• L'épargne et de la consommation des ménages

    L’analyse des principaux comportements au niveau économique : épargne et consommation

    • La consommation est la principale fonction des ménages. Elle se définit comme l’utilisation d'un bien (on distingue les biens durables dont l’utilisation est prolongée et les biens non durables qui sont détruits à la première utilisation) ou d’un service qui entraîne à plus ou moins long terme sa destruction.
    • L’épargne est la partie du revenu qui n’est pas consacrée à la consommation immédiate. L’épargne d’un ménage peut être conservée pour une utilisation différée, placée (livret A, action, Codevi...) ou investie (appartement, bijoux...)

      L'épargne et de la consommation des ménages

     

    A – La consommation des ménages 

    1 – La fonction de consommation keynésienne 

    Il faut analyser le comportement du consommateur et d’autre part identifier les déterminants sociologiques de l’acte de consommation.

    L’épargne est fortement liée à la consommation. Elle consiste à renoncer à une consommation immédiate, pour obtenir une satisfaction plus forte ultérieurement.

     

    A – La loi psychologique fondamentale 

    « Les hommes tendent à accroître leur consommation à mesure que le revenu croît, mais non d’une quantité aussi grande que l’accroissement du revenu ».

    La consommation détermine la demande effective, anticipée par les entreprises. Elle est une fonction croissante du revenu et que l’épargne est un résidu.

    Le taux d’intérêt, selon Keynes ne sert qu’à choisir qu’entre les différentes formes d’épargne mais n’influence pas le niveau d’épargne.

    La fonction de consommation : C = CY (PMC x Revenu) + CO

    c = Propension marginale à consommer = Variation C / Variation Revenu Co = Consommation incompressible

    B – Les analyses de KUZNETS sur le court et long terme 

    Les analyses de KUZNETS (sur le court terme) : résultats compatibles avec les travaux de Keynes. La PMC diminue lorsque le revenu baisse.

    Sur le long terme : Les résultats réels sont contraires aux travaux de Keynes. Une augmentation du revenu se traduit par une augmentation de la consommation égale.

    Dans le temps, les PMC restent stables.

     

    2 – Les prolongements de l’analyse keynésienne 

    Ø  DUESENBERRY : Effet d’imitation  la consommation n’est pas liée qu’au revenu mais a des effets sociologiques, qui cherche à imiter les gens des classes supérieures à la sienne.

    Ø  MODIGLIANI : Théorie du cycle de vie  Les ménages consomment en fonction de cycles, différentes selon l’âge (1er âge, Actif, 3ème âge). Le comportement d’épargne apparaît à partir du « 2ème âge » et permet de maintenir la consommation.

    Ø  BROWN : Effet de cliquet  le niveau de consommation est rigide, à la baisse puisqu’une fois atteint un certain niveau de revenu, si les revenus diminuent sur le court terme, la conso reste stable.

     


     

    3  La théorie du revenu permanent de Friedman 

    Notion de « revenu permanent ». Les ménages consomment en fonction de l’ensemble des revenus constatés pour les années antérieures mais aussi pour l’avenir. Remise en cause de la politique budgétaire de l’État.

    KEYNES parle lui de « revenu courant » : Les ménages consomment en fonction du revenu de la période courante, plus le revenu augmente, plus la conso augmente (moins proportionnelle) (« loi psychologique fondamentale »).

     

    4 – Les dimensions sociales de la consommation 

    2 éléments ont influencés la consommation :

    Ø  La consommation ostentatoire (par VEBLEN) : on va consommer pour avoir une certaine avance. Le signe remporte sur l’utilité.

    Ø  La notion de filière inversée (par GALBRAITH) : l’offre dicte la demande (les entreprises influencent la consommation et pousse à acheter des choses par toujours utile).

     

    B – L’épargne des ménages 

    1 – Les différentes formes d’épargne 

    Ø  Thésaurisation : Conservation des moyens de paiement

    Ø  Placements monétaires : dépôt à vue, comptes rémunérés

    Ø  Placements financiers : acquisitions de titres (actions et obligations)

    Ø  Épargne non financière : immobilier, tableaux, or

     

    2  L’équilibre « épargne  investissement » et les divergences théoriques 

    Ø  Production = Consommation + Investissement  Y = C + I

    Ø  Revenu = Consommation + Épargne  R = C + S

    Ø  Production = Distribution revenu de même montant  Y = R Par transitivité : Investissements = Épargne (I = S)

    A – Approche néo-classique et classique 

    Ø  Analyse classique : la loi des débouchés = équilibre entre Y et R, et donc entre I et S

    o    Entrepreneurs réalisent les 2 opérations : I et S

    Ø  Analyse néoclassique

    o    Investissement des entreprises : financé par l’épargne des ménages

    o    Confrontation des ménages et des entreprises sur le marché des capitaux

    Le taux d’intérêt est la variable centrale : détermine, arbitrage entre consommation et épargne.

