• Un résumé de l'histoire du Moyen-âge et des Temps Modernes

    2 Grandes périodes de l’histoire de France : Moyen-âge et Temps Modernes

    • - 3000 : apparition de l’écriture, début de l’Antiquité.
    • 476 : chute de l’Empire Romain : début du Moyen-âge.
    • 1492 : découverte de l’Amérique : début des Temps modernes.
    • 1789 : Révolution Française : début de l’Epoque contemporaine.

    Un résumé de l'histoire du Moyen-âge aux Temps Modernes

    • Après la chute de l'Empire romain, on entre dans une nouvelle période : le Moyen Âge. C'est le temps des invasions barbares, mais aussi l'époque de Clovis, premier roi des Francs, et de Charlemagne. C'est le temps des châteaux forts et des chevaliers.
    • Cette période s'achève avec la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, en 1492, qui pensait être arrivé aux Indes. Cette nouvelle période, appelée Temps modernes, est l'époque des grandes découvertes maritimes, des inventions. Dans cette époque, on distingue la période de la Renaissance et la période de l'Ancien Régime. La fin des Temps Modernes est fixée à 1789 : Une nouvelle grande période de l'histoire,l'époque contemporaine, débute avec la Révolution française en 1789

     

    • Début du Moyen-age : Chute de l’Empire romain d’occident en 476 : début du Moyen-Age, qui va durer 10 siècles, jusqu’en 1453 (fin de la guerre de cent ans et chute de Constantinople). > Certains font terminer le Moyen-Age en 1492 (découverte des Antilles par Colomb).
      Le Moyen-Age se subdivise en trois parties :
      -    le haut moyen-âge (avènement de Clovis 476 – chute des Carolingiens 987)
      -    le moyen-âge classique (fin du Xe – XIIIe)
      -    le bas moyen-âge (XIVe – XVe)

             Ancien régime ou temps modernes :
      La dénomination « ancien régime » est née pendant la révolution française dans des ouvrages appelés libelles. Cette expression fut adoptée à partir du moment où Alexis de Tocqueville l’utilisa dans son ouvrage L’Ancien Régime et la Révolution. On reprend l’expression pour marquer la volonté d’opposer l’ancien ordre politique d’avant 1789 au nouvel ordre bourgeois et libéral issu de la révolution.
      C’est une vision assez négative de la France monarchique qui est véhiculée dans cette expression. Elle met l’accent sur l’ancien régime politique, monarchiste absolutiste, considéré comme obsolète. On insiste sur le caractère vieillissant du régime politique.
      Tocqueville, lui, ne souhaitait pas stigmatiser l’Ancien Régime et ses institutions, mais voulait montrer que la Révolution constituait une suite logique de l’ancien régime plutôt qu’une rupture. Selon lui, les hommes de 1789 auraient achevé le mouvement centralisateur dont la dynastie des bourbons était à l’origine. Tocqueville insiste en soutenant que la monarchie absolutiste était en rupture avec le MA mais pas avec l’ancien régime. Pour lui, le monde médiéval s’est éclipsé à partir du XVIe. Il affirmait aussi que la forme moderne de l’Etat était née pendant l’Ancien Régime et non pas en 1789. Cette thèse n’est pratiquement pas contestée aujourd’hui. Elle permet d’aborder l’histoire des institutions sans émettre de jugement trop négatif, elle montre une certaine continuité de l’Etat.
      Les historiens du droit ont démontré qu’il y avait une certaine continuité dans la manière de gérer l’Etat entre l’ancien régime et le XIXe. Le changement institutionnel est en effet plus apparent que profond.

      L’expression « temps modernes » s’est forgée par réaction à celle d’ « ancien régime ». Elle fait davantage référence à un point de départ qu’à un point d’arrivée. Elle prend en compte la naissance à partir de la fin du XVe. La grande rupture est plus au XIIIe qu’à la fin du XVIIIe. Les temps nouveaux naissant au XIIIe vont être caractérisés par la redécouverte de la culture antique, des valeurs de l’antiquité auxquelles on ajoute les valeurs de l’humanisme, par une explosion démographique autant qu’une expansion géographique sans précédent. On assiste aussi à un très net progrès de l’économie de marché, à la naissance d’un  nouveau mouvement religieux, et à l’apparition en force d’une nouvelle classe sociale, la bourgeoisie, apparaissant dans la gestion de l’Etat. Les temps modernes voient les mentalités de transformer, les structures économiques changer, et les institutions politiques se développer.

