• Keynes vs. Néo-classiques (Jevons, Walras, Pareto, Marshall...)

    Keynes vs. Néo-classiques (Jevons, Walras, Pareto, Marshall...)

    S'agissant de l'école néo-classique, il existe plusieurs courants en son sein, mais ces courants ne sont pas forcément opposés. Il vaut mieux les concevoir comme ayant chacun contribué à la mise en place des "briques" néo-classiques.

    Les six principaux courants de l'école néo-classique sont

    • L'école autrichienne, qui compte parmi elles les pionniers de la "révolution marginaliste" : Carl MENGER (1840-1921), à l'université de VIENNE, Friedrich VON WIESER (1851-1926) et Eugen von BOHM BAWERK (18511914). Leurs héritiers furent Ludwig von MISES (1881-1973) et Friedrich von HAYEK (1899-1992). L'école autrichienne a rayonné à l'université de Vienne jusqu'aux années 1930, après quoi ses membres s'exilèrent soit au Royaume-Uni, soit aux Etats-Unis. Dans ce chapitre, nous n'étudierons qu'un tout petit aspect de la pensée autrichienne, celle qui concerne son apport à la théorie de l'utilité marginale, à travers Carl MENGER et Friedrich VON WIESER et il est bon de préciser que les autrichiens se sont très vite détachés du courant néoclassique orthodoxe, notamment en ce qui concerne l’utilisation des dérivées en économie.
    • L'école de Lausanne, qui compte principalement Léon WALRAS (18341910) et Vilfredo PARETO (1848-1923). C'est l'un des courants les plus importants de l'école néo-classique, puisque c'est à WALRAS que l'on doit, entre autres, a) la première formulation de la maximisation de l'utilité sous contrainte débouchant sur une fonction de demande et b) la mise en équation d'un système économique d'équilibre général. Quand à Vilfredo PARETO, on lui doit la notion d'optimum, que l'on qualifie d'ailleurs d'optimum de Pareto, c'est-à-dire une situation d'équilibre entre agents économiques qui, lorsqu'on l'a atteint, ne peut plus être améliorée pour aucun agent sans nuire à aucun autre.
    • L'école anglaise et son prolongement Cambridgien qui commence avec Stanley JEVONS (1835-1882), Philip WICKSTEED (1844-1927), Francis Ysidro EDGEWORTH (1845-1926) et Henry SIDGWICK (1838-1900) 83. Elle se poursuit avec Alfred MARSHALL (1842-1924), Arthur Cecil PIGOU (18771959) et nous verrons dans le chapitre 9 que John Maynard KEYNES (18831946) fut d'abord un héritier de MARSHALL, avant d'être un « adversaire théorique » de PIGOU.
    • L'école Française avec principalement Nicolas-François CANARD (17501833), Jules Étienne DUPUIT (1804-1866), Augustin COURNOT (1801-1877) et Joseph BERTRAND (1804-1866). Ils développent des outils de calcul qui sont encore utilisés aujourd'hui en microéconomie. COURNOT et BERTRAND sont connus pour l'analyse du duopole.
    • L'école suédoise et plus particulièrement l'école de Stockholm, dont nous retiendront seulement quelques noms : Knut WICKSELL (1851-1926), Eli HECKSCHER (1879-1952), Bertil OHLIN (1899-1979) et Gunnar MYRDAL (1898-1987).
    • L’école américaine avec en particulier John Bates CLARK (1847-1938) et Irving FISHER (1867-1947).

    Puis, Keynes rompt avec la pensée économique classique centrée principalement sur la question de l’affectation optimale des ressources et la fixation des prix à long terme.

    Sa célèbre déclaration « A long terme, nous serons tous morts » révèle une nouvelle approche de la politique économique. Il s’agit d’agir sur le court terme et d’utiliser la macroéconomie comme outil essentiel d’analyse.

    • Keynes s’oppose à la théorie classique selon laquelle l'offre crée sa propre demande et que le marché est toujours en équilibre.
    • Pour Keynes, le volume de l'emploi dépend uniquement de la décision d'embauche des entrepreneurs. Il n’est pas régi par un mécanisme d’offre et de demande.
    • Keynes s’oppose à la théorie quantitative de la monnaie. Selon celle-ci, la quantité de monnaie en circulation détermine le niveau des prix.

