commerciale.

Pourquoi cette disposition ? On estime qu’une fixation d’un prix minimum peut constituer un frein à la concurrence. Le revendeur ne pourra plus s’adapter aux exigences du marché si on fixe un prix minimum car il sera tenu de pratiquer au moins le prix minimum qui lui a été imposé. Par ailleurs, cette interdiction est imposée par le législateur parce que si on généralise le recours à un prix minimum on risque d’engendrer par la même une inflation.

Ce qui est interdit par le texte c’est la fixation d’un prix minimum ; il n’interdit pas l’imposition d’un prix maximum ou encore le prix conseillé. Quand un grossiste vend ses produits à un commerçant qui veut lui-même les revendre, et bien ce grossiste peut dans ce cas fixer un prix maximum que le commerçant revendeur ne doit pas dépasser. Ou bien, le grossiste fixe un prix conseillé et donc le commerçant, le détaillant, peut suivre ce prix conseillé comme il peut ne pas le suivre. Généralement il ne le vend pas à plus et donc la pratique des prix conseillés peut être source de freiner là aussi l’inflation, la hausse des prix. Pourquoi tout ca ? Pour ne pas amener le commerçant à ne pas revendre à perte car elle est elle aussi interdite

 

D-   L’interdiction de la revente à perte

 

L’article 442-2 du code de commerce punit d’une amende pouvant atteindre 75000E le fait pour tout commerçant de revendre ou d’annoncer la revente d’un produit en l’état à un prix inférieur à son prix d’achat effectif. Qu’est ce prix d’achat effectif ? C’est, d’après le texte, le prix unitaire qui figure sur la facture majoré des taxes. De quelles taxes ? Il s’agit de la taxe sur le chiffre d’affaire, des taxes spécifiques afférentes à la revente en question et le prix des transports. Donc l’infraction est constituée si le prix de revente est inférieur au prix d’achat effectif.

Pourquoi le législateur condamne la revente à perte ? L’une des raisons est que la revente à perte peut constituer l’instrument d’une politique commerciale agressive que le petit ou le moyen commerçant ne peuvent se permettre. Seule la grande distribution peut permettre de revendre à perte certains produits afin d’attirer la clientèle. Cette grande distribution parviendra à évincer des concurrents qui ne peuvent pas se livrer à de telles pratiques. C’est la raison pour laquelle le législateur intervient pour interdire la revente à perte. Cette explication nous permet de comprendre les dispositions de l’article 442-4 du Code de commerce.

Cet article justifie certaines pratiques qui ressemblent pourtant à la revente à perte qui sont quant à elles autorisées par le législateur. L’article 442-4 décide que la sanction ne s’applique pas lorsqu’il s’agit de vente volontaire ou forcée motivée par la cessation d’une activité commerciale ou par le changement de l’activité commerciale. Volontaire : le commerçant décide de cesser son activité ou décide de changer de domaine -Forcée : le commerçant se trouve dans une situation financière critique qui peut conduire à la faillite. Dans ce cas là, c’est le juge et les mandataires judiciaires qui prennent la décision de vendre les produits. De même la revente à perte est autorisée lorsque ces reventes portent sur les produits qui ont un caractère saisonnier marqué. Le législateur précise : « à condition que cette revente intervient dans la période terminale de la saison et dans l’intervalle compris entre deux saisons de vente ». Exemple des maillots de bain : on peut les revendre à perte en septembre.

 

On voit comment à travers cette fixation des prix notamment par ces interdictions de revente à prix imposé, de revente à perte, comment le législateur cherche à assurer une concurrence loyale. De même, le législateur cherche à assurer cette concurrence loyale par une obligation d’information.

 

§2 : L’obligation d’information

 

La concurrence loyale suppose que les entreprises puissent connaître les pratiques de leurs concurrents. A partir de là, le législateur impose une certaine obligation de transparence sans pour autant la pousser trop loin. L’obligation d’information ne doit pas être totale au risque de porter atteinte à la société.

