• Qu'est ce que la concurrence pure et parfaite?

    La concurrence pure et parfaite  : conditions, définition, analyse

    La concurrence pure et parfaite est un modèle théorique de concurrence qui se rencontre très peu dans la réalité mais qui doit servir de référence.  La concurrence pure et parfaite est un régime de concurrence où les prix d’un marché agrègent parfaitement toute l’information disponible. Cela suppose (entre autres) qu’il n’existe aucune friction informationnelle, une situation rarement observée dans la réalité.

    A – 5 conditions pour un modèle idéal ? 

    C’est un modèle théorique néo-classique qui repose sur une situation parfaitement idéale. Il faut 5 conditions :

    Ø  Atomicité du marché : une multitude d’offreurs et de demandeurs, tellement nombreux qu’aucun ne peut influencer le marché en sa faveur.

    Ø  Fluidité du marché : la libre entrée et sortie du marché. N’importe quel agent peut venir sur le marché

    Ø  Homogénéité des produits sur le marché : les produits vendus au consommateur doivent être parfaitement identiques. Seul le prix peut déterminer l’achat.

    Ø  Transparence du marché : l’information doit être parfaitement accessible.

    Ø  Mobilité des facteurs de productions : on peut déplacer l’ensemble des travailleurs mais aussi les moyens financiers et techniques pour adapter la production.

     

    2  Les justifications d’un  tel  marché 

    C’est un outil de modélisation de la réalité. Il permet de décrire une norme de ce qui devrait être, affirme la souveraineté du marché. C’est un modèle de référence en droit de la concurrence. Le prix est fixé par la rencontre entre l’offre et la demande.

     

    3 – Valeur d’échange et valeur d’usage 

    Cette distinction a été faite par Aristote à la base :

    Ø  La valeur d’échange (ou valeur travail) est liée à la quantité de travail nécessaire pour produire le bien. Elle est relative à un autre bien

    Ø  La valeur d’usage est évaluée par l’utilité procurée par le bien consommé. Elle est liée aux besoins, donc subjective.

     

    A – La théorie du consommateur et la demande 

    1   La demande est le fruit d’un arbitrage 

    A – Définition et détermination 

    Demande : relation entre la quantité optimale demandée d’un bien et les valeurs possibles des variables qui la déterminent. 

    Ces variables sont principalement : le prix du bien concerné, le prix des autres biens, le revenu du consommateur, les préférences du consommateur.

    La demande optimale est déterminée à partir des meilleurs choix du consommateur par la maximisation de sa satisfaction (utilité) sous contrainte de son budget et des prix des biens différents.

    Ne pas confondre les notions : 

    -          Demande (évaluée en terme de projet « ex ante ») 

    -          Consommation (évaluée en terme de réalisation « ex post ») 

     


     

    La notion de demande indique par exemple quel serait la demande optimale du consommateur pour un bien si son prix est fixé à un tel niveau alors que la consommation montre comment la consommation a évolué en fonction de la différente valeur des prix.

     B – Représentation graphique 

    La concurrence pure et parfaite : définition, analyse, critique

    La demande est une fonction décroissante du prix (pente négative)

    L’acheteur est « price taker » (l’acheteur n’influence pas le marché)

     

    C – Les exceptions à la règle 

    Courbe de demande peut devenir une fonction croissante du prix dans certains cas.

    Ø  L’Effet GIFFEN : Concerne les biens de première nécessité (nourriture, eau).

    Ø  L’Effet VEBLEN : Concerne les biens de luxe ostentatoires

    Ø  L’effet d’anticipation : lié à une situation d’incertitude

     

    D et E – Droite de budget 

    La droite représente une infinité de combinaisons possibles compte tenu du revenu, des prix des biens X et Y

     

    F – Courbe « revenu consommation » 

     

    La concurrence pure et parfaite : définition, analyse, critique

     

    2   L’abandon de la valeur travail pour la notion d’utilité 

     A – Le paradoxe de l’eau et du diamant 

    « Il n’y a rien de plus utile que l’eau, mais elle ne peut presque rien acheter, à peine y’a t’il moyen de rien avoir en échange ».

    Un diamant, au contraire n’a presque aucune valeur quant à l’usage, mais on trouvera fréquemment à l’échanger contre une très grande quantité d’autres marchandises.

    La valeur d’un bien provient donc forcément de la force de travail. L’eau ne valant presque rien car on la trouve assez dans la nature. C’est la théorie de la valeur travail.

    Les néo-classiques vont faire évoluer cette notion : JEVONS va expliquer que la valeur d’un bien n’est pas liée de la quantité de travail mais de son utilité marginale. C’est donc de la disponibilité de ce bien à un moment donné et ce qu’il appelle de la satisfaction procuré par sa consommation qui fera sa valeur d’échange.