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    I)  Les néoclassiques

     Le courant néoclassique émerge à la fin du XIX ème siècle.

    -    La première rupture avec les classiques concerne le débat sur la théorie de la valeur.

    Alors que les classiques privilégiaient une approche objective basée sur la quantité de travail necessaire à la fabrication des biens, les néoclassiques proposent une théorie subjective de la valeur.

    Cette théorie va être fondée sur la satisfaction retirée de la dernière unité consommée – l’utilité marginale.

    Pour les néoclassiques, la valeur n’est donc pas inhérente aux biens ; elle dépend du jugement que les agents économiques portent sur ces biens.

    -   La seconde rupture : la manière de faire de l’économie.

     Contrairement aux classiques qui définissaient l’économie par son objet (répartition, production), les néoclassiques la définissent par un mode de raisonnement :

    L’économie c’est l’étude des moyens rares qu’un homme rationnel utilise pour satisfaire des fins.

     -   (3ième rupture) Alors que les classiques privilégiaient une vision dynamique de l’économie, les néoclassiques s’intéressent à l’équilibre des systèmes économiques.

    Globalement, ces trois ruptures viennent  de la volonté de placer les comportements individuels comme fondement de l’étude de l’économie : c’est la notion d’individualisme méthodologique.

    Les grands traits communs des néoclassiques : analyse des marchés, importance des prix, volonté de modéliser les comportements individuels.

    Comme pour les classiques, se superpose une croyance dans le libéralisme économique et une défiance vis-à-vis des théories n’impliquant pas d’égalité entre offre et demande.

    Les néoclassiques créèrent des méthodes et des outils de réflexion tres moderne qui sont encore utlisés maintenant, même si les problèmes abordées ou même l’idéologie sous-jacente ont été largement modifiés depuis.

     Parmi les créateurs de cette théorie, on distingue généralement 3 écoles :

    -          Celles de Lausanne (avec L. Walras et V. Pareto)

    -          Celle de Vienne : Menger 1840-1921), basé à Vienne, est l’auteur de « Fondements de l’économie politique » (1871). On lui doit la version psychologique du marginalisme: la théorie subjective de la valeur se base sur les motivations psychologiques des individus. Il est le père de l’Ecole autrichienne, dont les principaux représentants seront Eugen von Böhm-Bawerk et Friedrich von Wieser, puis Ludwig von Mises et Friedrich von Hayek.

    -          L’école anglaise (Jevons, Edgeworth, Marshall, Pigou)

     

    -          Stanley Jevons

     Stanley Jevons est un des fondateurs de l’école néoclassique.

    Son ouvrage principal Théorie d’Economie Politique publié en 1871

     

    -          Les contributions de Stanley Jevons

     Il a posé les bases du calcul marginaliste qui sert encore de méthode pour de nombreux travaux en économie.

    Jevons défend l’idée que la valeur dépend de l’utilité et non pas du travail.

    Sa méthode d’investigation est basée sur les comportements individuels.

    Il insiste beaucoup sur la notion de l’utilité marginale dans la compréhension des mécanismes d’échange.

     -          Utilité marginale et échange.

     L’utilité marginale d’un bien est la satisfaction procurée par la dernière unité consommée.

    Les néoclassiques, se basant sur les travaux de psychologues, ont rapidement supposé que l’utilité marginale est décroissante.

    Cela signifie que la seconde unité consommée me procure moins de satisfaction que la première, la troisième moins que la seconde…

    Cette notion d’utilité marginale permet de savoir quand l’échange est possible entre deux agents économiques.

     -          Echange et utilité marginale : un exemple

     Jean a du pain (4 pains) et Marie a du chocolat (4 tablettes)

    Il est raisonnable de penser que Jean et Marie peuvent vouloir s’échanger des biens mais quelles quantités ?

    On va supposer que Jean et Marie ont les mêmes préférences et que l’on peut mesurer en euros la satisfaction qu’ils retirent de la consommation de deux biens.