     

    B – Approche keynésienne 

    Ø  Épargne : RÉSIDU du revenu APRÈS la consommation

    Ø  Taux d’intérêt : permet de choisir entre l’épargne financière et non financière

    Ø  Aucune épargne préalable nécessaire pour investir : possibilité de recours au crédit

    C – Approche monétariste 

    L’épargne d’un individu dépend du revenu attendu, par celui-ci au cours de son existence. Le niveau d’épargne va compenser le niveau de désépargne d’une autre période.

     

    3  Les déterminants de l’épargne et de la consommation 

    Déterminants de l’épargne :

    Ø  Facteurs conjoncturels

    o    Revenu courant

    o    Inflation

    o    Taux d’intérêt

    o    Effet de richesse

    o    Endettement

    o    Incertitude

    Ø  Facteurs structurels

    o    Démographie

    o    Protection sociale

    o    Facteurs sociologiques Déterminants de la consommation :

    Ø  Économiques

    o    Revenu disponible

    o    Niveau des prix

    Ø  Sociologiques

    o    Effet de distinction

    o    Effet de signes

    o    Effet d’appartenance

     

    C – L’investissement 

    1 – La diversité des investissements 

    Ø  Investissement de renouvellement / capacité / productivité

    o    On achète des machines permettant d’augmenter la production

    Ø  Investissements induits / autonomes

    o     Poussé par la concurrence à produire autant ou plus

    o    Pour les entreprises leader, les entreprises vont investir pour le bien de l’entreprise

    Ø  Investissements bruts / nets

    o    Anticiper les défauts ou usure des biens de production

    Ø  Investissements de portefeuille

    o    L’achat de titres financiers pour réaliser une opération de placement. Spéculation et non prendre contrôle

     

    2 – Les déterminants de l’investissement 

    A – Capacité de production 

    L’entrepreneur doit se poser plusieurs questions essentielles :

    Ø  Le facteur capital (machines) est-il utilisé à 100% ?

    Ø  Le facteur travail (salariés) n’est il pas sous utilisé ?

    Pour amener à la question centrale : les capacités maximales de production sont elles atteintes ?

     


     

    B – Le prix relatif des facteurs 

    Quel facteur privilégier pour investir ? 

    Il faudra alors comparer le prix relatif des facteurs de productions, en tenant compte de tous les critères de comparaison (coût d’achat, taux d’intérêts, usure des machines contre charges salariales, salaires et cotisations, risque de maladies, grèves, etc.)

     

    C – Le niveau de la demande 

    C’est une variable importante dans le choix d’investir (ou pas)

    Ø  Si la demande est estimée comme stable par l’entrepreneur, alors il n’u aura aucune utilité à investir davantage

    Ø  Si au contraire, elle est supposée croissante dans un futur proche, il pourra être envisagé d’investir

     

    D – La notion de profit anticipé 

    L’entrepreneur va calculer la différence entre l’investissement réalisé et le profit retiré grâce à ce dernier.

    Si le taux d’intérêt facturé pour investir < TX profit espéré, alors l’investissement ne sera pas envisagé puisque non rentable.

    Ex : banque prête à 5%, Taux de profit espéré : 3% L’entreprise perdrait donc 2% : investissement non rentable.

    3 – Le multiplicateur d’investissement keynésien (voir chapitre 1) 4  La croissance endogène 

    Plusieurs auteurs ont essayé de trouver une relance de la croissance :

    Ø  ROMER : rôle investissement dans R&D (Nobel en 1995). Un État doit soutenir la recherche.

    Ø  LUCAS : investissements dans capital humain (Nobel en 1995). Le capital humain doit être l’ensemble des connaissances, savoirs, compétences propre à chaque individu.

    Ø  BARRO : investissements publics. Ils permettent d’influencer les dépenses publiques.

    La croissance endogène est issue de travaux théoriques réalisés dans les années 80. Ces théoriciens rejettent l’analyse des périodes précédentes qui considérait la croissance comme exogène. Ils rejettent également l’idée que la croissance puisse tendre à un état stationnaire et sont donc convaincus que la croissance peut se poursuivre indéfiniment grâce à l’existence de rendements croissants mais également grâce aux différentes externalités positives.

    Les facteurs de croissances mis en avant par ces théoriciens ne perdent pas leur efficacité au cours du temps car ils sont « inépuisables ». (Ex : la connaissance, le savoir est un des facteurs importants de la croissance). 3 éléments sont au cœur de la croissance endogène :

    Ø  Les investissements dans la recherche et développement

    Ø  Le capital humain

    Ø  Les dépenses publiques, sources d’externalités positives.

    « Les principes et le rôle de la comptabilité nationaleLes politiques économiques et leur mise en œuvre »