      Les institutions publiques ont commencé à évoluer assez lentement à partir du début du XIIIe.
      27 juillet 1214 : bataille de Bouvines qui marque pour longtemps le caractère des institutions de la France. Cette bataille met un terme à la guerre qui oppose le roi de France Philippe Auguste à une coalition de grands princes emmenés par le roi d’Angleterre Jean Sans Terre. Philippe Auguste gagne la bataille et est soutenu par des milices communales. Cette victoire du roi de France sur les grands va marquer la fin d’une féodalité qui s’impose depuis le Xe. Elle va permettre au roi d’affirmer sur le royaume sa suzeraineté, et de réaliser autour de lui la cohésion de l’ensemble des territoires qu’il a reconquis et de s’affirmer face aux principaux souverains d’occident. Il faut attendre la fin du XIIIe pour que le roi de France affirme sa souveraineté sur le reste de ses sujets. Il passe alors du statut de suzerain à celui de souverain. Le roi sort alors totalement de la hiérarchie féodale.


       
    • I.    Le contexte historique et politique du Moyen-Age (début du XIIIe – fin du XVe)
    • 1.    Le XIIIe ou l’apogée du royaume capétien
    • a)    La vie politique
    • b)    Les institutions
    • c)    La vie économique
    • 2.    Le XIVe et le XVe ou le temps des épreuves
    • a)    La vie politique
    • b)    La vie économique et sociale
    • II.    Le contexte historique des temps modernes
    • 1.    La fin des Valois (1453-1589)
    • a)    La reconstruction du royaume
    • b)    Les guerres de religion
    • 2. Les Bourbons

    I.    Le contexte historique et politique du Moyen-Age (début du XIIIe – fin du XVe)

    Cette période est découpée en trois parties.
    Le Moyen-Age classique va se terminer au XIIIe avec le redressement de la royauté et le recul des grands seigneurs.


    1.    Le XIIIe ou l’apogée du royaume capétien


    Plus haut degré de l’expansion commencée quelques années auparavant, période de renouveau, siècle marqué par une très forte expansion démographique qui fait de l’occident un « monde plein ». A cela s’ajoute une grande expansion économique caractérisée par la poursuite des défrichements, l’essor de la draperie flamande, la mise sur pied par les italiens d’un très grand réseau commercial allant du nord de l’Europe jusqu’en Orient.
    C’est aussi un siècle qui s’ouvre avec la prise de Constantinople par les croisés. Constitution d’un empire latin d’orient. D’autres croisades vont rattacher certaines régions d’Europe à la chrétienté.
    Le XIIIe est le siècle de Louis IX, futur St Louis. Son règne s’arrête en 1270.


    a)    La vie politique

    1180 – 1223 : règne de Philippe Auguste. Ce règne est caractérisé par la lutte constante entre Philippe Auguste et Henri II Plantagenêt, à l’issue de laquelle Philippe Auguste réussit à faire prononcer la confiscation des fiefs français des rois anglais et à en conquérir la majeure partie.
    La confiscation des fiefs anglais va provoquer l’effondrement de l’empire en juin et mettre à l’abri le roi de France et son royaume, menacé par le roi d’Angleterre pendant un demi siècle. Philippe Auguste va confisquer avec l’aide de son fils Louis VIII une partie des fiefs et va permettre un accroissement du domaine royal.
    Après le règne de Philippe Auguste et de Luis VIII, vient le règne de Louis IX (1226-1270). On parle souvent du « siècle de Saint Louis ». Au XIIIe, la monarchie féodale a utilisé toutes les ressources de la féodalité pour s’imposer définitivement sur les grands seigneurs et pour faire régner la justice et la paix du roi.
    On a ensuite le règne de Philippe III (1270-1285) et de Philippe IV (1285-1314). Le pouvoir royal s’appuie alors sur la renaissance du droit romain pour développer des notions telles que l’Etat et la souveraineté.
    Les légistes entourant les rois de cette époque vont commencer à créer cette notion de souveraineté royale, en créant un certain nombre de maximes, l’une d’elles étant : « Le roi est empereur en son royaume. » Cette maxime a pour but d’affirmer que le roi de France ne peut tolérer aucune intervention extérieure y compris une intervention du pape.
    Au sein du royaume, le roi supporte de plus en plus difficilement la quasi indépendance des derniers grands fiefs (notamment l’Aquitaine), contre lesquels vont être lancés plusieurs campagnes militaires. Le roi de France chercher et obtient l’appui de l’opinion publique du royaume et de grandes assemblées vont être convoquées, composées de barons, d’ecclésiastiques, de bourgeois, pour approuver la politique royale et procurer de nouvelles ressources à la royauté par la voie de l’impôt. Ces assemblées vont concourir à la formation d’une idéologie royale.