    Dans le cadre de l’eau, l’utilité marginale d’un verre d’eau consommé va décroître très rapidement puisque chaque verre d’eau consommé va procurer une satisfaction moins importante. A l’inverse, la satisfaction d’achat d’un diamant est lié au prestige social et va décroître plus lentement.

    PARETO lui explique que la valeur d’un bien est lié à l’échange et non à l’objet lui-même. C’est le prix d’un bien qui va devenir la référence au niveau économique.

     

    B – Les différentes utilités : totale, marginale, ordinale et cardinale 

    Utilité totale : satisfaction globale que le consommateur retire de la consommation d’un bien. 

    WALRAS est le premier auteur français à avoir écrit sur cette notion d’utilité. Il sera suivi de JEVONS, britannique. Ils ont fait de l’utilité ce qui détermine le bien.

    Utilité marginale : Augmentation de l’utilité totale lors de la consommation d’une unité supplémentaire de ce bien. Elle est décroissante. 

    Utilité cardinale : Il faut attribuer une note pour mesurer le degré de satisfaction (conception des 1ers marginalistes) 

    Utilité ordinale : Attribution d’un ordre de préférence (conception proposé par PARETO) 

     

    C – Courbes d’indifférences 

    La concurrence pure et parfaite : définition, analyse, critique

     

    Fonction d’utilité permet d’indiquer le niveau d’utilité d’un consommateur donné lorsqu’il acquiert une certaine quantité de biens X1 et X2.

    Ces courbes représentent l’ensemble des paniers X1 et X2 qui procurent la même utilité au consommateur, plus je passe vers la droite, plus le degré d’utilité est important.

    Chaque courbe représente un niveau de satisfaction différent.

     


     

    Le palier de biens B et C sont au même niveau, ils procurent donc le même degré de satisfaction

     

    D – Notion de TMS (taux marginal de substitution) 

    Le taux marginal de substitution correspond à la quantité d’un bien qui suffit à dédommager le consommateur de la perte de l’utilité d’un autre bien. 

    Le TMS entre 2 biens X et Y mesure la variation de la quantité consommée du bien Y, qui est nécessaire, le long d’une courbe d’indifférence, pour compenser une variation de la quantité consommée du bien X.

    Si je peux acheter 2 biens et que je décide d’en acheter qu’un seul, le TMS va calculer la quantité du 2ème bien pour compenser la perte de l’autre bien.

    Calcul : Rapport des utilités marginales et à l’équilibre, identique au rapport des prix.

     

    3  – La fonction de demande du consommateur 

     

    A – L’élasticité-prix de la demande 

    C’est la relation entre la variation du prix d’un bien et celle de sa demande.

    La réaction de la demande face à une modification de prix n’est pas équivalente pour tous les produits. C’est l’élasticité qui va permettre de mesurer le degré de sensibilité de la demande lorsque le prix varie.

    On dit qu’il y a une forte élasticité si le prix augmente et que la demande baisse. En revanche, si le prix augmente mais que la demande ne baisse pas ou peu, on dit qu’elle est inélastique.

    C’est l’élasticité qui va permettre de mesurer le degré de sensibilité de la demande lorsque le prix varie.

     

    B – Effet de substitution, effet revenu 

    Une variation du prix d’un bien X par rapport au bien Y va donner lieu à 2 effets :

    Ø  Effet substitution (ou effet prix) : la baisse du prix du bien X va entrainer une hausse de la demande de X par rapport à Y

    Ø  Effet revenu : si le prix du bien X diminue, le pouvoir d’achat augmente.

    La demande de tous les biens va augmenter

     

    C – L’équilibre du consommateur 

    Pour les néo-classiques, le consommateur recherche le maximum de satisfaction, c’est à dire qu’il cherche à atteindre la courbe d’indifférence la plus élevée possible. Il est limité par son budget et que la meilleure combinaison possible (optimale) est représentée graphiquement par un point d’intersection entre la courbe d’indifférence la plus élevée et la droite budgétaire.

     

    D – Le surplus du consommateur 

    Certains consommateurs aurait acceptés de payer un prix plus élevé. C’est la différence entre le prix qu’il était prêt à payer (O Qe E P’) et le prix du marché (O Qe E Pe)

     

    E – De la demande individuelle à la demande globale 

    La demande totale d’un bien émane de l’ensemble des consommateurs présents sur le marché de ce bien.

     


     

    Si l’on considère que tous les individus sont confrontés au même prix et que la demande des uns n’influence pas celle des autres.

    Agrégation des demandes individuelles = Demande globale.

     

    B – La théorie du producteur et l’offre 

     1   L’offre est aussi le résultat d’un arbitrage 

     A – Définition et détermination de l’offre 

    Offre : Quantité d’un bien économique que les producteurs souhaitent vendre à un prix donné. 

    La courbe d’offre est généralement croissante et concave du fait de la loi des rendements décroissants.