L’article 441-6 du code de commerce fait obligation à toute une série de personnes concernées (producteurs, prestataires de service, grossistes, importateurs) de communiquer à tout acheteur de produit ou à tout prestataire de service pour une activité professionnelle, le barème de prix et les conditions de ventes. Il y a une peine (amende qui peut aller jusqu’à 15000E) qui peut être prononcée au cas où celui qui détient l’information refuse de la communiquer. La loi du 2 aout 2005 a élargi le domaine de l’obligation d’information et le texte décide désormais que les informations comprennent les conditions de vente, le barème des prix unitaires, la réduction de prix et les conditions de règlements.

 

§3 : La facturation

 

L’article 441-3 du code de commerce énonce que tout achat de produit ou toute prestation de service pour une activité professionnelle doit faire l’objet d’une facturation. Cette facturation est destinée à assurer une transparence tarifaire qui permet surtout de vérifier s’il y a ou non une vente à perte. Le texte précise les mentions que la facture doit comporter. La facture doit mentionner les noms des parties, leurs adresses, la date de la vente ou de la prestation de service, la quantité, la dénomination précise et le prix unitaire hors taxe des produits vendus. Pourquoi ce détail de la réglementation ? Pour obliger le commerçant à se conformer aux dispositions législatives et pour pouvoir le contrôler, pour que le commerçant ne se livre pas à des activités interdites.

 

La loyauté de la concurrence est assurée par une action en justice qui cherche à réprimer la déloyauté. L’action en question s’appelle justement l’action en concurrence déloyale.

 

Section 2 : L’action en concurrence déloyale

 

Le principe est la liberté de la concurrence donc si par un exercice sein et loyal de cette concurrence un commerçant s’approprie une partie de la clientèle d’un autre commerçant, ici le jeu de la concurrence sera considéré comme normal. Il est normal, il est régulier et le principe de la liberté de la concurrence a pour conséquence que ce procédé n’est en aucun cas condamnable.

Par contre le comportement devient condamnable si l’un des concurrents se livre à des manœuvres telles que précisément la concurrence devient déloyale, à ce moment là une action en justice est destinée à déjouer une telle concurrence. Cette action en justice est justement surnommée l’action en concurrence déloyale.

 

§1 : L’action en concurrence déloyale

 

Cette action est fondée sur les articles 1382 et 1383 du Code civil. Il s’agit de ces textes de droit commun de la responsabilité civile extra contractuelle. Ces textes permettent de sanctionner celui qui par sa faute cause un préjudice à autrui.

 

C-   Les conditions de l’action en concurrence déloyale

 

L’article 1382 du code civil oblige à réparation celui par la faute duquel le préjudice a été causé à autrui. L’article 1383 dit à peu près la même chose. Il suffit de lire ces deux textes pour s’apercevoir qu’ils posent trois conditions. D’abord l’existence d’une faute, ensuite l’existence d’un préjudice et enfin l’existence d’un lien de causalité entre la faute et le préjudice.

 

3-    La faute

 

On n’a pas une définition de la faute de manière générale. Nous n’avons aucune liste des procédés de concurrence qui sont considérés comme déloyaux. La victime qui est le commerçant qui se plaint de la concurrence déloyale doit prouver les actes constitutifs d’une telle concurrence et il doit établir leur caractère fautif. Ainsi lorsqu’il s’agit d’un dénigrement, le commerçant victime doit établir le discrédit qui est jeté sur ses produits, sur ses services ou encore sur sa personne. Pour apprécier la faute, on porte un jugement in abstracto et non pas in concreto. Un jugement in abstracto ça veut dire qu’on fait une appréciation en fonction d’un standard, d’un modèle d’un commerçant moyen placé dans les circonstances analogues à celles dans lequel se trouve celui qui se prétend victime.

Il n’est pas besoin de démontrer, de prouver que l’auteur de l’acte de concurrence déloyale a agit de mauvais foi ou de manière intentionnelle.

 

4-    Le préjudice

 

La victime de la concurrence déloyale doit démontrer l’existence d’un préjudice qu’elle aurait subi du fait de cet acte de concurrence. Exemple : elle doit démontrer un transfert de clientèle de ce commerçant victime au profit de l’auteur de la concurrence déloyale. Comme tout préjudice celui-ci aussi doit être direct et certain c'est-à-dire que ce préjudice doit résulter des actes de concurrence. Le préjudice ne peut pas être éventuel.