    b)    Les institutions

    Un certain nombre des territoires recouvrés par le roi vont être cédés sous forme d’apanages au cadet de la famille royale. Au niveau local, l’administration change de visage. Aux prévaux, agents locaux du roi qui administraient ses terres, vont succéder les baillis, qui vont être chargés de surveiller les prévaux en parcourant tout le royaume et dans un second temps vont remplacer les prévaux. Petit à petit les baillis vont se fixer dans des circonscriptions. Ces hommes sont recrutés directement par le roi et rémunérés par celui-ci, ce qui signifie qu’ils deviennent un des maillons indispensables de l’administration locale.
    Au niveau central on va passer d’un système relativement simple de gestion à des organes véritablement centralisés de gouvernement, qui vont être l’émanation de la cour royale. Les organes centraux vont se développer et se fixer à Paris dans l’île de la cité.
    Le conseil de roi (curia in censilio) est un organisme politique au sein duquel sont traitées les principales affaires du royaume. Le parlement (curia in parlamento) est l’organe judiciaire du roi. A la fin du XIIIe apparaît la chambre des comptes (curia in compotis) qui vérifie la gestion des ressources financières de la royauté.
    Ces trois organes sont les premiers créés.
    C’est tout un nouveau monde d’agents plus zélés, plus compétents, qui apparaissent au XIIIe. Ils font offices de baillis et de sénéchaux.
    Le roi va pouvoir commencer à se comporter en souverain de son royaume. Une des mesures les plus efficaces dans le développement du pouvoir royal est la généralisation par Louis IX de l’appel à la justice royale, qui va donner la possibilité d’une proximité du roi avec ses sujets. Le roi ouvre sa justice à ses sujets. Cela va permettre un rayonnement du pouvoir royal sur son royaume.

    c)    La vie économique

        - Dans les campagnes :
    Au milieu du XIIIe un équilibre parfait est atteint entre la population et les ressources du sol. Au delà de nourrir la population, on va tenter d’exporter les surplus des cultures. On exporte le vin, les plantes dites industrielles (lin, chanvre).
    Autour des villes on privilégie les cultures maraichères. Les exploitants les mieux équipés atteignent des rendements jamais égalés jusqu’ici. Les communautés rurales vont commencer à obtenir de la part des seigneurs des franchises = privilèges accordés par le seigneur à des communautés, qui suppriment les droits que celui-ci exerçait auparavant de manière arbitraire.
    Les franchises donnent lieu à des actes qui énumèrent les droits accordés par un seigneur à une communauté d’habitants.

        - Dans les villes :
    Renaissance des villes liée à l’essor des campagnes. Les habitants des villes peuvent se nourrir correctement, et la prospérité des campagnes permet au commerce de se développer dans les villes. Au XIIIe siècle, les villes ont presque toutes une origine diverse. Les anciennes cités se sont développées sur les fondements des vieilles cités romaines. On a aussi des villes neuves, qui se sont constituées autour de monastères, de ports, ou de marchés.
    Le mouvement citadin se caractérise partout de la même manière : prédominance des activités artisanales et commerciales, présence d’un nouveau groupe social, la bourgeoisie. A cela s’ajoute la naissance d’une nouvelle entité politique, la commune. Ces communes jouissent d’une assez grande autonomie à l’égard des seigneurs. Le paysage urbain se transforme au profit des villes. A la tête des communes on trouve des associations d’habitants des villes qui ont pour but de défendre les intérêts collectifs de la ville.
    Le développement des villes communes est une manifestation du recul de la féodalité. Les communes se développent grâce à des liens sociaux tissés de manière horizontale entre égaux. Elle sont faites sous la foi du serment, sont souvent à l’initiative de corporations, de confréries, d’associations de paix.
    On voit apparaître l’idée de la paix de Dieu qui va mettre sous un statut particulier certains lieux : inviolabilité de certains lieux. Les églises et certaines catégories de personnes (femmes, enfants, clercs, marchands) vont bénéficier d’un statut particulier. Les villes vont donc gagner une indépendance qui ne cessera de s’affirmer.
    Ces communes vont être administrées par l’association d’habitants. Les rois vont vite comprendre l’importance de ces communes et vont tenter très tôt de s’appuyer sur ces mouvements communaux.

