• La théorie des néo-classiques et sa critique par Keynes

    La théorie des néo-classiques et sa critique par Keynes

      Le néoclassicisme énonce que sur le court terme, les marchés ne réussissent pas toujours à se stabiliser, il faut donc que les gouvernements dépensent davantage afin de stabiliser l'économie et faire redémarrer la croissance. La thèse néoclassique est donc en accord avec le Keynésianisme sur le court terme : une intervention de l’État est nécessaire en période de crise. Cependant, elle diffère sur le long terme, ce qui lui a valu les critiques des keynésiens, en affirmant que les marchés devaient être libres en période normale et trouver leurs points d'équilibre.

    I - les néo-classiques 

    On assiste à un développement très important : après l’Angleterre et la France, l’Allemagne, les USA… On assiste à une 2ème révolution industrielle, basée sur le pétrole, l’électricité.

    On assiste à de très nombreuses innovations techniques mais également des crises, mouvements de population migratoires et des guerres.

    On considère que l’école classique anglaise domine la pensée économique mondiale depuis quasiment 1 siècle et de nouvelles écoles apparaissent à la fin du 19ème siècle pour renouveler cette pensée classique en utilisant les fondamentaux de l’école classique pour avoir d’autres conclusions différentes : c’est l’école néo- classique ou marginaliste.

     

    1  Théorie de la valeur utilité 

    Dans le contexte de la fin du 19ème siècle, il y a la révolution industrielle.

    L’école libérale convaincue de l’efficacité du marché mais aussi de la théorie de a valeur fondée par l’utilité du bien.

    On assiste à une analyse microéconomique avec un raisonnement « à la marge ». La satisfaction du dernier bien utilisé. Il y a u prolongement de l’école classique mais utilisation systématique de l’individualisme méthodologique.

     

    2 – Principales écoles néo-classiques 

    Il y eu au sein de l’Europe différents courants de cette pensée néo- classique :

    Ø  École autrichienne et l’utilité marginale

    Ø  École suisse de Lausanne et l’optimum de Pareto

    Ø  École française et l’analyse du duopole

    Ø  École suédoise (HECKSCHER) et américaine (FISHER).

     

    3 – Les principaux auteurs 

    Les principaux auteurs sont : Léon WALRAS (France) ; Alfred MARSHALL (UK) ; Vilfredo PARETO (Italie) et PIGOU (UK)

    Léon WALRAS (1834 – 1910) a raisonné sur le fonctionnement parfait du système économique :

    Ø  Il considère qu’il existe 3 marchés dans l’économie : le marché des produits, le marché des services et le marché des capitaux. Ces 3 marchés sont interdépendants et qu’il peut exister une situation d’équilibre général (offre = demande)

    Ø  Il a théorisé la concurrence et cette notion « d’équilibre général ». En situation d’équilibre, lorsque les 3 marchés sont équilibrés, chaque agent économique obtient un degré de satisfaction maximal.

    Alfred MARSHALL (1842 – 1924) considère qu’on peut raisonner dans un équilibre partiel (différent de WALRAS) et met en avant la notion de

    « concurrence imparfaite » par opposition à la « concurrence pure et parfaite » de WALRAS.

    Marshall a mis en place les bases de l’économie industrielle (branche de l’économie qui étudie le fonctionnement des marchés et les comportements des entreprises sur un marché).


    Vilfredo PARETO (1848 – 1923), sociologue et économiste italien va développer la formulation mathématique de l’équilibre général de WALRAS. Il va également introduire la notion « d’optimum ».

     L’optimum de Pareto est une situation économique considéré comme un optimum s’il n’est pas 

     possible d’améliorer la situation d’un agent économique sans dégrader la situation 

     d’un autre (voir chapitre microéconomie). 

    Arthur Cecil PIGOU (1877 – 1959), économiste anglais et élève de Marshall.

    Il fait la distinction entre :

    Ø  Le coût privé : Il correspond au cout de revient (achat des matières premières + rémunérations salariés) + rémunérations des apporteurs de capitaux (dividendes).

    Ø  Le coût du dommage engendré par la production : l’activité productive va rejeter des nuisances dans l’environnement, non réparées par l’entreprises (externalités négatives).

    Il considère que le coût social se calcule en additionnant les 2 coûts. Il est important que l’État (même néo-classique) interviennent pour taxer les entreprises et pour éviter que le coût privé soit inférieur au coût social.

     

    II– La contestation du marché autorégulateur, la critique de la théorie néo classique par John Maynard KEYNES 

     

    John M. KEYNES (1883 – 1946) publia en 1936 « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie ». C’est un universitaire, théoricien et homme d’action. Contestateur du marché autorégulateur et a une influence considérable tout au long du 20ème siècle.

    1   – La crise de 1929 

    Ce qui a permis à KEYNES d’être mis en avant, c’est le krach de 1929 qui remettra en question tout ce qui a été dit auparavant :

    Ø  Jeudi 24 octobre 1929 : « jeudi noir », effondrement boursier

    Ø  Crise boursière affecte la consommation et les investissements

    Ø  Faillites d’entreprises, puis de banques dans la continuité.

    Ø  Crise financière devient une crise économique majeure

    Ø  Les solutions néo-classiques inefficaces pour résoudre cette crise

    Ø  Remise en question de l’orthodoxie néo-classique L’orthodoxie = théorie considérée comme dominante

    2   – Le rejet de la loi des débouchés 

    La loi des débouchés de SAY (Production = Revenu = Dépenses). Keynes estime que le revenu distribué ne sera pas obligatoirement dépensé (épargne possible). Il considère que la monnaie n’est pas neutre...

     

    3   – La monnaie n’est pas neutre 

    A l’opposé des néo-classiques, la monnaie est un tout sauf neutre. Keynes tente de répondre à la question :

    Pourquoi les agents économiques détiennent de la monnaie plus qu’ils n’en besoin pour assurer leurs paiements ? 

    Les motifs sont de faire face aux dépenses imprévues (dépend du revenu) mais aussi qu’on veut de la monnaie pour spéculer car la monnaie est une réserve de


    valeur parfaitement liquide et sans risque de perte de capital (si pas inflation) mais qui dépend du taux d’intérêt.

    Rappel : Pour les classiques, la monnaie est neutre et favorise les échanges.

    Le taux d’intérêt détermine le choix entre épargne et consommation

    Pour Keynes : la monnaie n’est pas neutre, elle peut-être désirée pour elle même. Le taux d’intérêt détermine « préférence pour la liquidité » (spéculation).

     

    4   – La défaillance du marché 

    Le marché ne peut pas en permanence garantir une situation de plein emploi.

    2 éléments sont importants :

    Ø  La notion d’équilibre de sous-emploi est possible car :

    o    Pessimisme des chefs d’entreprises

    o    Emplois proposés insuffisants

    Ø  Le chômage involontaire

    o    Soutien de la consommation nécessaire

    o    L’État à un rôle majeur pour l’activité économique

    « Quels sont les principes économiques de John Keynes?La naissance du libéralisme (Smith) et sa critique (Marx) »