• La Guerre du Pacifique ou la Seconde Guerre mondiale en Asie

     La Guerre du Pacifique : la Seconde Guerre mondiale en Asie

     La guerre du Pacifique est un épisode de la Seconde Guerre mondiale. La Guerre du Pacifique oppose l'empire du Japon aux États-Unis. Ces deux pays se disputent la possession des îles et des territoires de l'océan Pacifique.

    • Le Japon souhaitait conquérir une partie de l'Asie du Sud-Est, pour y établir une zone dominée par les Japonais. La politique d'expansionnisme du Japon se rapproche de celle de l'espace vital d'Hitler en Allemagne.
    • Les Américains gênaient les objectifs des Japonais car ils étaient présents dans le Pacifique par exemple aux Philippines et par le biais de bases militaires. Une de ces bases, Pearl Harbor, fut attaquée par l'aviation japonaise le 7 décembre 1941, ce qui provoqua l'entrée en guerre des américains dans la Seconde Guerre Mondiale.  

    A. Les difficultés japonaises en Chine

     La guerre en Asie commence en 1937 principalement, et nous l’avions dit précédemment (cf. Chapitre 6, Section 2), le Japon rencontre un certain nombre de difficultés en Chine. Brièvement, rappelons l’affaire de Mandchourie avec l’intervention japonaise en septembre 1931. La création de cet État faussement dissident du Mandchoukouo en mars 1932. Le retrait du Japon de la SDN en mars 1933 : c’est la solution à cette crise diplomatico-militaire. La guerre elle même commence le 7 juillet 1937, incident du pont de Marco Polo près de pékin. La guerre commence, le rouleau compresseur japonais se répand sur la Chine jusqu’en octobre 1938. Nous avions dit que le contrôle territorial n’est pas de tout repos pour les japonais. C’est un contrôle territorial difficile, il faut subvenir au besoin du pays occupé, et il y a quand même une population nombreuse dans une population où les japonais rencontrent une certaine résistance militaire. Résistance militaire due au Guomindang bien sûr, mais aussi de type très nouveau de la part du Parti Communiste Chinois et de ses troupes, Parti Communiste qui renaît en quelque sorte après une « longue marche », de fuite des communistes jusqu’au moment où ils arrivent à se ressaisir. Il s’allient avec le Guomindang et les japonais commencent a avoir quelques soucis à se faire.

    Du point de vue politique, rappelons que le japons avait l’ambition de faire un protectorat sur la Chine et se rendent compte que ce n’est pas possible. Ils battent même en retraite et s’entendent avec le gouvernement fantoche de Wang (cf. supra) pour reconnaître la souveraineté chinoise auprès de ce gouvernement satellite. Mais déjà les japonais se rendent compte qu’il va falloir trouver autre chose, que la Chine ne suffira pas, qu’elle est très compliquée, que l’approvisionnement en matière énergétique doit trouver de nouvelles sources et le Japon regarde vers le sud, c'est-à-dire vers l’Indochine. C’est là le rôle de la France.

    La Seconde Guerre mondiale en Asie / Pacifique

    B. L’Indochine dans la collaboration

    L’Indochine fait partie de cet Asie du sud est toute entière ou presque dominée par les puissances coloniales. Le seul pays d’Asie du sud est qui n’est pas colonisé est le Siam (actuelle Thaïlande) qui justement s’allie avec Tokyo. Au sud, se trouve l’Indonésie. Elle ne compte pas pour rien, c’est un territoire qui renferme beaucoup de pétrole, et ce qui est important, et c’est le lien avec ce qui se passe en Europe, c’est que les Pays-Bas, puissance coloniale en Asie, sont occupée par l’armée hitlérienne, et que la France, puissance coloniale en Indochine, est occupée par l’armée japonaise. Le rapport à l’Asie du sud-est est très différent. Les français sont Indochine depuis le milieu du XVIIIe siècle. En 1863 en Cochinchine, 40 000 français sont sur place, mais en 1940 encore la France est une puissance asiatique du fait de l’Indochine et des concessions qu’elle possède dans un certain nombre de ports chinois. On dit volontiers que la plus grande ville française en Asie est Shanghai. Par ailleurs la France conserve des ports sur le littoral indien. L’Angleterre est plus encore une puissance asiatique.