    -    Paris au XIIIe siècle :
    Paris est situé au sein d’une des régions les plus riches du royaume, l’île de France. Le domaine royal était pratiquement réduit à cette région d’île de France. Elle a été choisie comme capitale dès les Mérovingiens. Activités politiques, religieuses, intellectuelles, agricoles et économiques.
    Au centre : les services de la fonction politique sont regroupés au sein du palais. La fonction religieuse se concentre autour de la toute nouvelle cathédrale Notre-Dame.
    Sur la rive gauche, très rurale, on trouve le quartier intellectuel de Paris. Les activités intellectuelles vont s’épanouir au sein de l’université (1215).
    Sur la rive droit se déroulent les principales activités économiques, contrôlées par la corporation des marchands, qui ont le monopole du trafic fluvial sur la Seine et ses affluents. Au sein des Halles, lieux centraux de l’économie, la ville a posé ses marques, qui garantissent que les biens sont conformes aux règles économiques et commerciales. Le chef des marchands, appelé prévôt, est au XIIIe le représentant de la bourgeoisie parisienne. Son autorité est limitée par la présence d’un autre prévôt, le prévôt royal, qui administre la ville au nom du roi.
    Les rois capétiens n’ont jamais laissé les parisiens former une véritable commune. Cela n’empêche pas la ville d’avoir une activité extrêmement intense. En 1268 le prévôt royal Etienne Boileau recense dans son livre des métiers 101 corporations de métiers. La population de la ville dépasse déjà largement les enceintes construites par Philippe Auguste.
    Paris n’est pas la seule ville connaissant cette croissance économique fleurissante.

    -    Les foires de Champagne :
    Deux grands pôles économiques se sont formés : au Nord, grâce au commerce de la laine pratiqué par les anglais et au commerce des draps pratiqué par les flamands. Ce commerce est renforcé par l’axe de communication Manche-Mer du Nord-Mer Baltique. Au Sud, dans le Nord de l’Italie, autour des villes de Gènes et de Venise, qui utilisaient l’axe méditerranéen pour faire communiquer l’Orient et l’Occident.
    La Champagne se trouvant à mi-chemin entre les pays d’Europe du Nord et les villes italiennes, devient le lieu de rencontre du commerce Nord Sud.
    Les foires deviennent des lieux d’échange, de marché, et finalement une sorte de marché permanent.
    Le mot foire vient du latin « feria » = fête. Les marchands se réunissaient autour des monastères pour des grandes fêtes religieuses. Au fil du temps, les foires ont été protégées par l’autorité publique, et c’est dans ces foires que sont nées plusieurs règles de droit commercial, notamment la lettre de change.
    Très vite, le commerce de marchandises va être supplanté par celui de l’argent, lié au milieu des banquiers parisiens. On va donc échanger des monnaies et créer un outil qui permettra de contourner l’interdiction des prêts à intérêt (=usure) proférée par l’église. A partir de 1300, la lettre de change se développe à l’initiative des italiens. C’est un ordre écrit qui prévoit à partir d’une somme exprimée dans une monnaie donnée son échange dans un autre lieu et une autre monnaie.

    On estime qu’à partir de la fin du XIIIe, les croissances démographique et économique sont terminées.
    Les premières difficultés économiques s’accompagnent de troubles sociaux. Le règne brillant de Philippe le bel se termine en 1315. On assiste à des soulèvements de nobles mécontents de l’autoritarisme du roi. A partir du début du XIVe, se dessine une crise dynastique : en 1328, la dynastie des capétiens directs va s’éteindre.