 

5-    Le lien de causalité entre la faute et le préjudice

 

Il faut que le préjudice soit directement lié au comportement fautif. L’examen des décisions jurisprudentielles montre que la jurisprudence est très libérale dans l’appréciation du lien de causalité. Il y a une explication à cela. Dans la pratique, l’appréciation du lien de causalité s’avère très délicate, très difficile parce que on peut toujours se demander si la perte de la clientèle a été provoquée vraiment par l’acte de la concurrence déloyale ou pour d’autres raisons ? Supposons qu’on se trouve une conjoncture économique peu favorable au développement économique à laquelle vient se greffer un acte de concurrence déloyal. Ici on peut se demander si la perte de la clientèle est du à l’acte de concurrence déloyale ou à cette situation conjoncturelle. C’est pour cela que les tribunaux ne sont pas très rigoureux dans l’appréciation de ce lien de causalité. En réalité les tribunaux se contentent de relever une simultanéité de l’acte de concurrence déloyal et du préjudice. Si cette simultanéité est relevée ils considèrent qu’il y a bien un lien de causalité entre la faute et le préjudice.

 

D-   Les sanctions de l’action en concurrence déloyale

 

C’est la réparation du préjudice qui est subie. La première chose à faire c’est d’évaluer ce préjudice. Comment évaluer ce préjudice ? La démarche la plus simple consiste à vérifier la diminution du chiffre d’affaire pour prononcer une condamnation en dommages et intérêts. La plupart du temps, les juges ne se contentent pas de condamner l’auteur des agissements déloyaux à payer des dommages et intérêts. Ils vont aussi obliger le concurrent à cesser le comportement déloyal ; par exemple si ce commerçant se livre à un dénigrement de la victime, les juges vont lui arrêter ce dénigrement et pour le contraindre, ils vont doubler leur sanction d’une astreinte si le dénigrement n’a pas cessé. En plus, les juges peuvent prononcer la publication de leur décision par voie de presse. C’est une sanction sévère car elle est de nature à redonner à la clientèle une confiance en ce commerçant victime des agissements déloyaux et va montrer que l’auteur des actes déloyaux est lui aussi déloyal.

 

§2 : Les agissements déloyaux

 

Traditionnellement on présente trois sortes d’agissements déloyaux : la désorganisation, le dénigrement et la confusion. Plus récemment, la jurisprudence retient un nouveau comportement considéré comme déloyal ou plutôt que l’on rapproche du comportement déloyal : le parasitisme.

 

A-   La désorganisation

 

C’est l’un des actes de concurrence déloyal fréquent et qui consiste à se livrer à une désorganisation interne de l’entreprise victime. Cette désorganisation elle-même peut prendre plusieurs formes. Par exemple, une entreprise peut révéler les secrets de fabrication d’une entreprise concurrente. C’est ce qu’on appelle l’espionnage industriel. La désorganisation peut également prendre la forme du débauchage du personnel. En lui-même le fait de débaucher le personnel d’un concurrent et le cas échéant l’embaucher chez soi, n’est pas fautif, en vertu du principe de la liberté de travail. Il arrive que le salarié soit lié à son employeur par une convention de non concurrence : le salarié s’engage à ne pas travaillé au profit d’un concurrent en fin de contrat de travail afin de protéger l’entreprise employeur contre la violation du secret. La jurisprudence tempère cette clause parce que le salarié doit vivre donc doit travailler. Le débauchage devient irrégulier si un commerçant aide le personnel d’un autre commerçant à quitter l’entreprise alors qu’il y a une clause de non concurrence ou sans respecter le délai de préavis.

Il peut y avoir aussi une désorganisation de l’activité ou des méthodes commerciales. On voit un détournement des commandes.

 

 

B-   Le dénigrement

 

Il consiste à jeter le discrédit sur une entreprise ou sur ses produits. Il y a des procédés qui peuvent ressembler à un dénigrement mais qui ne le sont pas : la publicité comparative. Cela consiste à comparer les prix des produits identiques dans les mêmes conditions chez deux commerçants différents. Cette comparaison contribue à assurer la transparence d’un marché qui est soumis à la concurrence. Et en ce sens elle ne constitue pas un acte de concurrence déloyal donc ce n’est pas un dénigrement à proprement parlé. Mais dans le Code de la consommation il est prévu que cette publicité comparative ne peut entrainer le discrédit ou le dénigrement.