    Dès l’armistice du 22 juin 1940 les japonais commencent de manière symbolique à frapper à la porte de l’Indochine et commencent à faire pression sur le gouvernement général de l’Indochine pour y trouver des facilités militaires. Dans un premier temps, le but du jeu est que Tchang Kaï-chek et le Guomindang se replient dans l’intérieur. Par l’Indochine on a un accès très facile au Sichuan : via le chemin de fer du Yunnan et qui permet de rentrer dans l’intérieur de la Chine. Donc évidemment les troupes japonaises sont très intéressées d’utiliser le Tonkin (nord de l’Indochine) pour prendre à revers les troupes chinoises. On voit donc le jeu des alliances : les japonais alliés de l’Allemagne nazie qui a signé l’armistice avec la France se retournent immédiatement contre le gouvernement général de l’Indochine. L’accord avec vichy se fait en 2 temps : négocié à la fois sur place et par l’ambassadeur japonais à Vichy.

    1. première étape le 22 septembre 1940. La France autorise le Japon a utiliser des aéroports du Tonkin, il a fallu quand même que le Japon envoie un ultimatum à Vichy pour obtenir cette utilisation vers l’intérieur de la Chine et peut être au-delà. Pendant qu’un accord était signé à Tokyo même le 20 août, la France reconnaît « les intérêts prépondérants du Japon en extrême orient dans les domaines économique aussi bien que politique ». La France reconnaît en gros une certaine suzeraineté du Japon en Asie donc sur l’Indochine, en échange de quoi Tokyo reconnaît la souveraineté française sur l’Indochine. Les japonais n’exigent pas le départ des français, sauf qu’ils se superposent à cette souveraineté française.
    2. Cet accord qui avait été obtenu à la fin de l’été 1940 sur le Tonkin est étendu en juillet 1941 à toute l’Indochine, en particulier après l’accord Sato-Vichy du 21 juillet 1941 qui cette fois autorise le Japon à utiliser l’ensemble de l’Indochine, c'est-à-dire l’ensemble des ports, aéroports, possibilités de cantonnement, tout en reconnaissant la souveraineté française. C’est ça l’ambiguïté. Que faire ? Est-ce qu’on se bat, on négocie, on s’entend ? Le débat n’est pas long à trouver. Le gouverneur sortant voulait résister, il est remplacé par l’amiral Decoux qui devient gouverneur général de l’Indochine au lendemain même de l’armistice franco-allemand du 22 juin 1940.

     

    Cette Indochine française occupe une position très centrale en Asie du sud-est, les aéroports d’Indochine ont des parkings pour avion japonais : l’Indochine apparaît comme un grand porte-avion japonais pour l’Asie. Avec l’Indonésie plus au sud les japonais s’intéressent au pétrole. On est en guerre, on a besoin de tout ça. Et c’est Royal Dutch Shell, compagnie hollandaise. En 1941 les japonais se rendent en Indonésie (indes néerlandaises), mais comme la France et les Pays-Bas sont occupés par l’armée allemande, que peuvent faire vraiment les hollandais en Indonésie ? Pas grand-chose. Néanmoins les japonais restent prudent et se contentent d’une présence politique. Ils sont en train de beaucoup hésiter sur ce qu’ils doivent faire