    2.    Le XIVe et le XVe ou le temps des épreuves

    C’est une époque épouvantable non seulement pour la France mais aussi pour tout l’Occident. Elle est marquée par la guerre de cent ans et par une régression démographique provoquée en grande partie par la grande peste, mais aussi par une dépression économique. L’Eglise connaît aussi de graves crises internes. Du point de vue politique, l’Etat royal, lui, s’implante et s’affirme.
    En 1328, le pouvoir royal change de main : on passe de la branche des capétiens directs à celle des Valois, branche cadette des capétiens.
    Après plusieurs siècles d’expansion, l’Occident connaît des difficultés : à l’Est apparaît la menace des turcs ottomans, qui s’empare de Constantinople, faisant disparaître Byzance.
    Malgré tous ces bouleversements, l’Etat moderne va naitre en France.

    a)    La vie politique

    Le royaume de France est l’héritier d’un traité passé entre les fils de Louis le Pieux en 843, le traité de Verdun. Ce traité a partagé l’empire de Charlemagne en 3.
    Le domaine royal est beaucoup plus important qu’au XIe, l’expansion de ce domaine est la grandeur des capétiens directs. A l’intérieur on trouve de grands fiefs et des apanages (terres données aux cadets de la famille royale pour qu’ils puissent survivre). L’autorité du roi ne s’exerce que de manière indirecte.
    En 1328, un document fiscal estime la population du royaume à 15-20 millions d’habitants. La France est le royaume le plus peuplé de la chrétienté.
    On assiste à une baisse des rendements de la terre, à un déclin des foires de Champagne, et à la première grande famine des temps modernes.
    1314 : mort de Philippe le Bel. Trois fils se succèdent et le décès successif de ces trois fils sans héritiers males fait passer le royaume de France entre les mains de leur cousin germain, chef de la branche cadette des Valois, au détriment de la fille de Philippe le Bel et du fils de celle-ci, Edouard.
    Ce conflit dynastique a été une des causes principales de la guerre de cent ans. Autres raisons politiques : un compromis signé au milieu du XIIIe par le roi de France et le roi d’Angleterre laissait la Guyenne au roi d’Angleterre, mais en contrepartie ce dernier devait revenir dans la vassalité du roi de France. Au XIVe commencent à se former les premières théories sur la souveraineté royale.
    Raisons économiques : l’Angleterre, très grande productrice de laine, fait peser sur la France une perpétuelle menace en ce qui concerne l’artisanat textile de ces régions.