 

C-   La confusion

 

La concurrence déloyale peut résulter d’une confusion créée par l’utilisation d’un signe de ralliement de la clientèle qui soit proche de celui d’un concurrent. La déloyauté consiste à profiter indument de la notoriété ou du succès d’un autre. C’est ce risque de confusion qui est analysé comme un agissement déloyal.

On peut utiliser une enseigne proche de celle d’un concurrent, on peut imiter la marque du concurrent, le conditionnement des produits du concurrent. A nouveau la jurisprudence rappelle que la confusion soit intentionnelle ou non.

 

D-   Le parasitisme

 

C’est le fait de tirer profit des initiatives des efforts de la réputation d’un concurrent afin de concourir ou d’entamer sa clientèle. Le parasitisme ne doit pas être assimilé à la confusion. La confusion consiste en un risque de méprise chez la clientèle donc je chercher à tromper la clientèle ; alors qu’ici on se place dans le sillage d’un autre commerçant pour profiter des retombés sans chercher réellement à s’approprier le nom d’autrui, le produit d’autrui…

Un exemple de parasitisme retenu par les tribunaux. A Baccara la rue longeant les cristalleries s’appelle la rue des cristalleries. Un verrier vient louer un local dans la rue des cristalleries et qui met son nom en petit caractère. Il a été considéré comme un parasite. Il a essayé de tirer profit des retombés de ces cristalleries de Baccara.

 

 

 

Titre 2 : Le principe de la liberté de la concurrence

 

 

Ce principe s’exprime par l’interdiction et la condamnation de nature à mettre en échec ce principe. Il peut s’agir de comportements qui tendent à restreindre le jeu de la concurrence. Il peut s’agir de comportements anti concurrentiels (concentrations)

 

Section 1 : Les comportements restrictifs de la concurrence

 

Cf. Infra : Interdiction de la vente à prix imposée, de la revente à perte… Ils constituent aussi des comportements qui sont restrictifs de la concurrence.

L’article 442-6 du Code de commerce est issu de la loi du 3 janvier 2003. Ce texte énumère un certain nombre de comportements, de pratiques et l’auteur de ces comportements ou de ces pratiques engage sa responsabilité.

 

§1 : Les comportements répréhensibles

 

E-   Les comportements discriminatoires non justifiés

 

L’article 442-6 I- 1° les prévoie. Le législateur condamne tout producteur, commerçant, industriel, artisan qui pratique à l’égard d’un partenaire économique ou qui obtient de lui certains avantages (prix, délais de paiements, conditions de vente) qui sont discriminatoires et qui ne sont pas justifiés par des contreparties réelles. Ces comportements est répréhensible parce qu’ils sont de nature à créer un désavantage ou un avantage dans la concurrence. Pour une opération promotionnelle, une grande surface obtient de son grossiste un avantage. Le texte prévoit le fait de procurer un avantage ou un désavantage dans la concurrence. Ce sont des comportements qui sont mis sur un pied d’égalité car l’essentiel c’est pour le législateur qu’il n’y ait pas de pratiques qui tendent à avantager ou à désavantager un partenaire dans le jeu de la concurrence et ce sans qu’il y ait eu une contrepartie.

L’article 442-6-I-2°a) réprime le fait d’obtenir ou de tenter d’obtenir d’un partenaire commercial un avantage quelconque qui ne correspond à aucun service commercial effectivement rendu ; ou encore un service disproportionné par rapport à l’avantage.

La législation française, la législation internationale et la législation communautaire se télescopent.

De même le texte condamne le fait d’obtenir ou de tenter d’obtenir, sous la menace d’une rupture brutale, totale ou partielle de l’activité commerciale, des prix, des modalités de vente, des conditions de coopération commerciale qui sont tous dérogatoire.

Ce qui est interdit c’est donc toute recherche ou l’obtention d’un avantage alors qu’il y a en contrepartie aucun service réel. Le texte condamne tout rechercher ou obtention d’un avantage qui soit manifestement disproportionné. Cela dit, parfois les comportements discriminatoires peuvent être autorisée : la jurisprudence décide qu’un traitement différencié ne constitue pas une pratique discriminatoire lorsque les entreprises concernées opèrent sur des marchés distincts.