    Ces principaux déterminants sont :

    Ø  Le prix du marché

    Ø  Les coûts de production

     

    B – Représentation graphique 

    La concurrence pure et parfaite : définition, analyse, critique

     


    C – La combinaison des facteurs de production et leur rendement 

    Les facteurs de productions correspondent à tous les éléments nécessaires pour produire un bien ou un service. Il existe 2 facteurs de productions :

    Ø  Facteur travail (ensemble des salariés)

    Ø  Facteur capital

    o    Capital financier, pour créer l’entreprise

    o    Capital circulant, qui est détruit pendant la production

    o    Capital fixe : utilisé sur plusieurs cycles de production

    On considère que l’entreprise doit utiliser les 2 facteurs. On parlera de combinaison productive, c’est à dire toutes les combinaisons possibles entre 2 facteurs pour obtenir un certain niveau de production.

    Voir graphique : On considère que les 2 facteurs sont substituables.

    Plus la courbe se déplace vers la droite, plus la quantité produite par l’entreprise sera importante.

     

    D – La contrainte budgétaire : la droite d’isocoût 

    La droite d’isocoût représente toutes les combinaisons de facteurs capital et travail que l’entreprise pourra se procurer en fonction de son budget et en fonction du prix des facteurs respectifs.

     


     

    2   La combinaison optimale des facteurs de production 

     

    A – Cout total, cout moyen et coût marginal 

    Coût total de production = Dépense minimale pour produire CT = Coûts fies (CF) + Coûts variables (CV)

    Coût moyen de production (CM) = CT/quantité produite

    Coût marginal (Cm) = Supplément de coût engendrée par une unité supplémentaire produite

    La courbe de Cm coupe celle de CM au minimum de CM.

     

     

     

    B  Isoquants et TMST 


     Le point E signifie que l’entreprise utilise son budget de façon optimale et la quantité de production est la plus importante avec la meilleure combinaison de facteurs possible.

     

    C – Le sentier d’expansion 

    Si on joint les différents optimums des isoquants de l’entreprise, on peut tracer ce que l’on appelle le sentier d’expansion, qui correspond à la meilleure combinaison de facteurs possible, lorsque la production augmente.

     

    D – L’équilibre du producteur de court terme et de long terme 

     

    De court terme 

     

    Lorsqu’on a atteint 100% des capacités de production, produire une unité de bien supplémentaire ne coûte pas forcément plus cher.

    Il faut donc investir plus et donc le coût va augmenter. Lorsque la quantité augmente, le coût moyen va augmenter.

    L’entreprise doit produire la quantité qui égalise son coût moyen et son coût marginal. Au delà du point A, l’entreprise est déficitaire.

    OPAQ = Recette totale (PxQ)

     

    De long terme 

     

    On considère que le profit à tendance à s’annuler puisque qu’il attire de nouveaux concurrents et offreurs, ce qui aura tendance à faire baisser le prix sur le marché.

    Le profit global économique devient nul.

     

    E – Le surplus du producteur 

    C’est la différence entre le prix auquel il était prêt à vendre (P’ Qe E) et le prix du marché (O Qe E Pe).

     

    F – De l’offre individuelle à l’offre globale 

    Pour passer d’une offre individuelle à une offre globale, ll suffit d’agréger (additionner) l’ensemble des offres individuelles.

     


     

    C – L’équilibre de marché en situation de Concurrence pure et parfaite

     

    1  – Représentation graphique 

     

    La concurrence pure et parfaite : définition, analyse, critique

    2  – Déplacement des courbes 

    Facteurs de déplacement de la courbe de demande agrégée :

    Ø  La variation du revenu disponible

    Ø  La variation des prix ou des taux d’intérêts

    Ø  La variation des investissements publics

    Ø  Facteurs psychologiques

    Facteurs de déplacement de la courbe d’offre agrégée :

    Ø  La variation des prix ou des taux d’intérêts

    Ø  La variation des coûts des facteurs de production

    Ø  L’apparition du progrès technique

    Ø  L’arrivée d’un concurrent sur le marché

     

    3   Les réajustements d’équilibre suite à un choc de demande ou d’offre 

    Un choc en économie constitue un élément extérieur au marché, non prévisible qui va influencer positivement ou négativement l’offre et/ou la demande (Ex : la météo)

    Tous ces éléments vont influencer ces courbes

     

    4  – L’optimum de PARETO 

    L’équilibre du marché en situation de Concurrence pure et parfaite seul le marché de Concurrence pure et parfaite offre un optimum au sens de Pareto.

    On ne peut pas améliorer la situation d’un individu sans détériorer celle au moins d’un autre individu.

     

     
       
     

    La concurrence pure et parfaite : définition, analyse, critique

     

     

    « Les politiques économiques et leur mise en œuvreLa concurrence imparfaite, monopole et oligopole »