    La guerre de cent ans au XIVe siècle :
    Tout a commencé avec l’exclusion du petit fils de Philippe le Bel par sa mère, Edouard III. Dans un premier temps il semble s’incliner, et accepte de prêter hommage à Philippe VI pour la Guyenne. Mais en 1337 Philippe VI décide de faire saisir le fief de Guyenne. Edouard III dénonce l’hommage qu’il a prêté au roi de France et lance un véritable défi à ce dernier, en s’attribuant le titre de roi de France.
    Les premiers temps de la guerre de cent ans sont marqués par les victoires d’Edouard. Pour contrer les chevauchées d’Edouard, Philippe VI lève de grosses troupes d’hommes qui ne sont en fait soucieux que de prouesses individuelles. La guerre va très vite tourner à l’avantage du roi d’Angleterre.
    Philippe VI vaincu par Edouard III meurt en 1350, et c’est son fils, Jean, qui lui succède. Les anglais vont le faire prisonnier et Jean va signer un traité. Le fils de Jean, Charles V, exerce la régence pendant la captivité de son père. Il va regrouper des petites troupes permanentes, rémunérées, créant ainsi une armée. Il va réussir à récupérer une partie du royaume par le biais d’une technique de harcèlement militaire. A la fin du XIVe, les anglais ne tiennent plus que la Guyenne. En 1375, la première étape de la guerre de cent ans est terminée.
    S’ensuit une guerre civile entre les descendants de Louis IX qui cherchent tous à s’emparer du trône de France.
    La guerre de succession de Bretagne donne lieu à un conflit opposant le candidat du roi de France à celui du roi d’Angleterre.
    A la fin du XIVe, c’est un jeune garçon qui arrive au pouvoir : Charles VI. Autour de ce roi mineur se forment une série de clans. Les rivalités vont s’accentuer lorsque la folie du roi se déclare : deux clans vont se disputer le pouvoir. Le premier est celui du cousin de Charles VI, duc de Bourgogne. L’autre est celui du frère de Charles VI, duc d’Orléans. Au début du XVe, le duc d’Orléans est assassiné par le duc de Bourgogne. Commence à ce moment là une véritable guerre civile entre les bourguignons fidèles du duc de bourgogne et les Orléans armagnacs.
    Pour conquérir le trône, chacun des clans est prêt à s’allier aux anglais. Tout le début du XVe voit le conflit qui oppose les bourguignons aux Orléans armagnacs.
    Le conflit entre la France et l’Angleterre reprend à partir de la fin du XVe. Le nouveau roi anglais va promettre à la noblesse anglaise des victoires. Les succès du roi d’Angleterre sont foudroyants, et celui-ci écrase la noblesse française lors de la bataille d’Azincourt de 1415.
    En 1420 le duc de bourgogne arrive à s’allier au roi d’Angleterre qui parvient à faire signer un traité au roi de France Charles VI, le « honteux traité de Troyes ». Ce traité prévoit que Charles VI déshérite son propre fils au profit d’Henri V roi d’Angleterre, à qui il donne en mariage sa fille. La femme de Charles VI, Isabelle de Bavière, déclare que son fils est un batard.
    Deux ans plus tard en 1422, les deux rois de France et d’Angleterre meurent à quelques mois d’intervalle. Le roi d’Angleterre laisse derrière lui un nourrisson. La France est presque entièrement aux mains des anglais et le fils du roi de France est appelé le roi de Bourges.
    En 1428 les anglais assiègent la ville d’Orléans dans laquelle Charles VII s’est réfugié. Jeanne d’Arc intervient alors et réussit à galvaniser les troupes royales qui restent, et délivre Orléans. Elle emmène Charles VII à Reims pour qu’il soit sacré le 17 juillet 1429.
    Jeanne d’Arc est capturée par les bourguignons qui la livrent aux anglais. Ceux ci la condamnent à mort en 1431.
    Paris est récupéré en 1436, la Normandie en 1450. Aucun traité de paix ne vient conclure cette guerre de cent ans, mais elle est terminée en 1453.

    b)    La vie économique et sociale

    -    La peste :
    Pendant presque 150 ans, la France a connu la guerre, les chevauchées militaires, la violence des armées. Pendant les trêves, les militaires s’organisaient en bandes de brigands pour piller les campagnes et les villes. A la guerre s’ajoute la peste noire. Cette maladie a été véhiculée depuis l’Asie centrale par les caravanes empruntant la route de la soie. En deux ans, la peste a fait le tour du royaume. Froissart : « La tierce partie du monde mourut. »
    La population française a en fait baissé de moitié entre 1315 et 1450.
    A la peste s’ajoutent les famines. Les paysans et les seigneurs ruraux sont confrontés à une baisée de la production agricole. A cela s’ajoute la destruction de très nombreux bâtiments agricoles. Il faut réinventer l’agriculture.



    -    Les troubles sociaux :
    En île de France, région riche, les paysans se révoltent contre les nobles parce que ces derniers sont incapables de les protéger contre les armées anglaise ou française, contre la fiscalité royale. On appelle ces hommes du peuple qui se rebellent les Jacques (>jacqueries). La première jacquerie dure 12 jours. En 1358 la réaction fut terrible, les révoltes paysannes furent matées dans le sang, et à partir de ce moment un mécontentement latent et durable nait au sein de la population paysanne.
    Le monde urbain se déchire entre les anciens habitants des villes et les nouveaux venus chassés des campagnes par les famines. Des conflits apparaissent entre les artisans des anciens métiers et les nouveaux venus, entre les officiers du roi et les contribuables. Les révoltes spontanées vont servir de tremplin à l’expression des aspirations politiques de la bourgeoisie. De nombreuses révoltes à Paris permettent à la bourgeoisie de prendre pied dans le monde politique.
    Un seul bénéficiaire de cette mutation : le roi. Il s’est relevé des problèmes de succession et ces derniers ont même servi à exalter les vertus du sacre la fonction royale et à dégager les droits de la couronne (qui deviendra l’Etat).
    A partir du règne de Charles VII, les organes de l’Etat moderne se mettent en place.


    II.    Le contexte historique des temps modernes

    Dès la fin de la guerre de cent ans la France se redresse. A la tête du royaume se succèdent deux branches différentes.