 

F-   L’abus de dépendance

 

L’article 442-6-I-2°b) réprime le fait d’abuser de la relation de dépendance dans laquelle un producteur, un commerçant, un artisan, un industriel tient un partenaire ou bien abuser de sa puissance d’achat ou de vente en le soumettant à des conditions commerciales ou à des obligations injustifiées. Ici on arrive à obtenir des obligations injustifiées en raison de la situation de dépendance dans laquelle on se trouve

De plus, le texte énonce « Le fait de lier l’exposition à la vente de plus d’un produit à l’octroi d’un avantage quelconque constitue un abus de puissance de vente ou d’achat dès lors qu’il conduit à entraver l’accès des produits similaires des pts de vente ».

 

G-   La rupture brutale abusive

 

 

L’article 442-6-I-2°5e réprime le fait de rompre brutalement même partiellement une relation commerciale établie sans préavis qui tienne compte de la durée de la relation commerciale et qui respecte la durée minimal de prévis. L’hypothèse est celle d’une relation commerciale entre les parties peut importe qu’il y ait un contrat écrit ou non. Ensuite l’une des parties met fin à cette relation de manière brutale.

 

H-   La violation de l’interdiction de revente hors réseau

 

L’article 442-6-I-6e condamne le fait de participer directement ou indirectement à la violation de cette obligation de revente ou à la violation de l’exclusivité.

 

I-     Les conditions de règlements abusifs

 

L’article 442-6-I-7e réprime le fait de soumettre un partenaire à des conditions de règlement manifestement abusives compte tenu des usages commerciaux et qui s’écarte du créancier sans raison objective. Ce texte considère que le fait d’obtenir des délais de paiement qui ne sont pas admis par l’usage, ce fait constitue en lui-même une pratique qui est abusive et donc condamnée par les textes.

 

§2 : La sanction

 

Deux types de sanctions qui sont prévus par l’article 442-6 : la nullité de certaines clauses ou la responsabilité civile de l’auteur des comportements répréhensibles

 

B-   La nullité des clauses

 

Le grand II de l’article 442-6 déclare nulles les clauses par lesquelles une partie cherche un avantage. De même l’avantage d’obtenir le paiement d’un droit d’accès au référencement préalable à la passation de toute commande, ces clauses sont frappées de nullité absolue. Autrement dit, ces comportements sont considérés comme contraires à l’ordre public.

 

C-   La responsabilité civile

 

La responsabilité civile est consacrée par l’article 442-6. Dès le début de cet article, le législateur énonce que « l’auteur des comportements répréhensibles engage sa responsabilité ». Cette responsabilité est fondée sur le droit commun c'est-à-dire la plupart du temps sur les articles 1382 et suivants du Code civil. Ces textes sont ceux qui consacrent avec leurs conditions, leurs effets, toutes les règles sur la responsabilité extra contractuelle. L’action en responsabilité va elle aussi être exercée selon les conditions et règles du même droit commun. Par exemple, elle sera portée devant la juridiction civile ou commerciale selon la qualité des parties en présence. De même pourra exercer cette action toute personne qui justifie d’un intérêt.

La loi du 15 mai 2001 a reconnu au ministère de l’économie et des finances la possibilité d’agir lui-même en nullité ou en responsabilité pour comportement illicite. Bien entendu, l’action peut également être exercée par le ministère public et même par le président du conseil de la concurrence lorsque celui-ci constate une pratique répréhensible

 

Section 2 : Les comportements anti concurrentiels

 

§1 : Les comportements répréhensibles

 

Trois séries de comportements considérés comme anti concurrentiels : les ententes prohibées, l’abus de position dominante, l’abus de dépendance économique. Ces notions sont très difficiles à cerner, voyons ce qu’elles recouvrent…

 

C-   Les ententes prohibées

 

3-    Le droit communautaire

 

Elles ont été définies par le droit communautaire, notamment à l’article 81 du traité qui a institué la communauté européenne : « sont incompatibles avec le marché commun et interdits tous accords entre entreprises, toute décision d’association d’entreprise et toutes pratiques concertées qui sont susceptibles d’affecter le commerce entre Etats membres et qui ont pour objet ou pour effet d’empêcher de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence à l’intérieur du marché commun ».