    Ainsi, pourle premier pain consommé, leur satisfaction est de 10, puis de 7 pour le second, 5 pour le troisième et de 1 pour le quatrième.

    Pour les tablettes de chocolat, les utilités marginales sont de 7, puis 5, puis 3, et enfin 1 pour la quatrième.

    Si Jean échange un pain (qui lui rapporte 1 de satisfaction), pour sa première tablette (7 de satisfaction) il a un gain de 6.

    Du coté de Marie, elle sacrifie une tablette (elle perd 1 de satisfaction) mais obtient son premier pain (10 de satisfaction) et donc elle gagne 9 (sa satisfaction est de 9)

    On voit ici que les deux parties ont intérêt à l’échange.

     A-t-on intérêt à échanger plus ?

    Jean veut-il une autre tablette ?

    En renonçant à sa troisième unité de pain, il perd 3 mais gagne 5 en obtenant sa deuxième tablette ; il est donc gagnant.

    Quant à Marie, elle renonce à sa troisième tablette (et donc à 3 d’utilité) mais comme son deuxième pain lui rapporte 7, elle y gagne.

    Ainsi chaque agent accepte un échange si ce qu’il abandonne lui procure une utilité plus faible que ce qu’il acquiert.

    Dans notre exemple, on peut remarquer que ni Marie, ni Jean n’ont intérêt à continuer à échanger.

     L’équilibre : quand il n’est pas possible de trouver deux agents qui sont prêt à faire un échange.

    Un des grands résultats de Jevons :

    A l’équilibre, le rapport des utilités marginales entre les biens doit être le même pour tous les agents.

    C’est une première façon néoclassique de déterminer quel est l’équilibre sur un marché.

     

    -          Léon Walras (1834 – 1910)

     Eléments d’économie pure parait en 1874

    Il  étudie les propriétés d’un système économique simplifié.

    Walras s’interesse aux caractéristiques d’une économie régie par la concurrence dite pure et parfaite : c’est une économie dans laquelle le grand nombre à la fois d’acheteurs et de vendeur sur chaque marché fait qu’aucun agent pris de façon isolé n’a d’influence significative sur le prix.

     En définissant clairement comment se forme un prix, comment le prix d’équilibre est celui ui égalise l’offre et la demande, Walras montre que le système économique est suceptible de stabilité.

    Autrement dit, l’équilibre (offre=demande) peut être simultanément assuré sur tous les marchés.

    Le travail de Walras consiste en une modélisation mathématique précise des comportements individuels et dans l’étude des conséquences de ces comportements sur le système économique dans son ensemble.

    C’est ce que l’on va appeler plus tard la Théorie de l’Equilibre General.

    Alors que son objet d’étude est le fonctionnement des marchés dans un état qu’il qualifie lui-même d’idéal et non de réel. Walras est un socialiste.

     

    -          Vilfredo PARETO (1848-1923)

       L’optimum de Pareto : Comment faire pour choisir entre plusieurs allocations des ressources ?

    Pareto va introduire la notion d’optimum permet de classer les allocations.

    On dit qu’une allocation est un optimum au sens de Pareto s’il n’est pas possible d’’améliorer l’utilité d’un agent sans dégrader l’utilité d’au moins celle d’un autre.

    C’est une façon de dire que les ressources ne sont pas gaspillées.

    Ce concept évacue toute considération d’équité pour se focaliser sur la notion d’efficacité.

     Le premier théorème de l’économie du bien-être

     Il s’agit de l’un des grands résultats de la théorie économique.

    Sous certaines hypothèses dont celle de concurrence pure et parfaite, l’équilibre général de l’économie est un optimum de Pareto.

    En d’autres termes, l’économie de marchés de concurrence pure et parfaite conduit à une distribution des ressources efficaces.

     

    -          Alfred MARSHALL (1842-1924)

     L’équilibre partiel  

    Il a développé le modèle de l’équilibre partiel qui confronte l’offre et la demande sur un marché donné.

    L’offre est une fonction croissante du prix, la demande une fonction décroissante du prix.

    Cest l’intersection entre la courbe d’offre et celle de demande qui permet de déterminer le prix et les quantités d’équilibre sur un marché donné.