    1.    La fin des Valois (1453-1589)


    a)    La reconstruction du royaume

    Après la reconquête des terres occupées par les anglais, les rois français ont poursuive les expansions domaniales. L’impôt est permanent, l’armée aussi, ce qui donne à la royauté les moyens de rétablir l’ordre à la fois dans les villes et dans les campagnes.
    Les derniers grands fiefs ne pourront pas survivre à la puissance nouvelle de l’armée royale. La Bourgogne et l’Anjou sont réunis au royaume. C’est aussi le cas de la Bretagne.
    La France à partir du règne de Louis XI renoue avec la croissance économique et démographique, et les Valois sont installés loin de Paris.
    La France commence à s’ouvrir aux nouveautés du monde, la justice est plus efficace et les rois commencent à s’unir.
    Les rois vont se laisser séduire par la promesse de conquête en Italie. Fin du XVe, premières chevauchées vers l’Italie. Les rois de France se mettent alors à dos l’Espagne et l’Autriche.
    Au début du XVIe, la France est opposée à une coalition de pays qui comprend les principaux pays européens, auxquels il faut ajouter le pape. On appelle cette époque l’époque des guerres d’Italie.
    1515 : mort de Louis XII : son cousin François Ier lui succède (branche d’Angoulême)
    Les rois se lient avec des intellectuels, et la Renaissance rentre véritablement à la cour de France. Des théoriciens vont aussi contribuer à donner à la monarchie une perspective nouvelle, grâce aux avancées qui sont faites dans le domaine de la philosophie politique. La royauté continue de briller, et une nouvelle classe sociale apparaît, la bourgeoisie. Elle commence à s’enrichir.
    Pendant deux siècles, la France (François Ier) est opposée à l’Autriche (Charles Quint).

    b)    Les guerres de religion

    1559-1589
    La France n’est pas seulement livrée à des conflits religieux. Une réaction aristocratique s’y ajoute, expliquant la dureté et la durée de ce conflit.
    Remise en question de l’autorité monarchique.
    La guerre civile qui se met en place est à la fois politique et religieuse.
    Les catholiques et les protestants s’affrontent sans issue décisive. Cette guerre est d’autant plus grave que les différents rois qui vont se succéder sont incapables d’arbitrer l’opposition entre catholiques et protestants.
    24 aout 1572 : massacre de la St Barthélémy (massacre de protestants)
    Devant l’horreur du massacre auquel Catherine de Médicis n’a pas su s’opposer, la royauté va désavouer la St Barthélémy et les catholiques vont former une ligue extrémiste.
    Lorsque le dernier frère d’Henri II meurt, on sait que la couronne de France va être dévolue à Henri roi de Navarre, un protestant (futur Henri IV). Il faudra tout le sens politique de ce dernier pour rétablir la paix dans le royaume.

    2.    Les bourbons

    Henri IV se convertit au catholicisme et sauve l’unicité nationale. Mais il renonce à maintenir l’unité religieuse de la France et pour la première fois en Europe un souverain admet qu’une partie de ses sujets puisse adhérer à une religion qui n’est pas la sienne.
    Cette ouverture va donner naissance au traité de Nantes, signé le 13 avril 1598, mettant véritablement fin aux guerres de religion.
    La pacification de la France est un très grand succès pour Henri IV, qui restaure l’autorité royale. Il amène l’aristocratie à se soumettre. Sully met de l’ordre dans les finances du royaume.
    Louis XIII commence son règne en 1610, et c’est sa mère Marie de Médicis qui décide d’exercer la régence. L’anarchie réapparaît et dure jusqu’en 1624.
    Sur le plan extérieur, la France va s’appuyer sur les princes protestants d’Allemagne pour lutter contre les Habsbourg qui veulent asseoir leur hégémonie en utilisant la religion catholique. La France va s’opposer à cette coalition et au début du XVIIe, un épisode guerrier, la guerre de trente ans, oppose la France à la maison d’Autriche. La France va s’unir aux protestants pour lutter contre l’hégémonie de l’Autriche. Finalement, Louis XIII et Richelieu vont déclarer la guerre à l’Espagne. Cette guerre va être remportée par la France et la politique de Richelieu est couronnée de succès.
    Mazarin va retirer les fruits de son prédécesseur et l’Allemagne est annexée à la France.

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