Ce même article 81 du traité nous donne un certain nombre de comportements pour illustrer ce qu’il vise par ces ententes prohibées. Ainsi sont prohibés le fait de fixer de façon directe ou indirecte des prix d’achat ou de vente ou d’autres conditions de transaction ; prohibé aussi le fait de contrôler la production ; de même interdit de limiter ou de contrôler les débouchés, le développement technique ou les investissements ; il est interdit de répartir les marchés ou les sources d’approvisionnement ; interdit d’appliquer des conditions inégales à des prestations équivalente (cela fausse le jeu de la concurrence).

Ce qu’il faut retenir de ce texte c’est que cet article suppose pour l’entente soit prohibée, la réunion de trois conditions : il faut un accord ou une pratique concertée ; il faut ensuite que l’accord ait pour objet ou pour effet d’empêcher de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence à l’intérieur du marché unique ; il faut que le commerce entre les Etats membres soit affecté ou soit susceptible d’être affecté par ces pratiques.

Il y a deux sortes d’ententes : les unes sont qualifiées d’ententes horizontales, les autres sont qualifiées d’ententes verticales. L’entente est horizontale lorsqu’elle réunit des concurrents qui veulent échapper aux lois du marché. L’entente est verticale lorsqu’elle prend place entre non concurrents (ex. quand elle est instituée entre des distributeurs et des fournisseurs : ce sont des partenaires et non des concurrents). En tout cas, toujours l’entente, qu’elle soit verticale ou horizontale, si elle est qualifiée de prohibée peut échapper à la sanction et cela en application du principe du rachat.

L’article 81 énonce que ces dispositions qui interdisent ces ententes prohibées peuvent être déclarées inapplicables si les accords ou les pratiques contribuent à améliorer la production ou la distribution des produits ou bien à promouvoir le progrès économique, technique tout en réservant aux utilisateurs une partie équitable aux profits qui en résultent. L’entente cessera d’être prohibées (ex. dans les circuits de distribution, on ne peut pas parler d’entente prohibée).

 

4-    Le droit français

 

Le droit français a suivi de très près cette définition communautaire. L’article 420-1 du code de commerce considère répréhensible toute entente qui a pour finalité de limiter l’accès au marché ou le libre exercice de la concurrence par d’autres entreprises qui a pour objet ou finalité de faire obstacle à la libre jeu du marché artificiellement leur hausse ou leur baisse.

De même le texte prohibe le fait de limiter ou de contrôler la production, les investissements, de contrôler les progrès techniques ou de répartir le marché ou les sources d’approvisionnement.

L’entente suppose une pluralité d’entreprises qui vont se concerter entre elles pour fausser le jeu de la concurrence. La preuve est libre. Elle peut résulter de l’indice, de présomptions qui permettent d’établir l’existence d’une entente prohibée.

L’article 420-1 prévoie que certaines catégories d’accords ou certains accords peuvent être reconnus comme satisfaisant. Ce texte nous donne l’exemple d’accords qui ont pour objet d’améliorer la gestion des entreprises moyennes ou petites. Cela signifie qu’en droit national, nous avons comme en droit communautaire, une justification de l’entente qui est parfois retenue ; avec cette précision qu’il revient à celui qui invoque cette amélioration d’en rapporter la preuve. On a eu un procès qui était très intéressant à ce propos. C’était une entente entre un producteur de marque de prêt-à-porter. C’était une franchise entre ce producteur et un franchisé. On a démontré que cette entente, ce contrat de franchise permettait une présentation soignée des entreprises, permettait de fournir aux clients de bons conseils, de vendre les produits dans un environnement soigné ce qui a constitué un fait justificatif.