    C’est un raisonnement très puissant qui est encore utilisé quotidiennement par tous les économistes.

     

     II ) La révolution keynésienne 

    -          John Maynard Keynes (1883-1946) : l’économiste le plus influent du XX ième siècle.

    Son ouvrage principal est la Théorie Générale de l’Emploi, de l’interet et de la Monnaie (1936)

    Les positons que va défendre Keynes :

    1)    L’importance de la demande et des crises de sous-consommation.

    2)    Le rôle positif de l’Etat dans la régulation de l’activité conjoncturelle.

    Ces positions trouvent leur source dans les insuffisances de la théorie néoclassique à répondre aux problèmes posés par la crise de 1929.

                Court terme, anticipations et incertitude.

    Alors que les néoclassiques privilégiaient généralement une analyse de long terme, Keynes s’interesse au court terme.

    Keynes : « à long terme, nous serons tous morts »

    Il doute qu’il soit possible de faire une analyse précise des comportements tant le niveau d’incertitude auquel les agents font face est important.

    Les comportements des agents dépendent de leurs anticipation et que celles-ci sont difficilement prédictibles.

    Keynes privilégie une analyse macroéconomique, à partir des grands agrégats que sont la consommation, la production, la monnaie.

    Il renoue avec l’analyse du circuit qui part de la dépense consacrée soit à l’investissement, soit à la consommation et aboutit à la formation du revenu global.

     

                Quelles conséquences de cette nouvelle conception sur la science économique ?

     Chez les classiques, les déséquilibres sur les marchés se résorbent très rapidement par un ajustement des prix.

    Pour Keynes, les prix sont rigides et l’ajustement se fait par les quantités.

    Exemple : Dans la théorie néoclassique, si les entreprises offrent moins de travail, les salaires doivent baisser.

    Dans la théorie Keynésienne, c’est le nombre de personnes employées qui baise, les salaires restant à leurs niveaux initiaux.

     

                L’importance du chômage involontaire

     La contribution la plus marquante de Keynes concerne son analyse du marché du travail.

    Le chômage apparaît essentiellement involontaire au sens ou au salaire en vigueur, il existe des agents qui sont prêts à travailler mais qui n trouvent pas d’emploi.

    La théorie néoclassique ne présentait le chômage que come soit temporaire soit volontaire.

    La théorie Keynésienne permet de proposer une alternative crédible au dogme néoclassique.

    L’Etat peut procéder à une politique de relance (baisse des impôts, augmentation des dépenses publiques…)

    Les gouvernements peuvent changer les anticipations des entrepreneurs et entrainer l’ensemble de l’économie vers du plus de croissance.

               

                Le renouveau de la pensée libérale.

     Dès la fin des années 60, des courants de pensée libéraux sont revenus en force et ont remis en cause les apports de la théorie keynésienne.

    Exemple 1 : Le MONETARISME de Milton FRIEDMAN.

    Ce courant nie l’impact réel des politiques budgétaires et doute de l’impact à long terme de la politique monétaire.

    Les individus peuvent anticiper les conséquences de la politique économique et du coup en faire perdre toute efficacité.

    Exemple 2 : Les LIBERTARIENS

    Ces descendants de l’école de Vienne comme HAYEK continuent de combattre l’intervention publique.

    Ils défendent le libéralisme au moins autant pour son efficacité que pour la liberté qu’il permet de garantir.

    Ils basent leur réflexion sur la philosophie politique libertarienne que nous étudierons dans le prochain chapitre.

     

                La microéconomie de l’information.

    La microéconomie est bouleversée par l’introduction des problèmes informationnels.

    ARROW et AKERLOF : les asymétries de l’information qui sont une source d’inefficacité du marché.

    Un vendeur peut ne pas révéler toute l’information qu’il possède à l’acheteur potentiel.

    Cela conduit tous les acheteurs potentiels à se retirer du marché. Il s’agit d’un problème d’anti-sélection.

    Anti-sélection : il y a asymétrie d’information avant que l’échange ait eu lieu.

    Situation d’aléa moral : quand il  a une asymétrie d’information après que la transaction ait eu lieu.

    (Exemple : assurance maladie, mais plus grave encore ; assurance maladie)

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