    C. Hésitation et décisions japonaises.

    Quels sont les termes du débat en Asie ? Cela rapproche de ce qui se passe en Europe bien sûr. Dont le Japon par le pacifique est en contact avec le pacifique bien sur. Ils ne sont pas sans constater leur vulnérabilité à l’égard des Etats-Unis qui les approvisionnements traditionnellement en pétrole, et en particulier après la réélection de Roosevelt en novembre 1940 nul n’ignore que l’hypothèse d’un embargo pétrolier contre le Japon constitue une option de plus en plus crédible aux Etats-Unis. Parallèlement, les Etats-Unis et les anglais se rapprochent stratégiquement, en particulier avec la rencontre Churchill-Roosevelt d’août 1941 qui va produire un texte important, célèbre, fondamental : la Charte de l’atlantique. Or un rapprochement entre anglais et américains est quelque chose que les japonais regardent d’un œil attentif. Les anglais sont une grande puissance, et on ne peut pas faire grand-chose sans eux, donc une alliance Etats-Unis/Royaume-Uni est de nature à inquiéter fortement Tokyo, d’autant que les anglais commencent à ouvrir une route en Birmanie pour aller vers la capitale de Tchang Kaï-chek, d’autant que des conférences d’états-majors se réunissent régulièrement. Donc les japonais sont devant cette alternative.

    Les accords d’ailleurs fonctionnent un peu comme un pendule, les japonais n’ont pas beaucoup apprécié le pacte germano-soviétique de 1939, mais ils font pareil en 1941 le 13 avril ce que les allemands ne vont pas apprécier : pacte de non agression entre Japon et URSS pour 5 ans. Hitler est d’autant plus fâché que lui sait (mais autres ne le savent pas) qu’il prépare une offensive militaire contre l’URSS, alors que par parenthèse ce pacte de non agression restera valable jusqu’en 1945. ce pacte a été signé par le ministre japonais des affaires étrangères, Matsuoka, qui fait un voyage au printemps 1941 à Moscou, à Berlin, bref sur le théâtre d’Europe.

    La pression des alliés économiques et diplomatique contre le Japon se fait de plus en plus forte, et de plus en plus de marchandises et de matières stratégiques sont placées sous embargo vers le Japon. Matière britannique puis pétrole. La voix diplomatique ne suffisait pas pour contenir cette pression anglo-américaine, et le choix va être fait à Tokyo de laisser venir voir l’homme qui symbolise l’option de se battre contre les Etats-Unis, il s’appelle le général Tōjō, c’est lui qui va devenir le premier ministre japonais en 1941 et c’est lui qui engager la guerre du côté américain et qui va transformer l’ensemble de cette situation.

    D. Correspondances et relations

    1. Deux ambitions régionales

    Deux ambitions régionales qui se déploient dans des chronologies proches (fin des années 30), mais il n’y a pas d’équivalence absolue. Bien sur la proximité de la grande crise de 29 joue son rôle. Les ressorts de chacune des deux ambitions régionales ne sont pas tout à fait les mêmes mais elles ont tout de même des points communs.

    Quels sont les ressorts de l’offensive allemande ? Pour l’Allemagne, c’est le temps de la revanche, c’est là ce qui solidarise une majorité d’allemand derrière Hitler. Le diktat de Versailles est lavé et les conditions de l’armistice sont là pour le prouver. Ressort de l’offensive allemande, l’ultranationalisme et l’idée de conquérir voir de reconquérir un espace vital. L’idée que les allemands sont une race supérieure évidemment joue un rôle important, c’est l’héritage du courant grand allemand du XIXe siècle. Troisième élément : l’anticommunisme qui se confond dans le mépris haineux à l’égard des slaves que l’on peut rencontrer dans le nationalisme allemand à cette époque.

    Quels sont les ressorts de l’offensive japonaise ? Des éléments assez proches finalement, cette conviction que les japonais eux-mêmes rapportent est que le Japon aussi est une nation supérieure, mais encore une fois dans le nationalisme c’est presque banal de dire ça, mais de temps en temps ça prend des formes outrancières, c’est le moins que l’on puisse dire. Cette idée que le japon est une nation supérieure va avec le fait que cette nation fait corps derrière l’empereur contre la Chine, et dans une idée que le Japon finalement, parce que sans doute il a réussi sur le plan économique, a presque non seulement un droit sur la Chine mais presque sur toute l’Asie, il doit lui montrer le chemin et pourquoi pas au monde. La question chinoise motive le nationalisme japonais, l’idée que le Japon a des droits sur la Chine et même au-delà.