L’entente quand elle existe doit affecter réellement le marché depuis l’ordonnance du 25 mars 2004. Les ententes sont admises si elles n’affectent qu’une partie minime du marché. L’article 464-6-1 prévoie que le conseil de la concurrence peut décider qu’il n’y a pas lieu de poursuivre la procédure, donc de mettre en cause la responsabilité des entreprises, si la part du marché cumulé détenue par les entreprises qui ont participé à l’entente ne dépasse pas un certain seuil. Par exemple celui de 10% sur l’un des marchés qui sont affectés par l’accord, par la pratique. Et cela lorsqu’on est en présence d’entreprises concurrentes. On considère que l’entente est normale parce qu’elle n’affecte pas directement le marché.

 D-   L’abus de position dominante

 3-    Le droit communautaire

 Exactement comme pour les ententes prohibées, l’abus de position dominante a été consacré par le droit communautaire. L’article 82 du traité dispose : « est incompatible avec le marché commun et donc interdit dans la mesure où le commerce entre Etats membres est susceptible d’être affecté, le fiat pour une ou plusieurs entreprises d’exploiter de façon abusive une position dominante sur le marché commun ou dans une partie substantielle de ce marché ». Et comme le fait l’article 81, cet article 82 nous donne des illustrations de cette exploitation abusive de la position dominante. Il cite le fait d’imposer directement ou indirectement des prix d’achat ou de vente ou d’autres conditions de transaction, d’imposer de façon abusive des conditions qui ne sont équitables. La limitation des débouchés, du développement technique au détriment des consommateurs, l’application à l’égard de partenaires commerciaux de conditions inégales alors qu’il s’agit de prestation équivalente

Conditions pour qu’il y ait abus de position dominante : trois conditions : l’existence d’une position dominante ; un abus auquel se livre celui qui est en position dominante ; un effet, une incidence de ce comportement sur le commerce entre les Etats membres de la communauté européenne.

La CJCE a rendu un certain nombre de décisions qui définissent la position dominante de la manière suivante : il s’agit « du pouvoir de faire obstacle au maintien d’une concurrence effective sur le marché en cause en lui fournissant la possibilité de comportements indépendants dans une mesure appréciable vis-à-vis de ses concurrents, de ses clients et finalement des consommateurs ». D’une façon moins abstraite l’essentiel c’est qu’en raison de la position qu’un opérateur occupe sur le marché, il va empêcher la possibilité même d’une concurrence effective sur ce marché. De quel marché s’agit-il ? Ici on parle d’un « marché pertinent » : il s’agit d’un marché qui est déterminé d’une manière concrète en référence à un territoire déterminé et à des produits qui sont tout aussi déterminés. On va vérifier donc si sur ce territoire, sur des produits particuliers identiques ou substituables les uns des autres, s’il y a une véritable concurrence entre ces produits. C’est ainsi que l’on arrive à l’abus. Est-ce qu’il y a un abus dans l’existence de cette position dominante ? Qu’est-ce que l’abus ? Pour l’abus, il faut revenir à l’article 82 de ce même traité : il s’agit de profiter de la position dominante pour obtenir des avantages alors que dans une position non dominante on n’aurait pas pu obtenir ces mêmes avantages.

 

4-    Le droit français

 L’article 420-2 du Code de commerce se réfère aux conditions prévues à l’article 420-1 et réprime l’abus de position dominante. L’article 420-1 vise l’hypothèse d’une entreprise qu’elle soit implantée en France ou non, qui se livre à des actes qui ont pour objet de porter atteinte au jeu de la concurrence sur un marché par l’intermédiaire d’actions concertées, de conventions ou encore d’ententes. L’article 420-2 prohibe dans les mêmes hypothèses l’exploitation abusive par une entreprise ou un groupe d’entreprises d’une position dominante sur le marché intérieur (français) ou une partie substantielle de celui-ci. Ici aussi comme en droit communautaire le texte nous donne des exemples de ce qu’il considère comme un abus de position dominante. Ces abus peuvent consister en refus de vente ou encore en une rupture des relations commerciales au seul motif que le partenaire refuse de se soumettre à des conditions commerciales injustifiées. Exemple : un producteur qui a une position dominante refuse de vendre ses produits à un circuit. Le droit français rejoint le droit communautaire.

La loi du 2 aout 2005 prise en faveur des petites et moyennes entreprises a ajouté d’autres exemples en particulier les accords de gammes. Ce sont ces accords en vertu desquels le fournisseur consent une remise au distributeur si celui-ci s’engage