    2. Un mode opératoire comparable

    Ce mode opératoire comparable c’est d’abord la politique des coups de force. On connaît ça depuis l’origine de l’humanité bien sûr, mais petit à petit la vie internationale avait réussi à se donner un droit international et un droit de la guerre, et donc il y a une sorte de régression par rapport à ces régulations, à cette organisation de la vie internationale qui n’excluait pas la guerre mais qui la codifiait. Ces coups de force du côté japonais ce sont bien sur les attaques contre la Chine en 1894/95, facilités par la supériorité navale écrasante du Japon. C’est l’attaque contre la Russie en 1904/5. De manière tout a fait intéressante, le Japon ne déclare pas la guerre à la Russie : le Japon lance par surprise une opération armée contre le port russe en Mandchourie du sud : port Arthur. La guerre commence comme ça. Coup de force japonais déguisé plus moins en Mandchourie. Coup de force non déguisé mais sans plus de déclaration lorsque commence l’invasion de la Chine par le Japon.

    L’Allemagne d’Hitler fonctionne par coups de force successifs plus ou moins déguisés. Si on s’en tient aux années 1930, on rappelle la loi militaire de 1935 (rétablissement du service militaire, toujours par surprise, alors que le traité de Versailles l’interdisait), la remilitarisation de la Rhénanie en 1936, l’annexion des sudètes en 1938 ainsi que la même annexée L’anschluss avec l’Autriche, et puis le coup de force sur Dantzig en 1939.

    Dans ces entrées en guerre il n’y a plus de déclaration de guerres. Ça veut dire usage de la force brute en quelque sorte. C’est le cas pour le Japon en Chine et pour l’Allemagne en Pologne puis en Russie, et idem pour le Japon face aux Etats-Unis à Pearl Harbour.

    Enfin, conquête du coté allemand de la Pologne puis de la France, etc. Conquête du coté japonais de la Chine même si cette conquête est inachevée. Enfin, notons le soucis de s’entendre avec des forces politiques collaboratrices, des gouvernement satellites. C’est un déguisement et pas un déguisement à la fois : une façon d’amener les forces politique à s’entendre, avec et le Japon et l’Allemagne.

    3. Des liens à plusieurs niveaux

    Ce sont des correspondances ou des similitudes dans l’ambition et dans le mode opératoire. Ce sont aussi des liens très formalisés. Essentiellement trois :

    1. tout d’abord le pacte anti-Kominterm, donc qui unie plusieurs pays contre l’ennemi supposé qui est l’URSS, mais c’est pas contre l’URSS proprement dit mais bien contre le Kominterm. Ce pacte anti-Kominterm est un lien idéologique fort entre l’Allemagne, l’Italie, le Japon, est signé du coté japonais le 25 novembre 1936. Le pacte germano-soviétique de 1939 et le pacte de non agression de Tokyo/Moscou de 1941, ça peut fonctionner, mais on est dans le contexte d’un pacte anti-Kominterm. Ambiguïté notamment sur la question des frontières
    2. elle passe par la France. C’est l’effet de l’armistice en France. C’est un lien conjoncturel dans une certaine mesure : l’armistice est imposé à la France mais il y a une forte correspondance entre Hitler et Tojo, et entre la France et l’Indochine, et c’est un peu le même problème qui se pose ; la France est à la fois puissance européenne et veut le rester mais aussi puissance asiatique et entendrait bien le rester. (ça se reposera pendant la guerre d’Indochine). L’effet de l’armistice est quasi-immédiat. La défaite en France entraîne la défaite (déguisée) en Indochine, par le fait que le Japon reconnaît la souveraineté française, mais défaite tout de même. Les accords Darvant-Sato ont bien montré ce lien par la France entre les deux théâtres.
    3. enfin un accord précis d’assistance mutuel entre les trois pays : c’est le pacte tripartite d’assistance mutuel, pacte stratégique au sens propre du terme, qui rassemble l’Allemagne, l’Italie, et le Japon, et ce pacte tripartite d’assistance mutuel est signé le 27 septembre 1940, peu après l’armistice française donc, dans la capitale allemande Berlin. Date importante.

     

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